Raconter le CIF, le Centre d’Intelligence de la Foi

Il et elles s’appellent Claire, Anne, Joaquim, Marie-Claude, Sylvie. Ils ont entre 60 et  80 ans et  au moins trois points communs : ils appartiennent tous à la communauté de Saint-Merry.  Ils ont tous suivi le parcours du CIF. Et ils en sont heureux ! Michèle Dauger a demandé à chacun, de bien vouloir lui raconter cette expérience qui continue à les enchanter, pourquoi ce parcours et comment ils l’ont vécu.

Ils nous disent :

Claire F.
Sa participation se situe dans les années 93 – 94. Elle cherchait alors à approfondir sa foi. Beaucoup de « réclame » à St-Merry. Elle voulait comprendre ce qu’était l’intelligence de la foi. Elle a donc suivi les deux années de cours, avec des professeurs tels que Xavier de Chalendar créateur du CIF en 1971, Joseph Pierron expansif et naturel, Jean-Marie Martin,  Jesus Asurmendi. Cours passionnants, non pas classiques mais « dans le vent » précise-t-elle. Les groupes d’échanges se sont souvent tenus chez elle. Elle nous donne à voir avec émotion des photos d’un voyage du groupe en Terre sainte.

 Anne P.
Achève la 2èmeannée du parcours ; il y a deux ans, en 2016, elle terminait quelques 40 ans de vie professionnelle (elle était juge pour enfants) et redoutait le vide à venir. Dans le même temps, en mai 2016, elle a participé en Iran à un voyage organisé par Jesus Asurmendi (aujourd’hui directeur du CiF). La moitié des voyageurs participait aux cours du CIF et en faisait l’éloge ; elle avait besoin de faire le point sur ce qu’elle pensait être sa foi et bien d’autres sujets jamais abordés jusque-là. Elle s’est donc renseignée sur ce parcours de deux ans, attirée par le groupe de partage mensuel fait de l’échange à partir de textes bibliques, base de travail indispensable. Un groupe qui fonctionne depuis deux ans avec 8 participants – au début chacun s’est présenté pour dire ce qu’il était, la personne accompagnante aussi.

Le CIF respecte la diversité des parcours, écoute et respecte chacun. Au début il y avait des peurs, une représentation craintive de l’autre. Aujourd’hui c’est un plaisir de se retrouver et ce grâce au succès de l’organisation générale.  « Il y a une grande bienveillance et de l’amitié entre les 46 personnes que nous sommes dans le cours.  Ceux qui se présentent comme étant du niveau ‘ Bac moins six ‘ sont bien accueillis et trouvent leur place.».
« Ce qui m’a le plus intéressée, la 1ère année c’est le plan général, l’approche biblique, christologique. Passionnant ! La 2èmeannée avec l’ecclésiologie est plus austère. « Tout le volet « sacrements », transmis par le sympathique et bienveillant moine cistercien aux Iles de Lérins, le frère Isaïa GAZZOLA, m’a appris beaucoup de l’histoire de l’Eglise ; la reprise des origines avec les Pères de l’Eglise et ce qui se fait maintenant, cela répond à beaucoup de notions sous estimées. Je constate par exemple que le sacrement de pénitence a été tardif. Cela m’a fait remettre les sacrements en perspective. Et permis de savoir où j’en suis. Là c’était un ensemble. Le mot « intelligence » est bien le bon.  On me rend intelligent sur ces sujets et je trouve les mots pour le dire. »

Avant le début du travail, les groupes ont eu une journée d’histoire biblique. Cette année ce fut l’apprentissage de Saint Paul et, en milieu d’année, une rencontre avec un protestant de la confédération protestante de France. « J’ai bien compris l’importance du protestantisme au moment de Vatican II. » « Je n’ai jamais eu envie d’abandonner, même s’il y eut des moments où j’étais moins intéressée, notamment pendant tout ce qui était ecclésiologie. Pourquoi est-ce que ça marche ? Parce qu’on en a envie, parce qu’on peut poser  toutes les questions que nous voulons, parce que l’accueil est sympathique loin de tout jugement, même si 2h de cours hebdomadaires nous paraissent parfois trop longues »
Place Saint Thomas d’Aquin où se tiennent les cours chaque semaine, peu de jeunes hélas »

