« Rendez compte de l’espérance qui est en vous »

Si l’Esprit est en nous, il l’est aussi dans notre voisin de droite et voisine de gauche. S’il est si difficile de retrouver cette présence de Dieu en nous, peut être est-il plus facile de la découvrir à plusieurs. Dans une volonté de discernement en commun. Dans une vraie complicité et fraternité. En affrontant nos divergences. Mais dans un respect mutuel

Dimanche 25 mai 2014
Sixième dimanche de Pâques
Année A

Lectures :
Actes des Apôtres  Ac 8, 5-8.14-17

Première lettre de saint Pierre Apôtre 1 P 3, 15-18
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean Jn 14, 15-21

 

P1020935(1)(1)

« Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous ; mais faites-le avec douceur et respect. »

« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité. Le monde est incapable de le recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous, et qu’il est en vous. »

Commentaire des textes

C’est le Seigneur, le Christ, que vous devez reconnaître dans vos cœurs comme le seul saint, nous dit Pierre Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas facile à faire.
Quand on voit des chrétiens convaincus qui manifestent contre le mariage pour tous, et d’autres, tout aussi convaincus qui manifestent pour, lesquels sont à l’écoute de l’Esprit ?
Quand on voit Mgr Kasper, le copain de notre pape François, s’affronter régulièrement avec Mgr Müller, préfet pour la congrégation pour la doctrine de la foi, sur les questions autour de la famille, en particulier les divorcés-remariés, on peut se demander lequel des deux est à l’écoute de l’Esprit ?
Et pourtant ce que dit Pierre est clair : le Christ a été rendu à la vie, et il habite nos cœurs. Et dans l’Evangile qui va suivre, le Christ nous dit la même chose, je cite : le Père vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité. Le monde est incapable de le recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure auprès de vous, et qu’il est en vous. C’est très clair : Il est en vous.
Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas évident d’écouter cet Esprit au fond de nous même. Sans doute y mettons beaucoup d’obstacles : nos égos, nos à-priori, nos suffisances.
Et puis il y a tant de raisons d’étouffer cet Esprit en nous : notre ‘pas envie d’être dérangés’, notre incapacité à faire silence en nous, nos petits problèmes psy qui font que nous ne maitrisons pas tout, pas même nos bonnes intentions…
Et pourtant, il me semble que c’est bien ça l’essence de la prière, et ce que faisait le Christ quand il partait à l’écart : écouter la petite voix de Dieu en soi, plutôt que notre grosse voix à nous…
Une autre réflexion qui me parait importante : si l’Esprit est en nous, il l’est aussi dans notre voisin de droite et voisine de gauche. S’il est si difficile de retrouver cette présence de Dieu en nous, peut être est-il plus facile de la découvrir à plusieurs. Dans une volonté de discernement en commun. Dans une vraie complicité et fraternité. En affrontant nos divergences. Mais dans un respect mutuel – le terme est dans la lettre de Pierre – respect dont on voudrait qu’il soit une marque de notre communauté. Si nous ne sommes pas capables de nous ouvrir à l’autre (avec un a), comment pourrons nous prétendre nous ouvrir au tout Autre (avec un A)?
Dernier aspect. Mine de rien, c’est une sacrée responsabilité que le Christ nous confie : Vous devez toujours être prêts à vous expliquer devant tous ceux qui vous demandent de rendre compte de l’espérance qui est en vous. Rendre compte de l’espérance qui est en nous. C’est la phrase que nous avons retenue sur le lutrin : être des témoins de l’espérance. Voilà qui nous impose de regarder ce monde avec douceur et tendresse, avec bienveillance, et d’accepter le dialogue, de dialoguer à hauteur d’homme, pas d’asséner des soit disant vérités toutes faites.
Et comment peut-on être témoin de l’espérance si on pense que tout fout le camp ? Comment notre voix peut-elle être audible si, en même temps, on condamne ce monde ? Il nous faut trouver dans ce monde les signes d’espérance, de l’Esprit à l’œuvre. Et mettre, nous même, notre propre espérance en actes.

