« Relevez-vous et n’ayez pas peur »

Nous sommes invités à être debout. Chacun a un rôle à jouer avec ses compétences pour prendre la relève de l'économie libérale, fustigée par notre pape François dans l'Evangile de la joie.

Dimanche 16 mars 2014
2ème dimanche de Carême
Année A

« Pars de ton pays, laisse ta famille et la maison de ton père, va dans le pays que je te montrerai. »

Lectures 
Livre de la Genèse Gn 12, 1-4

Seconde lettre de saint Paul Apôtre à Timothée  2 Tm 1, 8-10
Évangile de  selon saint Matthieu Mt 17, 1-9

 

Accueil
Bienvenue amis de la communauté,
Bienvenue amis souvent de passage,
Bienvenue amis qui venez pour la première fois participer à notre célébration
« Relevez-vous et n’ayez pas peur »
Quand nous avons préparé Gérard, notre célébrant, m’a dit  « surtout n’annonce pas le menu : une célébration c’est une aventure »
Faute de vous dire aujourd’hui, je rappellerai hier où nous avons célébré l’Homme Debout.
Vous notez la concordance.
Vous êtes venus nombreux écouter des acteurs de l’économie sociale et solidaire.
Notre ami Luc Boltanski avait pointé : « le capitalisme prospère, la société se dégrade ».
Nous sommes invités à être debout.  Chacun a un rôle à jouer avec ses compétences pour prendre la relève de l’économie libérale, fustigée par notre pape François dans l’Evangile de la joie.
Mettons-nous en prière pour y parvenir.
Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit.

Genèse 12,1-4 / L’appel d’Abraham
Selon certaine traduction, le texte commence ainsi « Va pour toi, loin de ton pays, de ta famille et de la maison de ton père ».
Abraham, confiant, accepte de laisser ce qu’il a construit pour se diriger vers un lieu inconnu. Il s’est rendu disponible pour découvrir, rencontrer.  Une telle ouverture suppose qu’on prenne le risque de vaciller sur nos positions,  de bousculer nos  certitudes, mais surtout en premier lieu, c’est accepter d’aller à la rencontre de soi-même.
En effet, lorsque Dieu dit à Abraham « je ferai de toi une grande nation »,  Il lui témoigne son amour, sa volonté de l’emmener vers son bonheur, sa liberté.
Vivre notre baptême, c’est choisir de nous tourner vers le Seigneur pour reconnaître nos faiblesses et nos richesses.
Ces talents, s’ils ne sont offerts aux autres, sont perdus. Comme un fruit sur un arbre, s’il n’est cueilli, il sera perdu.
En se mettant à l’écoute de la Parole de Dieu dans notre quotidien, nous accueillons la vie pour la donner, pour transmettre la joie de partager ce cadeau.
Quelles sont les valeurs qui m’animent ? Quel est l’héritage reçu par ma famille, mes parents ? Oserai-je quitter mes certitudes, mes masques, mes faux semblants pour être plus authentique ?
Quels sont mes liens aux autres ? Suis-je tournée vers les autres ?
Autant de questions, comme une invitation à l’authenticité vers Dieu et avec Lui, tel un guide.
Nul besoin d’un séisme dans nos vies, juste une tentative d’ouverture aux autres.
Que dire aussi de ceux qui s’installent en France pour fuir un pays en guerre, ou à la faveur d’un regroupement familial, en quête d’une vie meilleure.
Ce déracinement vis-à-vis de leur culture, de leur langue, de leurs repères pour en adopter d’autres avec souvent l’espoir que leur intégration dans un nouveau pays favorisera une vie plus apaisée.
Quelles tensions doivent ressentir ces migrants ? Des oppositions liées à la fois au renoncement d’une partie de ce qui constitue leur « terreau », mais aussi l’espoir d’une vie sans enjeux vitaux de premières nécessités!
Un tel choix à offrir aux autres est ce qu’il y’a de meilleur à proposer, à partager, c’est aussi un enjeu vital pour une humanité plus fraternelle, plus solidaire !
C’est  à cela que Dieu nous engage et s’engage : fraterniser avec l’Autre, qui bien souvent nous fait peur. Ce chemin d’humanité est, nous le croyons, le seul chemin qui nous mène à la rencontre de notre Dieu …
Alors au lieu d’écouter nos craintes, osons découvrir les pépites que cet autre possède au fond de son cœur.  Osons offrir nos trésors !

