« Revêtez vos cœurs de tendresse »

Dimanche 29 décembre 2013
La Sainte Famille

 
 Lectures
– Lecture du livre de Ben Sirac le Sage Si 3, 2-6, 12-14
– Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens Col 3, 12-21
– Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu Mt 2, 13-15, 19-23


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 Le dimanche de la sainte famille est une célébration instituée par l’Eglise catholique en 1924 : une date assez récente, l’une de mes grand-mères s’est mariée cette année-là. En 2014, le pape François va réunir un synode sur le thème de la famille. Notre communauté de Saint-Merri participe à cette réflexion : des groupes se sont réunis en décembre.

 La famille de Jésus, nous la voyons peu dans les évangiles et sa famille élargie est plutôt présentée comme un obstacle à sa mission.
L’évangile de Luc, lu à Noël, montre Jésus nouveau-né, Marie, sa mère, et Joseph, son époux. L’évangile de ce jour, en Mathieu, est centré sur Joseph et il relie cet enfant à la longue histoire d’un peuple, présentée dans les livres du Premier Testament.
Avons-nous besoin de ces textes pour croire à la pleine humanité de Jésus ? Les récits de sa vie publique et surtout de sa Passion nous montrent sa sensibilité envers ceux qui viennent à lui et ce qu’il ressent, jusqu’à une grande angoisse avant l’ultime épreuve.

 Les textes de ce dimanche de la sainte famille – Ben sirac, Paul aux Colossiens et évangile de Mathieu – ne nous donnent pas à contempler une famille idéale : ils nous rappellent comment les relations familiales tissent des liens entre générations et construisent ainsi une commune humanité, solidaire, au-delà de notre propre existence.                                                

Eliane

 Chant : Nous sommes les enfants d’un Dieu au cœur de joie

Après les lectures du Livre de Ben Sirac (3) et de la lettre de Paul aux Colossiens (3,12-21)
Ces textes du livre de Ben Sirac le sage et de la lettre de Paul aux Colossiens sont connus mais nous avons voulu les lire avec un regard neuf en préparant cette célébration lundi dernier.
Avec des mots à la fois semblables et différents, chacun dit ce qui importe vraiment pour construire des relations justes au sein d’une cellule familiale, Paul élargissant son propos à la vie communautaire.
Ben Sirac est très près de notre quotidien. Nous avons fait l’expérience de ce lien qui nous unit à nos parents au début de notre vie. Plus tard nous devenons le soutien de nos parents, et ce moment est très difficile. La vie coule dans l’autre sens et ce lien en devient encore plus fort.
Oui ces paroles de sagesse traversent le temps et sonnent juste à propos des relations entre époux et entre parents et enfants : joie, réconfort, indulgence mais aussi pardon et miséricorde. Les relations conjugales et intergénérationnelles ne sont pas un long fleuve tranquille : difficile autorité de la mère sur ses fils, difficile respect du fils pour son père, dont l’esprit l’abandonne.
Cependant Ben sirac ou Paul ne nous font pas la morale, ne parlent pas en termes de devoirs : l’amour conjugal, l’amour parental, l’amour filial est inconditionnel.  
Paul, étonnant pédopsychiatre, pourrait-il être qualifié de conseiller conjugal ? Il demande en effet aux maris d’aimer leur femme, plaçant ainsi la barre plus haut pour eux que pour elles. Que demande-t-il aux femmes ? La lettre du texte étant devenue imprononçable, nous vous proposons cette traduction, qui nous semble fidèle à l’esprit du texte : « Femmes, soyez à l’écoute de votre mari ».
Etre attentif à l’autre, être à son écoute, n’est-ce pas l’attitude de Joseph qui s’ajuste à la Parole de Dieu, pour sauver la vie de l’enfant et de sa mère ?
Merveilleuse ouie fine de Joseph, signe d’une humanité qui s’accomplit dans sa dimension à la fois masculine et féminine.

