La reconstruction de Gaza toujours au point mort

Deux ans se sont écoulés depuis l’agression israélienne contre la bande de Gaza en juillet-août 2014 – la troisième en cinq ans – avec des pertes humaines considérables (plus de 2 200 morts dont 600 enfants, 11 000 blessés, civils et enfants en majorité), sans oublier la destruction massive de l'infrastructure civile de ce petit territoire sous blocus depuis dix ans, avec notamment plus de 12 000 logements totalement détruits et 150 000 endommagés. Cette nouvelle attaque avait pour objectif de briser la volonté d’une population résistante et courageuse qui a résolu de défier le blocus, mais qui a surtout décidé de rester attachée à sa terre, en dépit de toutes les difficultés.

Extraits du message de Ziad Medoukh, directeur du département de français de l’université al-Aqsa de Gaza et du Centre de la paix de Gaza.

Deux ans se sont écoulés depuis l’agression israélienne contre la bande de Gaza en juillet-août 2014 – la troisième en cinq ans – avec des pertes humaines considérables (plus de 2 200 morts dont 600 enfants, 11 000 blessés, civils et enfants en majorité), sans oublier la destruction massive de l’infrastructure stadegaza3civile de ce petit territoire sous blocus depuis dix ans, avec notamment plus de 12 000 logements totalement détruits et 150 000 endommagés.
Cette nouvelle attaque avait pour objectif de briser la volonté d’une population résistante et courageuse qui a résolu de défier le blocus, mais qui a surtout décidé de rester attachée à sa terre, en dépit de toutes les difficultés.
Deux ans après, le blocus et les mesures israéliennes entravent la reconstruction dans une région de plus en plus abandonnée par la communauté internationale officielle. La reconstruction est à l’arrêt complet depuis qu’Israël a suspendu les importations de ciment et provoqué une telle pénurie que la plupart des travaux menés par l’UNRWA, l’agence de l’ONU en charge des réfugiés palestiniens, ont cessé.
Deux ans après, les pays donateurs n’ont pas tenu leurs promesses. Seule 25% de l’aide décidée lors de la conférence internationale pour la reconstruction de Gaza (octobre 2014) est arrivée.
Des milliers de familles attendent toujours d’être relogées. Partout, ce ne sont que ruines de maisons, d’immeubles, de mosquées, d’écoles, de stades, d’usines. Selon un haut responsable de l’ONU, au rythme actuel, il faudrait 30 ans pour reconstruire ce qui a été endommagé.
Deux ans après, rien ne semble différent pour les Palestiniens de Gaza, toujours à la recherche d’une solution politique et pas seulement humanitaire. Les passages avec l’extérieur sont souvent fermés. Les autorités israéliennes ouvrent le seul La bande de Gazapassage commercial reliant la bande de Gaza à l’extérieur deux ou trois fois par semaine pour permettre l’entrée de 300 camions et de quelques convois humanitaires. Parmi ces camions, 5 à 6 seulement contiennent des matériaux de construction. Les Israéliens ferment ce passage sous n’importe quel prétexte, sans prendre en considération les énormes besoins de la population civile.
Les coupures d’électricité atteignent, dans certains endroits, jusqu’à 18 heures par jour. Les conséquences sont dramatiques pour les hôpitaux, les centres médicaux, les institutions éducatives, les usines. Les organisations internationales tirent régulièrement la sonnette d’alarme au sujet de l’économie de Gaza, au bord du gouffre, avec un taux de chômage parmi les plus élevés au monde (47 %), une pauvreté endémique et des exportations quasi nulles.
pix3-copie-6L’aspect le plus grave de la situation est l’absence de perspectives pour ces gens qui ne voient aucun changement. Un sentiment qui influencera l’avenir de cette génération, surtout des jeunes.
Les Palestiniens de Gaza n’ont pas d’autre choix que d’attendre. Ils attendent une ouverture, la levée de ce blocus inhumain imposé depuis plus de dix ans, une réelle réaction internationale qui mette fin à l’impunité de l’occupant. Ils attendent avec un courage à toute épreuve, une sérénité exemplaire et une volonté remarquable. A Gaza la vie continue, ses habitants confiants et déterminés s’adaptent et montrent une patience extraordinaire, ils tiennent bon, résistent, restent à côté de leurs maisons détruites, mais surtout, ils continuent d’espérer un changement radical, une solution politique. Ils espèrent en un lendemain meilleur, un lendemain de liberté, de paix, mais avant tout et surtout, un lendemain de justice.

Ziad Medoukh – août 2016

Il est une règle que le non respect des engagements internationaux, au-delà de l’indécence de la posture, finit toujours par avoir des conséquences dramatiques, non seulement pour les bénéficiaires trompés, mais aussi pour les faiseurs de promesses défaillants. Ne paie-t-on pas aujourd’hui les funestes accords Sykes-Picot (dont on commémore cette année le centenaire) qui redessinèrent la carte du Moyen-Orient au seul profit des Occidentaux et au mépris des promesses d’indépendance faites aux Arabes ?

Laurent Baudoin

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