« Resplendis ! Elle est venue ta lumière »

Sommes-nous comme Hérode, campés dans nos certitudes, enfermés dans nos palais, et agrippés à notre pouvoir, ou bien sommes-nous ces chercheurs d’étoiles, ces chercheurs de Dieu, prêts à nous mettre en route, à partir vers l’inconnu ?

 

Dimanche 4 janvier 2015

L’Épiphanie du Seigneur
Solennité du Seigneur
Année B

Lectures

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1ère lecture : « La gloire du Seigneur s’est levée sur toi » (Is 60, 1-6)
2ème lecture : « Il est maintenant révélé que les nations sont associées au même héritage, au partage de la même promesse » (Ep 3, 2-3a.5-6)
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Evangile : Nous sommes venus d’Orient adorer le roi (Mt 2, 1-12)

Et voici que l’étoile qu’ils avaient vue à l’orient
les précédait,
jusqu’à ce qu’elle vienne s’arrêter au-dessus de l’endroit
où se trouvait l’enfant.

Mot d’accueil
Bonjour, et bienvenue à toutes et à tous, vous, les fidèles de la Communauté, heureux d’entrer dans l’année du 40ème anniversaire du Centre Pastoral Halles Beaubourg, et vous, les amis de passage, que nous accueillons avec plaisir parmi nous ce matin. Des membres de la Communauté vous attendent à la table d’accueil à l’issue de la célébration si vous souhaitez en savoir plus sur ce qui se vit à Saint-Merry.

Nous sommes rassemblés au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit.
Resplendis, elle est venue ta lumière. C’est l’Epiphanie, la manifestation de Dieu parmi les hommes.

Nous étions plus d’une dizaine lors de la préparation, et comme toujours lorsque nous sommes nombreux, les échanges ont été intenses. Les textes du jour ont beau être connus et archiconnus, c’est toujours une grâce que de les redécouvrir. C’est cela la richesse de la Parole, toujours actuelle et vivante lorsqu’elle est partagée.
Deux questions nous ont plus particulièrement marqués.
Tout d’abord, Paul nous parle de ce mystère : toutes les nations sont associées au même héritage, à la même promesse. Comment recevons-nous cette Parole, alors que l’humanité semble tellement divisée, au nom de différents dieux, des dieux spirituels, quel que soit le nom qu’on leur donne, ou des dieux matériels, l’argent en premier lieu ?
Ensuite, dans l’Evangile, nous avons été frappés par ces mages, ces étrangers, qui utilisent tous les moyens en leur possession pour chercher Dieu. Ils observent les événements et en découvrent le sens, sans idée préconçue, alors qu’Hérode et les grands prêtres attendent que les événements se déroulent exactement comme l’Ecriture les a prévus, mais ils ne voient rien. Et nous, sommes-nous comme Hérode, campés dans nos certitudes, enfermés dans nos palais, et agrippés à notre pouvoir, ou bien sommes-nous ces chercheurs d’étoiles, ces chercheurs de Dieu, prêts à nous mettre en route, à partir vers l’inconnu ?

Vincent Moreau

Commentaire du texte de Paul aux Ephésiens
Dans son chapitre 3 de l’épître aux Éphésiens, Paul annonce – en toute simplicité !– une « révolution culturelle : « Ce mystère, c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile. »
Les premiers chrétiens ont découvert une universalité qui les a renversés : elle n’est plus verticale à l’image de l’Empire romain qui soumet tous les peuples sous un seul chef, elle est horizontale, c’est la même humanité qui établit que les hommes ne sont qu’un seul et même peuple.
Trois remarques :
1 – L’universalité dépasse les particularismes
Paul va très très loin dans l’égalité entre hommes et femmes appartenant à l’humanité : il n’y a plus ni juif ni grec ; il va encore plus loin : il n’y a plus ni hommes ni femmes ; il va encore plus loin : il n’y a plus ni patron ni esclave ! (Ga 3/28).
L’air de rien on est en train d’inventer la personne telle que la définiront les « droits de l’homme », égale dignité, égale responsabilité. Bien sûr cela ouvre la porte à l’individualisme contemporain… qui a sûrement besoin d’un mode d’emploi.La revendication « identitaire » nie l’universalité.
2 – Pour ne parler que de nous, nous savons l’importance que prend depuis quelques années dans notre Église le courant dit « identitaire ». Ce courant est même majoritaire à Paris. C’est une manière de récupérer un particularisme acceptable en ce qu’il apporterait un plus. Quel plus ?
Avoir une identité rassure (je n’ai plus à chercher qui je suis, on me le définit), cela donne confiance (on s’occupe de moi), et cela différencie (je ne suis pas comme tout le monde), cela donne du pouvoir (juger et exclure ceux qui ne sont pas comme moi), et surtout un privilège (je connais – ou on la connaît pour moi– la vérité !).
Mais cela nie que chaque homme, chaque femme, doive se construire soi-même dans l’échange permanent avec les autres. C’est risqué et cela prend du temps, mais le résultat, toujours unique, vaut pour chacun la peine d’être vécu. La seule liberté qui reste à l’identitaire c’est la liberté d’être soumis et conforme. La liberté que donne l’Évangile est celle de l’Esprit qui me permet de devenir moi-même, unique, et qui ne confond pas l’amour avec la soumission.
L’attitude identitaire débouche nécessairement sur la violence. Entre autres, deux problèmes. D’abord mon rapport à la vérité. Je ne peux la trouver en moi par moi-même, elle me vient toujours de l’extérieur, je dois donc la trouver chez les autres. Plus je doute plus j’ai besoin que l’autre croit, et au besoin je peux (essayer de) le lui imposer. Mais alors s’il ne peut se soumettre il me fait peur, il est dangereux pour moi, je dois l’éliminer. L’identitaire cherche à être reconnu alors qu’il n’est pas maître de son identité, il a toujours un manque.
3 – L’universalité découverte par les premiers chrétiens mène à l’individualisme. Ils l’ont vite compris, alors ils ont découvert qu’entre hommes et femmes libres doit s’établir une solidarité. Cela ne nie pas la personne, sa liberté et sa responsabilité, mais au contraire cela la protège. Cela ne recrée pas de particularisme mais au contraire permet de les dépasser. De là à inventer la « fraternité » il n’y avait qu’un pas… heureusement vite franchi, mais toujours à réinventer.