 Mireille et Eliane

 Oui aujourd’hui nous célébrons la sainte Famille !…et nous pouvons penser tout naturellement à notre Famille ;
– à ceux et celles qui nous ont donné la vie
– à ceux et celles qui nous ont permis de trouver notre place dans le monde !
Nous portons au quotidien,nos quêtes, nos angoisses, et nos certitudes et aussi nos prises de risques : ce matin nous voulons les présenter au Seigneur.
Nous montons au chœur pour nous retrouver autour de la table pour célébrer l’alliance de notre Dieu et Père,ayant bien présents à l’esprit, tous ces visages accueillis et aimés, qui nous ont montré le chemin : ce chemin d’humanité .

Cette année pour la Fête de la Sainte Famille c’est ce que nous avons l’habitude d’appeler « La fuite en Egypte » qui nous est proposé comme Evangile.
Dans un premier temps j’attire notre attention sur le personnage de Joseph.
Lui Joseph accueille les paroles du messager de Dieu « lève-toi, prends l’enfant et sa mère et fuis en Egypte », « léve-toi, prends l’enfant et sa mère et reviens au pays d’Israël. »
Joseph accueille les paroles, mais aussi il les réalise ! Deux mises en route qui nous disent la Sainte Famille .
Souvenez-vous du premier songe de Joseph dans l’Evangile de Matthieu : l’ange lui dit : « ne crains pas de prendre chez toi,Marie ton épouse… elle enfantera un fils,… c’est lui qui sauvera son peuple ! »
Eh bien oui dans le réçit de Matthieu Joseph sauve la mère et l’enfant. Joseph se mettant en route participe à la mission du Christ
La vie donnée, la vie en abondance pour tous .
Joseph, par son humilité et sa disponibilité,sauve le sauveur !
Qui que nous soyons : oui nous sommes appelés à nous mettre en route et à œuvrer pour que vive le monde !
Il s’agit de la Fuite en Egypte et je vous parle de Joseph !
Revenons au texte de Matthieu, Matthieu semble-t-il ,tient à nous donner des bases solides :
Nous faisons partie d’un peuple de chercheurs d’étoiles Chercheurs de Dieu, peuple qui a une longue histoire,
Nous faisons partie d’une grande famille, marquée par ses mésalliances et ses alliances.
Reprenons l’itinéraire parcouru par la Sainte Famille et pour cela reprenons des mots.
+ L’Egypte : terre de refuge et terre d’accueil.
– Abraham pour fuir la famine s’y réfugie !
– Jacob y vient pour retrouver son Fils Joseph
– Moïse y est sauvé des eaux !
et après une mise à l’écart nécessaire y revient pour libérer, ses frères , ses compatriotes !
L’Egypte pour le peuple hébreu est aussi le Pays de l’exil , le pays de l’esclavage. Jésus, lui, sera le nouveau Moïse ;
Le prophète l’avait dit : « d’Egypte j’ai appelé mon Fils »
Un autre mot : la Galilée : il ne s’agit pas de la Judée ! de Jérusalem…L’explication nous est donnée :
La présence d’Archelaüs , guère meilleur que son père Hérode qui fit tuer tous les enfants de son territoire.
– la Galilée devient terre d’accueil pour la sainte Famille
– la Galilée, ce lieu où les races les plus variées cohabitent.
– la Galilée qualifié de Galilée des Nations,
où les personnes plus disposées que les judéens à accueillir la Bonne Nouvelle :
Jésus y proclamera les Béatitudes, Galilée où lui Jésus donnera rendez-vous à ses amis
après la résurrection . Allez dans le monde entier enseigner à pratiquer mes commandements
je serai avec vous jusqu’à la fin des temps.
Nazareth. Troisième mot. A noter qu’il s’agit d’un petit village inconnu dans l’Ancien Testament ;
L’humilité est confirmée : seul élément indispensable pour annoncer la Bonne Nouvelle à tous et spécialement aux pauvres.
Récit de la fuite en Egypte et du retour à Nazareth, une belle histoire !
Mais beaucoup plus, c’est le programme de Jésus, le nouveau Moïse venu pour que tous les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance.

Gérard Wybo

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