Restaurons « le Christ aux outrages »

Quoi de plus naturel à Saint Merry que de proposer un concert pour collecter les fonds nécessaires à la restauration d'une oeuvre d'art ? Didier Verdeille nous invite à un concert idéal le vendredi 14 septembre à 20h30 : des chants sacrés de la tradition profane.

Un « réservez la date » est paru pour un concert/souscription le 14 septembre prochain afin de soutenir la restauration de la sculpture monumentale de Pierre de Grauw, le Christ aux outrages.

L’artisan qui dirige l’atelier de fonderie où il a travaillé sur le Christ aux outrages avec son auteur, m’a appris que cette pièce n’était pas un bronze fondu. Il s’agit d’un cuivre repoussé maintenu par une structure métallique interne qui présente maintenant des défaillances qu’il est « urgent de réparer depuis un certain temps ! », m’a dit Georgine, veuve du sculpteur.

Lorsque « notre » Christ avait été choisi par Xavier de Chalendar et Pierre de Grauw, l’État (plus exactement le CNAP), l’avait explicitement acquis pour le mettre en dépôt à Saint Merry.

Voici une courte citation de Pierre de Grauw :

« Puisque, une fois de plus, le Christ aux outrages révèle sa Présence, je me permets de suggérer que soit lue à la cérémonie des obsèques de Xavier de Chalendar ces quelques phrases : Pour chaque être humain, homme ou femme, il est important de trouver son lieu de vie, son lieu d’existence. On peut dire la même chose d’une sculpture.
Grâce à Xavier de Chalendar, ma sculpture du Christ aux outrages a trouvé à l’église Saint Merry son lieu, ô combien significatif et exaltant ! Qu’il en soit remercié, dans la mémoire vivante de la communauté du Centre Pastoral Halles Beaubourg ».

Ce témoignage d’une spiritualité intemporelle mais profondément reliée à une époque donnée est à la source de mon engagement pour restaurer cette œuvre symbolique. Depuis plus d’une trentaine d’années, un Christ assis, les pieds nus à même la dalle, médite au milieu des personnes, au milieu d’œuvres d’art dites religieuses de toutes époques.

Un pont indispensable entre art contemporain et spiritualité contemporaine.

Je suis membre de l’ensemble « Têtes de chien », quintette vocal a cappella contemporain pour chansons traditionnelles. En France, le chant traditionnel, issu de la culture orale, est monodique, une simple mélodie pour un texte elliptique. L’arranger pour cinq voix est un travail de création, et le nom de cet ensemble vient de « parisiens, têtes de chien », sobriquet que nous entendions tous lorsque nous revenions au village de nos grands parents.

Le programme que nous avons choisi ici a été monté en résidences d’artiste à la Cité de la Voix de Vézelay et créé dans la célèbre basilique de Vézelay.

Je qualifie de « chants sacrés de la tradition profane » les chants regroupés dans ce répertoire spécifique du légendaire chrétien au sein du vaste répertoire traditionnel.

La presse nationale a salué ce travail, et je choisis l’article de l’écrivain Jean-François Bouthors pour le livret du CD de la Marelle, produit par le label patrimonial Frémeaux & Associés

« La Marelle : De terre à ciel, chansons du légendaire chrétien métaphysique de la Marelle

Entre ciel et terre, le vieux jeu de la marelle dessine un itinéraire incertain que l’on parcourt à cloche-pied, au risque de mordre la ligne, pour peu que le palet soit tombé dans la bonne case, et pas dans cet au-dehors sans nom qui ressemble à l’abîme…Rien de plus humain. Rien de plus métaphysique…

C’est un coup de génie des Têtes de chien d’avoir donné à ce programme le nom de Marelle, pour y réunir ces chants traditionnels qui brodent des histoires improbables, dramatiques, merveilleuses, sur fond de tradition chrétienne. Ces chants qui ne sont pas à proprement parler « religieux », qui ne sont pas des chants d’Église, disent d’abord comment une humanité s’empare de symboles et de récits fournis par la religion et les recompose pour mettre en voix ses questions, ses passions, ses folies, ses attentes, ses effrois…

Le second coup de génie des Têtes de Chien et de Caroline Marçot, qui a écrit les arrangements pour cinq voix a cappella, c’est de ne pas folkloriser et de convoquer différentes traditions musicales pour enrichir la « règle » du jeu.
Leur Marelle ne se chante ni sous cloche ni en costume traditionnel. L’art qui nous est proposé est un art de contact, encore plus que de scène…

Qui veut, à son tour, lancer le palet, pour entendre le Carême devenir une fête aussi dansante qu’une samba, et voir, comme dans un tableau de Chagall, une jeune fille s’envoler à la barbe du capitaine qui voulait la prendre de force ? Avis aux amateurs ! »

J’espère un public fourni pour cette Marelle qui aura pour but de réunir les fonds nécessaires à la restauration du Christ aux outrages. Les places pour le concert, qui aura lieu le vendredi 14 septembre à 20h30, seront disponibles en pré-vente, grâce à l’association Trésors de la Musique.

Je travaille également à la possibilité de réunir des témoignages de l’histoire de la conception et de la réalisation du Christ aux outrages de Pierre de Grauw, témoignages qui seront exposés durant toute la semaine précédant le concert.

Didier Verdeille

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