Réseau Chrétien Immigrés : Billet d’une primo-arrivante au réseau

Une nouvelle bénévole s’est plongée dans notre accueil du 25 rue Fessart. Elle a voulu écrire ce qu’elle a ressenti ! Nous sommes très en phase avec ce qu’elle en dit.

Mardi 13 h30.
Les convives attablés dans les brasseries profitent de leur pause-déjeuner pour partager les photos de leurs dernières vacances dans une torpeur d’été finissant.
A quelques mètres de là, dans les locaux où se tient la permanence juridique de la C.I.M.A.D.E. et du R.C.I. on bascule dans un tout un autre monde.
Quel électrochoc !

Une foule bruissante, colorée, inter générationnelle, se presse, dossier sous le bras, portable à l’oreille. Anxiété et tension retenue sont palpables. D’emblée gâteaux et boissons circulent à la ronde et réactivent bien des espoirs tapis au fond des cœurs.

« Ici, c’est sûr, j’ai confiance, on va m’aider. »
Saluons l’accueil personnalisé et inconditionnel réservé à chacun ! Le regard attentif,  porté sur l’autre, ce « miracle », selon la belle expression de Simone Weil, rassemble tous les bénévoles

…« Celui qui croyait au Ciel
et  Celui qui n’y croyait pas »…

L’échange, moment de grâce ou ligne de crête, demeure imprévisible. Les compétences mises en oeuvre  sont multiples, diverses et étendues et exigent précision et rigueur, sans occulter tact et discrétion. Ecouter, rassurer, établir des ponts sont les composantes essentielles de l’entretien, sans cesse renouvelées. Les conseils pratiques pour l’un alternent avec les recommandations adressées à une jeune femme. Pour soutenir un jeune mal en point, une bénévole s’engage à  l’accompagner dès potron-minet dans les locaux de l’O.F.P.R.A. à Fontenay sous-bois.

Un travail cousu main, tissé d’humanité et de solidarité humble.
Des pépites çà et là…Ce couple joyeux de Roumains, sur le chemin de la naturalisation, vient offrir à leur « coach » une photo de leurs deux jeunes enfants. La lumière jaillit au terme du long tunnel… et l’amitié, après les années de galère, se fait pérenne.

Pour moi, cet après-midi-là, c’est la découverte émerveillée du combat incessant contre l’indifférence, l’exclusion et le rejet, en écho aux vers  du poète Eluard :
« Oui, il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Et le mot frère… »

Maïto

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