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Est-ce qu’on sait ce qu’on sème ?

L’atelier « Familles » de Saint-Merry réfléchit sur la manière dont nous recevons et proposons la foi ou nos valeurs… Que d’imprévus et de surprises pour ceux qui sèment de nos jours : avoir des récoltes abondantes, était-ce donc plus facile autrefois ?

Autrefois, (je caricature bien sûr !) les échecs semblaient plus rares : quitte à obtenir de quasi-clones, on n’hésitait pas à utiliser des méthodes intensives pour « transmettre » la foi à tous et qu’il y ait plus de fidèles.

Cet objectif, Paul VI a osé le contester : « Les hommes seront sauvés aussi par d’autres chemins, grâce à la miséricorde de Dieu, même si nous ne leur annonçons pas l’Évangile. » (Evangelium Nuntiandi, 1975, § 80). Certes, nous avons à semer la Bonne Nouvelle, mais ajoute André Fossion, «  les chrétiens n’annoncent pas le salut pour que le monde soit sauvé, mais parce qu’il est sauvé et pour sa joie. » (Christus, N° 252, oct. 2016, « Pour une pastorale de la moisson », également en ligne). Nous échappons ainsi à l’angoisse de l’échec si l’autre ne (nous) croit pas, et nous pouvons toujours faire découvrir à chacun la soif spirituelle, faire grandir le monde en humanité ou partager des questionnements…

Pour nous, en effet, impossible de savoir si le grain se met à pousser secrètement, ni si la tige verte portera du fruit en notre absence, ni si le grain centuplé fera farine goûteuse ou nouvel épi ( non Monsanto ! ) un jour …

Cependant, nous nous essayons à semer ce que nous avons, heureux de partager ce qui nous semble bon, et en semant, vaille que vaille, nous gagnons notre pain, dans le jardin partagé et bio d’un Maître qui considère avec amour tous les hommes de bonne volonté.

Marguerite Champeaux-Rousselot

Billet du dimanche 15 octobre 2017

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