Qui vous confiera le bien véritable ?

Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose
est digne de confiance aussi dans une grande.
Celui qui est malhonnête dans la moindre chose
est malhonnête aussi dans une grande.
    Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête,
qui vous confiera le bien véritable ?

Lectures du 18 septembre 2016

 

1ère lecture : Contre ceux qui « achètent le faible pour un peu d’argent » (Am 8, 4-7)
Psaume : Ps 112 (113), 1-2, 5-6, 7-8
2ème lecture : « J’encourage à faire des prières pour tous les hommes à Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés »(1 Tm 2, 1-8)
Evangile : « Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent » (Lc 16, 1-13)

MOT D’ACCUEIL

Bienvenue à tous, aux fidèles de la communauté comme aux amis de passage…
Lire et méditer ensemble les écritures chaque semaine signifie toujours se laisser interpeller,
risquer une remise en question de nos choix…et ce dimanche tout particulièrement.
What makes you tick ? disent les anglophones, qu’est-ce qui te tient debout,
te fait courir et motive ton agir quotidien ?
Une course effrénée au profit qui se fait forcément aux dépends d’autrui ?
Une gestion rigoureuse et irréprochable de mes affaires ?
Même mon sérieux et ma rigueur auront un arrière goût amer
si j’agis dans une optique purement comptable ;
si je ne suis comptable que de chiffres, au final, le compte n’y est pas !
C’est en substance ce que nous disent les textes d’aujourd’hui.
Gérer, ce mot revient fréquemment dans nos bouches ces temps-ci.
« Pas de soucis, je gère »…Besoin de personne en Harley Davidson…
Mais survient un conflit professionnel majeur, une sortie de route,
je redécouvre alors la valeur du lien social,
je réactive mes réseaux…et je m’interroge : qu’est-ce qui compte vraiment dans ta vie,
c’est quoi ton essentiel, et l’essentiel ne t’a-t-il pas été donné gratuitement ?
C’est pour que nos questionnements soient féconds
que nous entrons dans la célébration au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Alain Clement

Commentaire.

L’évangile d’il y a 15 jours nous disait :
« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère,
sa femme, ses enfants,…il ne peut être mon disciple ».

Et aujourd’hui nous recevons encore une douche froide :
« Vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l’argent ».

Nous n’avons décidément pas une religion pour les tièdes,
une religion de compromis. Notre Dieu est exigeant.

L’injonction nous interpelle, nous qui prétendons être ses disciples :

-où en suis­-je avec l’argent ?
-quel est mon objectif quand je cherche à gagner plus,
à dépenser moins, à économiser, à augmenter mon compte en banque ?
Mon argent est­-il une fin ou un moyen ?
-est ce qu’il me rend plus libre, ou est ce qu’il m’asservit,
est ce que je suis toujours en train de courir après lui ?
-dans ma vie quotidienne comme dans mes choix fondamentaux,
n’aurais je pas à la fois deux maîtres ?

Or, l’injonction est claire :
vous ne pouvez servir à la fois Dieu et l’argent.

« Seigneur, que veux­-tu que je fasse ? ».

Jean De Savigny

Prière prononcée à la table eucharistique :

Toi le Christ,
tu nous invites à choisir entre Dieu et l’argent,
non pas l’accumulation des biens de ce monde
mais la communion au monde intérieur.
Tu nous conduis vers la plus haute forme de l’amour : servir.
Ainsi, nous te confions les serviteurs de l’Equipe Pastorale ;
et nous te confions ceux qui, dans la lumière ou dans l’ombre,
sont serviteurs de notre communauté et des cœurs rencontrés.

Pierre Castaner

Préface en forme de paraphrase  du discours de 2013 du Pape François
aux ambassadeurs, aux catéchistes et aux chrétiens de Bolivie.

Oui, Dieu notre Père, nous te rendons grâce
Car  aujourd’hui tu nous permets de regarder de plus près l’une
De nos plus belles idoles contemporaines :
L’argent

Si nous vivons dans la vigilance de ton Esprit,
Tu nous donnes d’observer que le « fétichisme de l’argent » (sic le pape François)
A atteint aujourd’hui des sommets jamais égalés.

Tu voudrais que nous soyons plus attentifs à ce qui se passe autour de nous
Aux soifs et aux faims véritables de nos contemporains
Mais « l’adoration de l’antique veau d’or » (sic)
Non seulement n’a fait ces dernières années
que renforcer la précarité et la frustration des plus pauvres
Mais aussi « l’évasion fiscale égoïste » (sic),
Qui n’est jamais bonne pour personne.

Alors qu’avec ce que nous avons et que nous sommes
Et surtout avec le secours de ta grâce
Nous pourrions être heureux
Et aboutir à ces « changements courageux » (sic)
Qui nous font défaut
Notamment des réformes financières un peu plus morales
Pour que « l’argent puisse servir et non pas gouverner » (sic)

Oui Père,
Tu démultiplies les efforts
De ceux qui se battent pour que chacun puisse vivre dignement
En d’autres termes, pour que l’économie soit au service de l’homme
Pour que chacun trouve ce dont il a  besoin
Pour avoir une place et un avenir dans ce monde

C’est pourquoi  nous te rendons grâce
Car ton Fils nous a donné de nous ouvrir les yeux
En chassant durement les vendeurs du Temple
Et en instaurant une  priorité effective au pauvre, à la veuve ou à l’orphelin

Cette construction du Royaume  nous voulons le pratiquer
Par des paroles de vie et d’amour
Mais aussi des réformes profondes
De nos économies pour stopper
Ces nouvelles « tyrannies invisibles »  de « l’endettement et du crédit » (sic)
De la « spéculation », qui nous installent dans « la peur et la désespérance »
Cette « économie qui tue » (sic)

C’est pourquoi avec tous ceux qui veulent rompre avec
« l’absolue dichotomie entre la sphère économique et sociale »
Avec ceux qui ont déjà pris leur bâton de pèlerin
Pour annoncer des temps nouveaux
Dans ce domaine
Nous te chantons et te proclamons.

Jean-François Petit

 

MOT D’ENVOI

Ce même esprit qui nous a rassemblés pour célébrer maintenant nous envoie
« pour exposer ce temps à la grâce »
comme nous venons de chanter.
Cet esprit qui veut transformer
les gestionnaires laborieux que nous sommes trop souvent
en serviteurs joyeux du Royaume,
en « dispensateurs des grâces du Seigneur »
comme dit l’apôtre Pierre dans sa première épître.

Alain Clement

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