Mais revenons au constat initial, la difficulté d’écouter l’Esprit au plus profond de nous même. Je vous propose 3 courts temps de silence, ponctués par l’orgue et 3 phrases de Zundel, un grand mystique, qui a écrit de très belles choses sur la présence  de l’Esprit en nous et la liberté qui nous est donnée de l’étouffer ou de la laisser vivre.
Les 2 premières phrases de Zundel que je vous propose à votre méditation sont les suivantes :
« Dieu fragile, c’est la donnée la plus bouleversante, la plus neuve et la plus essentielle de l’Evangile : un Dieu fragile est remis entre nos mains ».
« Il faut sauver Dieu de nous-mêmes, comme il faut sauver la musique de notre bruit, comme il faut sauver la vérité de nos fanatismes, et comme il faut sauver l’amour de notre possession.
Temps d’orgue
« Dieu a fait de nous les arbitres de sa présence au monde. Il ne peut se manifester comme liberté qu’à travers notre liberté. Chacun de nos actes conscients le concerne. Chacun de nos actes peut lui ouvrir ou lui fermer la porte de notre histoire. »
Temps d’orgue
« Tant que les hommes d’Eglise poseront le problème de la Foi et de l’Evangile en termes de pouvoir, ils manqueront l’essentiel. Il faut proposer l’Evangile en termes d’amour. Il faut comprendre que nous ne sommes pas en face d’une autorité qui prétend nous soumettre, mais en face d’une lumière qui veut dissiper nos ténèbres, une lumière qui veut nous rendrevoyants. »
Temps d’orgue

Michel Bouvard

Credo du Père Bruno Chenu   
Dans un monde traversé par des contradictions insupportables,
Parmi des hommes et des femmes en quête de bonheur,
J’ai foi en Jésus le Christ, Serviteur et Seigneur.

 En lui, je reconnais l’homme dans sa peine stature,
Comme nul homme ne peut l’être par lui-même.
Il a passé sur les chemins de Galilée
Criant la Bonne Nouvelle de la tendresse du Père,
Manifestant qu’était venu le temps des noces, du vin nouveau
Des captifs libérés, des pêcheurs pardonnés,
Le temps du Royaume de Dieu.

 Fidèle jusqu’au bout à la subversion de l’amour
Il est mort sur une croix, prophète et martyr.

 Au matin de Pâques, il s’est levé d’entre les morts
Et nous lisons désormais sa présence en tout visage d’homme.

 La mort est vaincue et la vie est notre promesse.
La fatalité est brisée et l’histoire est notre responsabilité.
Le Ressuscité envoie son Esprit qui soulève le monde
Et rassemble l’Église, mouvement de service et de partage.

 Aussi, remis debout par la Parole et le souffle de Dieu,
Nous marchons joyeusement vers la plénitude des temps,
Travaillant à un monde nouveau
Dans l’ardente espérance d’un univers réconcilié dans l’amour.

                               

 

Merci à Jean-François Petit
Nous voudrions remercier Jean-François au nom de la communauté, pour sa présence active parmi nous. 10 ans déjà ! Notre cheminement commun a commencé avant, comme stagiaire pendant son diaconat, reprenant la préparation des baptêmes avec Sylvie de Bengy. Un regret pour nous : qu’il n’ait pu être ordonné dans cette église – une « petite Notre Dame » qui n’a pas pu concurrencer la grande !   Philosophe engagé, tu nous aides à réfléchir et nous ouvre sur la pensée contemporaine, en animant l’atelier des ‘Fondamentaux de la foi’ autour de Michel Foucault   Acteur du présent, tu nous ouvres à l’actualité de l’Eglise et du monde : allez voir ses chroniques sur le site saintmerry.org !   Merci donc pour ta disponibilité avec et dans cette communauté, ta parole toujours positive, ton discernement précieux, ton efficacité discrète. Merci de partager notre aventure de communauté, notre aventure d’Eglise !

Anne-René Bazin

 

Tags from the story
,

1 Comment

  • j’ai beaucoup apprécié suite à cet article la rencontre avec les personnes immigrées du 25 MAI !on pouvait vraiment faire connaissance avec son voisin étranger !c’était riche d’échanges avec un petit concert joué et chanté par des chiliens vivant à PARIS
    j’ai pu échanger avec une dame chinoise boudhiste qui communiquait avec nous sur son ipod qui donnait la traduction de nos mots échangés en chinois !
    j’ai pu échanger avec 2 personnes du MALI sur un sujet très chaud de ST MERRI ,j’ai pu rencontrer un égyptien et rapidement un péruvien ,et leurs conditions de vie actuelle ,j’ai pu échanger avec un jeune homme du SENEGAL !enfin ce fut un riche repas festin avec la tour de BABEL !merci à ST MERRI de permettre cet accueil MAGNIFIQUE
    mais aussi la rencontre avec la JEC dernièrement à ST MERRI était aussi une messe très riche et stimulante de ces jeunes actifs et croyants !helene

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.