Jacques Mérienne

Commentaire de l’évangile
Et si nous commencions 2015 par une bonne nouvelle : une nouvelle manifestation à Bethléem ! Certains parlent d’une épiphanie.
Ce sont des mages, suiveurs d’étoile, venus d’où l’on ne sait trop, qui la racontent. Ils nous révèlent celui qui s’est manifesté à eux, un petit d’homme, apparemment un petit bout de rien. Il bouleverse certains, en affole d’autres. Mais la majorité n’a pas bronché.
En 4 phrases, ils décrivent Celui qui a changé leur chemin de vie.
Écoutez bien :

  • Un enfant tout simplement .Il change notre conception du pouvoir, des rois et des puissants. Il puise sa force dans la fragilité de l’amour !
  • Une parole que nous comprenons alors que nous ne sommes pas de sa culture. Il veut que son message soit universel et compris par tous les étrangers.
  • Une joie communicative même pour nous qui sommes des gens sérieux. La joie comme bonne nouvelle à vivre et à communiquer aux autres !
  • Un élan qui nous pousse à re-découvrir ce qui se passe chez nous, en nous. Au diable les rendez-vous avec les puissants ; nous rentrons par un autre chemin !

Et ils ajoutent… Ami.e.s du CPHB, pour fêter les 40 ans du Centre, n’oubliez pas : la fragilité, l’universel, la joie, les autres chemins

Guy Aurenche

Préface

Père,
Tu avais décidé d’un univers pour caser l’homme que tu as créé
Cet univers tu nous en as confié la responsabilité
Puis tu as décidé d’un homme au cœur libre, ton fils
Pour court-circuiter les ambitions, les drogues, les puissances et les religions
Cet homme, ton Fils, avait en lui tant de lumière qu’il n’a pu la contenir
Avec inconscience et courage il s’est jeté sur les routes pour éclairer les hommes
Il a affronté les idées fausses incrustées dans les crânes
Il s’est cogné à l’ossature des sociétés sûres d’elles-mêmes
Et le soir seul sous le ciel il s’est souvenu d’être ton fils bien-aimé en qui tu as mis tout ton amour
Si nous sommes la raison d’être de l’univers
L’amour et la parole de vie de cet homme, ton fils sont notre raison d’être
Chaque homme est fils de l’humanité
Et l’humanité dépend d’un homme, ton fils.

Jacques Mérienne

Envoi
Nous sommes venus apporter nos présents au Seigneur mais c’est Lui qui nous a nourris et qui nous donne la force de repartir sur d’autres chemins, les chemins des possibles, et non les chemins des enfermements.
Alors, comme ces mages, soyons toujours à l’affût, tous nos sens en alerte. Sachons reconnaître dans nos vies, dans le monde, parmi nos frères, les signes de Ta présence révélée à toutes les femmes et à tous les hommes de ce temps, et soyons toujours porteurs de cette même promesse qui nous est confiée.

  Vincent Moreau

 

 

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1 Commentaire

  • Le mot d’accueil, les commentaires des textes du dimanche, les prières pour l’Eucharistie me sont d’une aide précieuse pour nourrir méditation et prière tout au long de la semaine.

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