 Joaquim P. a suivi la formation en 2016-2017
Ce qui l’a frappé dès le début, c’est cette insistance sur l’intelligence de la foi ; c’est ce qui l’a poussé à rencontrer les responsables du CIF qui l’ont accueilli de façon ouverte et à l’écoute. Il ne savait que confusément ce qu’il cherchait, il avait tant de questions. Le parcours était compatible avec sa vie quotidienne de retraité, sa famille, ses voyages. Sa demande fut acceptée : « C’est possible, viens. Commence et après tu verras ». Prudent il a préféré ne s’engager que pour un trimestre. Ce qu’il cherchait, c’était entendre une parole neuve sur les éléments de notre foi et ne pas répéter des discours convenus sur des choses figées c’était un langage adapté à notre temps, une réflexion sur tous les thèmes. « Comment parler de l’Eglise, de Jésus ou des sacrements ou de la morale dans un langage figé ? . Je cherchais une réflexion sur nombre de thèmes. » Et ce fut réussi !  « J’étais rentré pour un trimestre. J’y suis resté deux ans.

Intelligence de la foi  « Notion juste et fondamentale. Avec une présentation de la personne de Jésus, au centre de tout.  »
« Ce que le CIF m’apporté : l’intelligence   pour vivre la foi, un sentiment d’apaisement avec l’espérance de travailler avec le petit groupe. Ma première rencontre avec le CIF fut à l’entretien préliminaire. On m’a parlé aussi des groupes, moyens de partager avec d’autres les enseignements reçus dans les cours, groupes de à 8 avec un animateur. La 1èreannée je n’ai pas participé au groupe ; j’ai demandé à l’Intégrer à la fin d la 1èreannée. Et ce travail en groupe nous a tellement intéressés qu’on a décidé de continuer à nous réunir ; l’un d’entre nous reçoit les autres. Le groupe se réunit une fois par mois. On met en commun les interpellations des textes. Les participants viennent de tous les horizons, très différents et de tous âges. Le brassage d’étudiants aide beaucoup. A la fin de la 2è année on a continué à se réunir chez l’un ou l’autre et nous avons commencé à étudier les textes mal assimilés. C’est un partage de vie et de réflexion à chaque réunion dans la distinction et le respect de chacun. La prière est là au début et à la fin de la rencontre. Et on se connaît de mieux en mieux.

Qu’as-tu retenu de cet enseignement ?
J’avais abandonné l’étude systématique des textes. J’ai trouvé ça aussi au CIF. Je suis montré comme un  étudiant tout jeune – 79 ans – et j’avais commencé à mettre en place des doutes et des apprentissages qui correspondent à mes doutes. Il y a eu un trimestre où je n’arrivais pas à entrer, à adhérer. Même si je n’accrochais pas, j’ai pris des notes. L’intérêt de ce cours je l’ai découvert 2 ans après seulement. »
Le CIF est un parcours exigeant ; plus vous donnez de votre temps, plus vous vous ouvrez à ce qui est dit, plus vous recevez.. Il faut aussi un esprit critique ; parcours très libre. Chacun avance à son rythme car les expressions sont différentes. Il faut lire, accompagner, poser des questions. J’ai senti cette exigence et ça m’a aidé. J’allais crescendo.
J’ai trouvé des réponses. Aujourd’hui c’est dans le cadre de la communauté de St Merry à laquelle j’appartiens avec d’autres personnes en recherche. La fondation du CIF c’était il y a 47 ans (1971) pour répondre aux choses nouvelles issues du concile, avec des personnes qui avaient une vie professionnelle. A cette époque, il n’y avait pas autant de possibilités de formation qu’aujourd’hui, à la Catho et pour des laïcs. »

