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Ré-inventer Saint-Merry

La société change ; elle change de plus en plus vite. L’expérience de Saint Merry ne serait-elle pas à relancer ?

La société change et est à la recherche de nouveaux repères ; l’individu, d’une nouvelle identité. Certains cherchent à se construire contre l’autre, c’est le communautarisme. Le repli. La mort. L’esprit même du christianisme est à l’opposé : c’est se construire avec l’autre. Aimer son prochain comme soi-même. Aimer l’autre, l’étranger, car c’est cette alliance qui sauve l’être, qui lui permet de devenir homme, vraiment homme. De vivre ainsi Dieu, celui du Christ. C’est dans la rencontre avec l’autre, dans l’altérité, que se vit la rencontre avec Dieu. C’est elle qui libère de ce que nous ne sommes pas, pour devenir ce que nous sommes en vérité, dans la liberté. Que la répétition mortelle cesse et que quelque chose de nouveau, de radicalement nouveau, peut se produire dans notre existence.

Dès son commencement, Saint Merry (le CPHB) s’est tourné vers l’autre : les restos du cœur, le soutien à l’Amérique latine, David et Jonathan, RCI … L’important n’était pas d’abord de partager le pain et le vin, mais de tendre la main à l’autre et trouver un vivre ensemble. Alors, le partage du pain et du vin devenait essentiel pour recevoir du Christ ce qui venait de se donner, la vie : « faites ceci (se donner) en mémoire de moi ». Ce qui était « saint », ce n’était pas le lieu, si beau soit-il, ou le « culte », c’était la rencontre de l’homme dans l’étranger. Perdre une part de soi-même pour accueillir une part de l’autre. Une part de soi-même ? Et trouver son identité dans le don gratuit, dans ce rapport à l’autre radicalement nouveau, dans ce qui devient à chaque fois une création. Somme toute, devenir un artiste !

La société change : elle appelle à de nouvelles formes de solidarité et de rencontres. Les codes ont changés : il s’agit de trouver dans de nouvelles actions comme la Nuit sacrée, un nouveau langage pour dire Dieu aux nouvelles générations. Et le célébrer avec elles, au cœur même de la modernité. Un retour à l’expérimentation avec ces nouvelles générations, dans de nouvelles formes d’alliances, au cœur même de la ville, s’impose. L’action entraîne la pensée. La pratique est source de théologie. Chaque Noël célèbrerait alors une nouvelle naissance de la communauté.

Daniel Duigou

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