Rendre témoignage

C’est moi qui vous donnerai un langage et une sagesse
à laquelle tous vos adversaires ne pourront
ni résister ni s’opposer.

Dimanche 13 novembre 2016
1ère lecture : « Pour vous, le Soleil de justice se lèvera » (Ml 3, 19-20a)
Psaume : Ps 97 (98), 5-6, 7-8, 9
2ème lecture : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus » (2 Th 3, 7-12)
Evangile : « C’est par votre persévérance que vous garderez votre vie » (Lc 21, 5-19)
Introduction

Bonjour à tous et à toutes.
Que vous soyez de passage ou habitués du CPHB.
Bienvenue à cette célébration.

L’Evangile nous demande de « RENDRE TEMOIGNAGE de notre FOI  »
mais aujourd’hui comment trouver les mots qui sonnent « juste » .
Ces dernières années, notre monde bouge si vite,
notre langage a tellement évolué.

Internet a changé nos habitudes, la rédaction des mails et des SMS
ont bouleversé notre manière de nous exprimer.
Alors, quels gestes, quelles attitudes, quels mots
peuvent être entendus par nos contemporains
– quels témoignages de notre Foi leur apporter –

Par ses attitudes, ses actes, ses paroles, le pape François nous incite à oser,
à inventer pour devenir des témoins de l’Evangile.
Nos Evêques ont récemment publié un texte inattendu sur LE politique
qui fut remarqué par les médias
– A Lourdes, ils ont demandé pardon aux victimes de la pédophilie.
ET , Rappelez-vous,  la visite du Pape à Lampedusa,
le pape qui va s’installer à la maison Ste Marie
au lieu de résider au Vatican,
qui décide de transformer les jardins du Vatican en musée.
Et rappelez-vous le jour de son élection, au balcon,
après avoir demandé aux Catholiques de prier pour lui,
il s’en alla sur un simple : « au revoir « .

Alors, en écho à cet « au revoir » si naturel,
je vous invite déjà à dire : bonjour à votre voisin ou à vos voisins,
et principalement à ceux que vous ne connaissez pas.

A. Seminel
Rendre témoignage pour les temps difficiles !

Exhortation permanente et invitation pressante des Evangiles.
D’ailleurs si certains de nos proches,
certaines de nos relations n’avaient pas rendu témoignage de leur foi,
serions-nous là ce matin ?

Nous savons tous aussi que tant de chrétiens d’hier et d’aujourd’hui
par leur engagement, leurs gestes, leurs initiatives, leur générosité
ont rendu et rendent témoignage de l’espérance christique de belle manière.

Alors, de quoi s’agit-il ?
A l’invitation de l’Évangile de ce matin, sorte de récit des jours derniers,
je retiendrai deux points sur les difficultés à rendre témoignage :

En des temps troublés, des temps de catastrophe,
des temps de guerre et d’épreuve, comment la foi peut-elle
se témoigner
et tenter de faire concrètement changer les choses?
Parmi tant d’exemples :
Hier les chrétiens engagés dans la résistance au nazisme ;
aujourd’hui les chrétiens d’Orient qui ont choisi de rester sur place,
d’assurer une présence meurtrie non sans risques majeurs.

Mais les temps difficiles pour rendre témoignage
ne s’inscrivent pas toujours dans cette dimension guerrière et quasi sacrificielle.

Ils peuvent s’apparenter à des périodes d’hostilité et surtout d’indifférence,
ce qui n’est pas la même chose, au regard de ce que nous croyons
et notre début de siècle occidental l’illustre bien.

Rendre témoignage face à l’hostilité ambiante,
c’est prendre le risque de la crispation identitaire, des dérives sectaires,
des slogans haineux et je pense aux débordements verbaux des « Manifs pour tous ».

Rendre témoignage face à l’indifférence religieuse, celle de notre société,
présente une toute autre difficulté dans la mesure où nous nous heurtons,
parfois isolés, à des gens pour qui la dimension religieuse ne fait pas sens.

Rappelons-nous la réponse des Athéniens à Paul
qui voulait les entretenir de la Résurrection
(« nous t’entendrons une autre fois »)

Difficulté qui est aussi devenue culturelle
parce que il y a bien sûr une crise généralisée du langage
et celui que nous véhiculons comme chrétiens pratiquants
et que l’Eglise-institution a imposé
est devenu non seulement obsolète mais inaudible.
Comment, par la parole, témoigner de notre espérance chrétienne
à travers des expressions contextualisées il y a 10 ou 15 siècles?

Certes quelques changements se sont amorcés.
Voyez ce qu’en a dit Agnès en introduction.
Mais s’agissant des langages qui expriment notre Credo,
nos catéchismes, scandent nos liturgies alors là, tout est presque à réécrire.

Comme nous sommes de plus en plus nombreux
à ne plus entreprendre une lecture littérale de la Bible,
il y a urgence absolue à faire du langage
l’un des vecteurs essentiels du témoignage
mais à condition de l’extirper de nos sacristies
comme les disciples sont sortis de la maison barricadée poussés par l’Esprit.

Au risque demain d’essuyer des refus, des incompréhensions
voire des catastrophes ou pour certains, pire encore.

Car, oui, les temps sont décidément difficiles
(l’anniversaire ce 13 novembre de la tragédie sanglante de l’an dernier le prouve).
Mais ne le furent-ils jamais ?

A. Cabantous
p1080133s
Sortez gens de Dieu !

Vous êtes le peuple en partance, votre terre n’est pas ici.
Voue êtes le peuple en mouvement, étrangers toujours fixés,
Gens de passage vers la demeure d’ailleurs.

Sortez gens du peuple de Dieu !
Allez prier plus loin
La tendresse sera votre cantique
Jésus sera votre parole
La vie sera notre célébration

Allez, vous êtes la maison de Dieu
Les pierres taillées à la dimension de son amour.
On vous attend dehors, gens du peuple de Dieu !
Et je vous dit :
Dieu sort avec vous

Jean Debruyne

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