Marie-Claude  D. « Raconter » le Cif

Jésus (détail du bas relief du doute de Thomas), cloître de Santo Domingo de Silos (Espagne)

Devant Thomas et Philippe incrédules, Jésus répond : « C’est moi la voie, la vérité, la vie, la voix…  Qui me voit a vu le Père… » (Jean ch. 14 v. 6 et 9). C’est une histoire curieuse que ce Dieu qui vient vers l’homme, nous parle le premier, me connaît. Histoire curieuse aussi que nous tentions de rencontrer notre Dieu, trinitaire qui plus est !
« Raconter » le Centre pour l’intelligence de la foi (le Cif a été créé par Xavier de Chalendar) et vous inciter à en profiter ? Oui, cela a été un réel plaisir de me rendre à ce rendez-vous hebdomadaire pendant deux ans. Car, enfant de Vatican II, j’ai des trous, des préjugés et suis capable de fausses interprétations. Il nous reste des textes et des témoignages. C’est vital de les comprendre dans le contexte où ils sont nés, de cheminer à travers le temps et l’espace, de les saisir pour aujourd’hui.

Nous avons eu six professeurs, prêtre, moine ou… femmes ! Chacun spécialiste dans son domaine. Les cours sont denses mais clairs, avec remise d’un plan, de textes à l’appui, d’attentions à nos questionnements. Et en prime, un travail en petit groupe chaque mois, occasion de partager avec d’autres que le sérail habituel, de découvrir des approches assez éloignées, des souffrances ou des joies intimes…
Dans notre société sécularisée, l’Eglise a fait au mieux mais avec quelques rigidités historiques cependant, et j’en fais partie, il est bon, et juste, de reprendre pied avec cette transcendance qui nous anime, nous guide et nous nourrit. Je suis envoyée dans le monde tel qu’il est, j’ai des enfants parfois stressés, des petits enfants qui me posent des questions à la volée… Que répondre ? La balle est dans mon camp. A moi de parcourir ce chemin lumineux dans lequel les personnes du CIF m’ont accompagnées accompagnée.
Un grand merci de Marie-Claude Dumoulin !

Les groupes post-CIF
Sylvie B nous raconte ce qu’ils sont. « Redoubler le CIF autrement !. »
Après les deux années du parcours CIF que nous avons suivi avec gourmandise, notre appétit n’était pas rassasié et nous avons cherché comment poursuivre… Le travail effectué dans les petits groupes mensuels du CIF reliant notre vie de foi avec les connaissances théologiques que nous recevions en cours avait créé des liens forts et permis des partages profonds.

A l’image de ces groupes nous avons imaginé continuer un cheminement spirituel et approfondir les cours qui étaient très denses et méritaient qu’on y revienne. Pour nous soutenir, l’animatrice de notre groupe CIF des deux dernières années dont les connaissances théologiques nous rassurent et parfois nous recadrent… Nous sommes 6, à tour de rôles allons les uns chez les autres et partageons une soupe/fromage/dessert avant d’échanger pendant deux heures environ. Nous appelons ce groupe « Post CIF » soucieux de rester dans cette dynamique d’intelligence de la foi et de liberté de pensée qui nous ont tant séduits et enrichis.

 

CENTRE POUR L’INTELLIGENCE DE LA FOI

 OBJECTIF : Créer le lien entre engagement personnel, vie spirituelle et intelligence de la foi.
Formation en deux ans : se poser des questions et mieux comprendre la recherche de Dieu et le sens de l’existence.
Le parcours articule deux démarches attentives au questionnement de chacun : des cours et les groupes d’échange. Des sessions « Bible » introduisent chaque année de formation.
La  1èreannée : « Dieu à la rencontre de l’Homme »
Session de rentrée sur la Bible : samedi 6 octobre de 9h30 à 16h30  – Cours le lundi : 14h – 16h ou 20h – 22h.
La 2è année : « L’homme à la rencontre de Dieu
Session de rentrée sur Saint-Paul et les premières communautés : samedi 29 septembre 2018 de 9h30 à 16h30.
www.lecif.fr

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