Façade de Saint-Merry sous la voussure porche principal. ©fc

Réunion de l’Equipe pastorale élargie – Rencontre avec Benoist de Sinéty

L'Equipe Pastorale (EP) se réunit 4 à 5 fois par an en Equipe Pastorale Elargie (EPE) avec les coordinateurs de pôles, les chargés de mission et le représentant du Conseil Paroissial pour les Affaires Economiques (CPAE). Pour rappel, il y a 6 pôles : Accueil / Célébration-liturgie-chant / Sacrements-formation-Nouvelles générations / Solidarité-fraternité / Art-culture-patrimoine / Communication-actualité-débats. Pour chaque pôle il y a si possible un duo de coordinateurs. Il y a actuellement un chargé de mission qui s'occupe de l'organisation de " Parler la bouche pleine " et du sacrement de la sérénité.

Le 25 avril 2019, une réunion de l’EPE (un peu plus d’une vingtaine de personnes) a eu lieu avec la participation de Benoist de Sinety, administrateur de la paroisse et du Centre Pastoral.
Cette rencontre s’est déroulée en 2 temps :

1) La parole à Benoist de Sinety
Benoist de Sinety nous précise tout de suite qu’il n’est pas en mesure de donner maintenant le nom d’un futur curé de Saint-Merry et responsable du Centre Pastoral car les réunions préalables qui étaient nécessaires pour cela ont été bousculées par l’incendie de Notre Dame.
Il précise ensuite qu’il parle à partir de son ressenti à la fois comme prêtre et comme homme.

Il a rencontré un peu plus de 20 personnes (paroisse et Centre pastoral).
Pour moi, nous dit-il, Saint-Merry n’est pas très connu autrement qu’à travers des caricatures ! Les prêtres à Saint Merry sont atypiques, on se fréquente peu, de quoi se demander  « où je vais mettre les ? » ! Mais le résultat est une très belle découverte, nous dit-il aussi.
Benoist de Sinety découvre plusieurs aspects :
– des hommes et des femmes très engagées, avec un désir d’annoncer l’évangile avec enthousiasme.
– des personnes attachées à la célébration dominicale, lieu d’investissement majeur dans la vie de la communauté.
– une difficulté, liée à la manière dont les choses se sont passées, entre la paroisse et le Centre Pastoral, la première se sentant dépossédée de son espace. La blessure est maintenant un peu moins vive mais demeure.
– une tension interne au Centre pastoral dans la manière dont se vivent les activités liées à la culture et au cultuel. Les places respectives sont jugées par certains trop importantes.

Et Saint-Merry  dans 20 ans …?
L’identité d’une communauté est interrogée par le manque de renouvellement.
Benoist de Sinety nous livre sa conviction : ce qui se passe ici est utile au diocèse – laboratoire où on expérimente, ce qui n’est pas possible dans une paroisse plus traditionnelle On a besoin d’un lieu comme celui-ci, continuer à avancer,  en pansant les blessures …
Il renvoie des interrogations :
– prêtres-laïcs : il y a des blessures infligées les uns aux autres depuis 10 ans et il faut les « consoler », les dépasser. Il n’y a pas deux corps du Christ – il y a une communauté de baptisés, prêtres et laïcs ensemble.
– imaginer une grande mise à plat – ouverte à tou(te)s, engagé(e)s ou pas, et prendre le temps de 2 jours pleins pour réfléchir à ce qu’on veut vivre. Le monde, la société, l’Eglise ont changé depuis 40 ans. Ce serait bien que la lettre de mission soit renouvelée. Pour qu’elle soit confiée de nouveau, il faut réfléchir à ce qu’on veut.
– chercher une aide extérieure, neutre, avec le nouveau curé, pour faire ce passage. Plus on restera entre nous, plus on s’usera. Il y a un défi dans le fonctionnement et il faut le relever.

Résumé des réflexions qui suivent les propos de Benoist de Sinety :
Les réflexions dominantes portent d’une part sur le fait qu’il ne faut peut-être pas penser le renouvellement en termes uniquement de nouvelles générations mais aussi en terme de meilleur repérage, accueil et intégration des personnes nouvelles – d’autre part sur les grands changements auxquels  l’Eglise est appelée et l’idée que Saint Merry recoive une mission d’innovation.

Suite à ces réflexions, Benoist de Sinety précise ses propos: quand il parle de « jeunesse », ça  ne signifie pas que c’est le nombre de jeunes qui valide le lieu. Une communauté chrétienne est source de vie jaillissante. Que fait-on de la vie qu’on reçoit ici ? Quelle destination de nos réflexions : est-ce pour nous ? Pour la mission ? Ce qu’on vit ici est-il inspirant pour les autres ? Attention à ne pas tomber dans le piège du « club ».
Il est souligné que l’accueil, activité mixte paroisse-Centre Pastoral,  est un vivier d’ouverture à la diversité et qu’il faudrait réfléchir à la façon de multiplier le témoignage d’être une communauté qui accueille.

2) Evocation des points de discussion souhaités par les membres de l’EPE :
** Evolution de la pastorale au regard des changements sociologiques du quartier :
Sont évoqués : les populations spécifiques du soir, des populations venant de partout, les touristes… Aller à la rencontre… Inventer de nouveaux outils pastoraux au regard de tous ces changements peut aider à renouveler la communauté.
Comme chaque lieu d’église, cultivons aussi notre couleur, qui fait que les gens aiment venir ici, soyons créatifs sans être autocentrés. Sachons aussi être source de foi pour nous, pour pouvoir ensuite mieux « sortir ».

** Co-responsabilité prêtre-laïc
Il est souligné qu’à Saint Merry on a une culture des conflits de pouvoir. C’est quelque fois trop facile de dire que c’est la faute du curé. Vivons notre mission de baptisés. Pour éviter le pouvoir, le renouvellement des responsabilités est important. La co-responsabilité, c’est accepter de s’engager.

** « Critères » pour un futur curé et responsable du Centre pastoral :
Nous évoquons quelqu’un qui connaisse nos pratiques mais que nous sachions aussi accueillir ce qu’il apporte de nouveau ; quelqu’un qui accepte en confiance les recherches d’innovation. Il ne s’agit pas seulement de l’adéquation d’un homme à un projet. Il est important de faire vivre la fraternité et la transversalité. Etre un homme de communion, faire que les personnes se parlent.

Noter une donnée nouvelle : il y a maintenant à Saint-Merry une communauté de prêtres.
Les 3 prêtres nommés cette année assurent une bonne fonction de transition. Resteront-ils après ?
Benoist de Sinety répond qu’il y aura plusieurs prêtres à Saint-Merry l’année prochaine.
Il y a à Saint-Merry une double légitimité : 1) l’élection de l’équipe pastorale  2)  ecclésiale : celle du curé, nommé par l’évêque, avec responsabilité civile etc … Comment se vit cette double légitimité ? En communion ? Ou en combat l’un vis à vis de l’autre ?  Il est à noter que dans le TOP, tout est développé sauf la co-responsabilité et la fraternité (seulement 2 -3 lignes).
Le corps ecclésiastique craque. Ici on peut réfléchir à des pistes sans que le laboratoire de recherche devienne dogmatique.

 Après le départ de Benoist de Sinety, nous faisons un point sur les démarches de « fraternité-transversalité » des pôles et groupes mises en place depuis l’Assemblée de la Communauté (AC) d’octobre dernier… Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Par ailleurs nous parlons d’une Nuit sacrée version 2019 : voir l’annonce dans cette Lettre.

 

 

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