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« Quitte ta robe de tristesse »

Cette voix (celle de Jean le baptiste) nous prévient : c’est tout le paysage qui va être bouleversé et ça concerne tout être vivant. Elles ne manquent pas les structures tordues de la société, les montagnes d’hésitation avant d’aller voter aujourd’hui pour faire vivre la démocratie pas seulement dans la rue. Ils ne manquent pas les états d’urgence tortueux, les déserts d’une planète où « nous n’avons pas de plan B parce qu’il n’y a pas de planète B » comme on le lit en ce moment dans le métro.

6 décembre 2015
2ème Dimanche de l’Avent
Année C

Lectures
1ère lecture : « Dieu va déployer ta splendeur » (Ba 5, 1-9)
2ème lecture : « Dans la droiture, marchez sans trébucher vers le jour du Christ » (Ph 1, 4-6.8-11)
Evangile : « Tout être vivant verra le salut de Dieu » (Lc 3, 1-6)
..

« Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère,
et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours…
……………………..
Car Dieu a décidé
que les hautes montagnes et les collines éternelles
seraient abaissées,
et que les vallées seraient comblées :
ainsi la terre sera aplanie,
afin qu’Israël chemine en sécurité
dans la gloire de Dieu.

(Ba 5/1,7)

Accueil
Bon jour à vous tous !
Jour de ressourcement pour chacun de nous, et jour où chacun est appelé  à voter pour choisir ce qui lui paraît le mieux pour sa région…
Et bien pour chacun de nous, bonne journée de vie et bonne plongée dans ce bain de jouvence que nous propose aujourd’hui notre communauté  église. C’est une parole qui nous vient d’un prophète lointain Baruc, c’est un parole qui nous vient de notre préparation de messe de mardi dernier:
Jérusalem ! Jérusalem ! Toi qui tues  les prophètes…
communauté de ST-MERRY qui si souvent se déchire pour mieux aimer, pour mieux dire sa foi,
Jérusalem ! Communauté de ST-MERRY ! Quitte ta robe de tristesse et de misère et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours !
Voilà le message du prophète  Baruc, la parole que la communauté  des croyants en Dieu nous propose aujourd’hui. Oui ! Quitte ta robe de tristesse et de misère !

Jean-Luc Lecat

Commentaire de la lecture de Baruc

Quitte ta robe de tristesse !
Beaucoup d’entre nous et de nombreuses personnes à travers le monde aimeraient quitter : peines, révoltes et découragements,
aimeraient fuir  violences et aberrations !
Dimanche dernier, en communauté, vous avez pris le temps de dire et de célébrer  » ce qui est en train de naître. »
dans ce temps qui nous mène à Noël nous continuerons !
Quitte ta robe de tristesse !
cette invitation du prophète, peut paraître pour certains vraiment délirante et  » fleur bleue ! »
comme une façon de fuir et d »échapper à la vie de notre monde maintenant!
Revenons au prophète Baruc qui tient des propos qui ont un goût de connus
et du déjà entendus, très proches des propos du prophète Isaïe, et du prophète Jérémie.
Il semble qu’un certain Baruc fut le secrétaire du prophète Jérémie, Jérémie le prophète de l’Espérance :
au milieu des humiliations, des violences ,des déportations, le prophète  lui sait que Dieu se souvient !
Il semble aussi que le livre de Baruc soit beaucoup plus tardif, et que ce soit l’oeuvre d’une personne qui se veut dans la filiation spirituelle de Jérémie: le prophète de l’Espérance!
Cette personne proclame ce qui compte pour elle, ce qui est important, ce qui la fait vivre:
et nous aujourd’hui qu’est-ce qui nous permet d’être debout ?
d »espérer et d’oeuvrer pour la venue d’un monde nouveau au milieu du monde déchiré et du chaos ambiant !
Nos filiations spirituelles sont diverses et multiples, bénédictine, franciscaine, jésuite ……..
et ici dans notre communauté nos filiations nous portent et nous donnent des ailes !
Le prophète Baruc nous dit:
– La fidélité de notre Dieu : Notre Dieu se souvient, son alliance est de tout temps!
Baruc nous dit aussi :
– qu’un jour , notre monde sera un monde de partage et de communion
un monde de frères . notre planète pour tous !
–  que notre Dieu fait route avec nous au quotidien !
et que justice et miséricorde, un jour seront dans le coeur de tous!
Alors quittons nos révoltes, nos peurs et nos peines pour accueillir cette vie qui nous est confiée et qui nous invite au bonheur!

Gérard Wybo

Commentaire de l’évangile

Il y a du beau monde au jour où Jean entre en action : tous les puissants du moment : on dirait les 152 chefs d’Etat d’une Cop 21 rassemblés pour la photo.
Et puis soudain, zoom avant sur un homme quelconque, un illustre inconnu, perdu dans un vague désert sans nom. A croire que ce Jean est aussi important que César, et que ce qui se passe dans ce coin de Judée est aussi important que ce qui se passe à Rome.
Au désert, là où il n’y a plus de faux semblants, plus de recoins où se cacher, plus de paroles vaines, Jean se fait le porte-voix du prophète Isaïe.
Une  voix, c’est un grain, un ton, un accent : c’est pour la chair et les oreilles, c’est pour le coeur avant d’être pour la tête.Le timbre de la voix de Jean vient à nous ce matin. Etonnons-nous et réjouissons-nous de l’entendre : il aurait pu se perdre dans les siècles.
La voix des prophètes nous poussent à percer pour le Seigneur un passage dans le désert, à combler, rabaisser, redresser, aplanir, à chercher un fleuve dans les sables, à nous plonger dans l’eau fraîche d’un changement du coeur.
Cette voix nous prévient : c’est tout le paysage qui va être bouleversé et ça concerne tout être vivant.
Elles ne manquent pas les structures tordues de la société, les montagnes d’hésitation avant d’aller voter aujourd’hui pour faire vivre la démocratie pas seulement dans la rue. Ils ne manquent pas les états d’urgence tortueux, les déserts d’une planète où « nous n’avons pas de plan B parce qu’il n’y a pas de planète B » comme on le lit en ce moment dans le métro.
En nous, il y a des collines, voire des montagnes de tristesse.  Et, entre nous, quelques ravins de préjugés et de jugements, des chemins plus ou moins rocailleux, tout ce qui nous empêche de voir le Dieu qui sauve, la délivrance à l’oeuvre.
Oui, réjouissons-nous d’entendre cette voix qui traverse les siècles : « Tout être vivant verra le salut de Dieu ».
Encore faut-il ouvrir l’oeil pour voir l’Eternel s’engager dans le déroulement du temps, dans ce qui passe inaperçu, dans ce qui germe en silence. Encore faut-il tendre l’oreille aux paroles humaines qui donnent voix et visage à notre Dieu. Nous les entendons autour de nous dans les jours inquiétants que nous traversons, nous les lisons sur les réseaux sociaux. Il me semble qu’elles ont raisonné dans les mots de paix de Brel et Barbara au coeur de ce lieu de guerre  qu’est la Cour des invalides
Tendons l’oreille : Toujours et encore, la Parole prend chair : elle ne cesse de venir comme Quelqu’un que nous pouvons entendre et voir, toucher et aimer.

Claude Plettner

 

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