Redonner le goût du politique

Éclaboussée par les « affaires », secouée par les rivalités, souvent impuissante à régler les problèmes fondamentaux, la politique a perdu de sa superbe d’antan. Comment croire encore en elle ? L’analyse de Jean-François Petit

Éclaboussée par les « affaires », secouée par les rivalités, souvent impuissante à régler les problèmes fondamentaux, la politique a perdu de sa superbe d’antan. Et pourtant les chrétiens continuent de s’y intéresser, plus fortement qu’on le dit généralement. Au séminaire de Lille comme au Centre théologique d’Auvergne à Clermont-Ferrand, plus d’une centaine de personnes ont à chaque fois fait le déplacement pour la présentation de mon ouvrage « Comment croire encore en la politique ? ». Les attentes contemporaines concernant la politique sont variées aux dires des participants : s’intéresser vraiment à la vie des gens, favoriser des formes de participation concrètes, organiser les militants de façon moins hiérarchisée, favoriser les échanges, cultiver le sens des solidarités au loin, valoriser une plus grande flexibilité dans les programmes et les agendas politiques…

En fait, ce que l’on constate plutôt, c’est la disjonction entre le « spectacle » de la politique à un haut niveau et les engagements réalistes et gratifiants de nombre d’acteurs de l’engagement citoyen. Insérés dans une logique de communication, les « professionnels de la politique » ont du mal à rester adossés à des convictions humaines et spirituelles profondes et à être l’écoute de la société.

Mais à un niveau plus modeste, les élus continuent d’essayer d’œuvrer pour une société plus apaisée, attentive aux plus vulnérables, souvent dans la débrouillardise. Les croyants dans la cité sont encore nombreux à « retrousser les manches ». Ils ne font pas la « une » des médias. Les documents des évêques ne manquent pas de rappeler à intervalles réguliers de solides points de discernement sur l’éducation, l’accueil de l’étranger, la vie en société, la famille, etc… Ils sont généralement bons, comme « Réhabiliter la politique » (1999). Mais qui les lit ? Plus que jamais, comme dans ces deux soirées, nous avons besoin d’espace d’échanges et de dialogues pacifiés. L’Église n’est pas si mal placée que cela pour en proposer aujourd’hui.

 

Jean-François Petit

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