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Relevez vous et soyez sans crainte

Dimanche 8 mars 2020

PREMIÈRE LECTURE  (Gn 12, 1-4a)
Vocation d’Abraham, père du peuple de Dieu
PSAUME  (Ps 32 (33), 4-5, 18-19, 20.22)
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous,
comme notre espoir est en toi !
DEUXIÈME LECTURE  (2 Tm 1, 8b-10)
Dieu nous appelle et nous éclaire
ÉVANGILE  (Mt 17, 1-9)
« Son visage devint brillant comme le soleil »

        La transfiguration – Commentaire

Quitte ton pays, tes attaches et tes repères familiers…à cause de son projet à lui, et de sa grâce. Les textes de ce jour sont traversés par l’appel de Dieu à l’émancipation et au témoignage, appel adressé d’abord à Abraham puis aux disciples de Jésus..
Épisode bien singulier que celui de la transfiguration de Jésus relaté par Matthieu, mais aussi par les évangélistes Luc et Marc de manière assez précise et concordante. Moment d’une révélation fulgurante qui nous rappelle l’épisode du baptême :
« celui-ci est mon fils bien-aimé en qui je trouve ma joie ».
Lorsque nous nous sommes penchés sur ce texte dimanche dernier, l’idée s’est imposée que cette vision glorieuse et fugace de Jésus transfiguré ne pouvait être pleinement comprise que par l’évocation de cette longue épreuve d’un Jésus  défiguré, défiguré et humilié, vivant sa passion jusqu’à la croix. Illustration extrême de notre condition si incertaine et contrastée, menacée de tant de périls, lestée par mille pesanteurs et mille fois relevée par l’esprit qui fait vivre, que sa source soit pour nous l’expérience christique ou l’héritage d’une sagesse séculaire. Socrate aurait bien sa place dans cette rencontre au sommet qui prépare Jésus, en même temps que ses disciples, à l’ultime témoignage.
Et moi, et nous dans tout ça ? Cet épisode ne peut que parler très fort à nombre d’entre nous car de fait, cette double expérience de la déréliction, des défaites sans remède apparent, mais aussi celle de l’espérance ténue, têtue et combative, libérée de la peur, espérance nourrie par les dons de la grâce ; oui, cette condition est aussi la nôtre. Nous voilà au milieu du guet. Mais  en ce temps de carême particulièrement, nous refusons  un état d’écartèlement qui nous condamnerait à l’inaction, à un immobilisme douloureux. C’est un temps privilégié pour « tenir les deux bouts », comme on dit, en ne négligeant pas, en n’oubliant pas ces dons de la grâce, ces instants de plénitude et de bonheur qui surgissent parfois hors du temps et de tout raisonnement, comme à l’improviste, à la faveur d’une prière, au hasard d’une rencontre, d’une lecture, d’une méditation ou simplement d’une solitude habitée ; instants lumineux où tout à coup, il m’est donné de respirer large, de me sentir aimé, réconforté, pardonné, relevé.
Ces dons de la grâce ne doivent par nous entraîner à la complaisance, ils convoquent bien plutôt notre capacité d’attention et d’apprentissage ; une foi reconnus, il importe de leur faire de la place, de les cultiver, de leur consacrer du temps…et du silence.

Alain Clément

Extraits de la Prière eucharistique

«Relevez-vous, soyez sans crainte » ! Père éternel, Toi l’inconnu, Toi le tout Autre, cette exhortation de Jésus, ton Fils et notre Seigneur, à ses disciples, et à nous particulièrement aujourd’hui, résonne au plus profond de nos cœurs. Nous qui prenons notre part des souffrances, de ces souffrances liées à la cause de l’Évangile de la vie, nous venons t’offrir notre action de grâce par ton Fils.

Oui Père, nous vivons de nos jours dans un monde difficile. La faim, la soif, la violence deviennent notre lot quotidien. L’indifférence et la crainte de l’autre ajoutent à l’incertitude du lendemain une note de pessimisme plus amère. La mort de Dieu dans nos familles et nos quartiers se manifeste à grande échelle. Les bruits des balles et des bottes dans le monde, les catastrophes naturelles et sanitaires disent l’urgence de l’annonce de l’Évangile. Jésus est cette lumière qui nous permet de nous redresser de nos épreuves. Il nous donne la force d’assumer la part qui est la nôtre dans cette mission. Prendre notre part de souffrance, c’est nous assumer un peu plus dans le combat pour la promotion de la justice et de la liberté ; c’est nous engager au service de la paix et de la vie. Même quand tout semble se refermer sur nous, donne-nous, Père, d’apprendre à tourner la page, à donner et pardonner, pour repartir vers de nouveaux horizons pleins d’inconnu. La liberté est sans doute là, le bonheur aussi. Comme Abraham, nous ne devons pas nous installer dans quelque assurance. Nous n’avons pas, Père, à penser aux rencontres que nous aurions souhaité prolonger. Comme Pierre, nous avons souvent envie de nous installer dans une forme de bien-être, mais voilà que Tu nous enjoins, Père, à nous ouvrir au don de la rencontre et à témoigner. Pour cela, nous devons nous armer, car les épreuves jonchent nos chemins. Et avec le coronavirus, de nouvelles façons se mettent en place et bouleversent nos habitudes, de nouveaux rapports interpersonnels vont s’imposer. Donne-nous, Père, que le confinement imposé pour la protection des uns et des autres ne nous serve de prétexte ni d’excuse pour casser du lien social.

Des membres de notre assemblée sont malades. Sois le médecin de leurs corps. D’autres désespèrent devant les soucis multiples de la vie en famille et en société, dans ce monde indifférent. Conforte-les sur la route de l’espérance et de la vie. Des membres nous ont quittés. Donne-leur l’éternité bienheureuse.

En union avec Marie, avec Saint Joseph, avec les apôtres et les saints et la création entière, nous voulons te glorifier par le Christ notre Seigneur, par qui tu donnes au monde toute grâce et tout bien.

José Egilde MANDIANGU
CatégoriesPrises de parole

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