Aurélie VUIBERT

Commentaire de l’évangile
En entendant cela les amis Pierre, Jacques et Jean tombèrent face contre terre !Véritablement foudroyés, terrassés : face contre terre : ne pouvant ni voir ni entendre ! Attendant que la tornade passe.
Étonnant : car les propos qu’ils ont entendus, n’ont rien de foudroyants, ils apparaissent plein de tendresse et de confiance ! Des paroles qui font vivre !
Peut être que la nuée, les cieux qui se déchirent et la voix qui se fait entendre, peuvent expliquer cet écrasement, cet anéantissement ! Cette peur ! Cette angoisse.
Pour moins que cela nous sommes prêtes à fermer les yeux et nous boucher les oreilles pour laisser passer la tornade !
Mais reprenons le récit de Matthieu :
Au début il s’agit bien de visage, du visage du Christ «brillant comme le soleil», lumineux : la lumière, ce qui permet de voir.
Nous voyons comme les disciples mais plus encore il y a à entendre !
Moise et Elie s’entretiennent avec Jésus. Ce qu’ils se disent, cela n’est pas dit !  Oui il y a à voir et entendre !
Comme Pierre nous aurions dit « il est bon que nous soyons ici ! »
Scène merveilleuse qui semble hors du temps, qui a peut être déjà une saveur d’éternité ! La spontanéité de Pierre ne nous surprend pas :
Vouloir se saisir de ces moments de bonheur et souhaiter que cela dure longtemps, c’est bien l’histoire de notre humanité !
Je reviendrai sur ces mots de Pierre « il est bon que nous soyons ici  »
Ce matin il est bon que nous soyons ici et nous avons certainement à accueillir l’imprévu !
Comme cet imprévu, la chute des disciples, face contre terre et Jésus qui vient les rejoindre dans leur désarroi, leur chute jusqu’à les toucher, faire un avec eux !
Jésus leur demande de se lever, de retrouver la vie et pour cela de quitter leur peur, chemin de mort !
Cette peur, cette angoisse, c’est la mienne, les vôtre ce matin !
La vie éternelle, nous y croyons, nous essayons de nous raisonner. C’est notre questionnement de tout moment ! Quitter nos peurs et nos angoisses : retrouver come les disciples, Pierre, Jacques et Jean : « Jésus seul ; » et nous avec lui !
Oui il est bon que nous soyons ici, pour dire à nos frères que la vie nouvelle nous est donnée, nous est confiée et que le visage du Christ nous apparaît en chaque vie transfigurée !

Gérard Wybo

 Priere pour le monde
« Relevez-vous et n’ayez pas peur »
Comment oserions-nous, Seigneur, dire : « Relevez-vous et n’ayez pas peur » à nos frères Syriens sous les bombes, subissant en plus la faim et le viol.
Comment pourrions-nous dire : « Relevez-vous et n’ayez pas peur » à tous les peuples dont les droits sont bafoués quotidiennement : les Sarahouis, les Touaregs, les Kurdes, les Palestiniens, les Tibétains.
C’est à nous que toi le Prince de la Paix dit  « relevez-vous et n’ayez pas peur »
Qu’avons-nous fait de ton message de non violence ?
C’est un non chrétien, Gandhi, qui obtient l’indépendance de l’Inde par sa non violence active, cependant que nous les baptisés avons résisté à l’indépendance de l’Algérie par huit ans de guerre.
Aide-nous à nous mettre debout pour pratiquer activement la non violence.
« Pour que justice et paix s’embrassent » prions le Seigneur.

 Envoi
Nous arrivons à la fin de cette célébration, transfigurés nous aussi par nos prières ? prêts à l’inattendu, à l’inouï comme Abraham ? prêts à nous mettre debout pour améliorer la vie ?
Nous vous invitons  après la célébration à rester pour participer au « Parler la bouche pleine » avec notre invité ici présent, Franco Salvini, psychopédagogue et musicien, qui va nous présenter ce qu’est la communication bienveillante, la non violence active, qui n’est pas facultative pour nous les baptisés.

 Danielle Mérian

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