Saine colère ?

Giotto (Padoue). Même les anges expriment leur colère.
Giotto (Padoue). Même les anges expriment leur colère.

J’entends mon petit garçon de huit mois crier. Il m’exprime sa colère ! Tout rouge, il hurle en me regardant d’un air rageur ! Il me dit son besoin : être pris dans les bras pour vérifier l’attachement que je lui porte ? Tenir ce jeu ou cet objet auquel il n’accède pas ? Un peu de lait pour se nourrir et surtout retrouver l’alcôve protectrice et sûre du sein nourricier ? Difficile à certains moments d’accueillir cette colère, le désordre, le bruit et le dérangement qui en résultent.

Et pourtant, n’est-elle pas gage de sa bonne santé ? Gage d’une énergie et d’une envie de se développer, de grandir, de prendre soin de soi en exprimant ses besoins et en s’affirmant ? A-t-on bien raison, nous adultes, de sans cesse conseiller/demander aux enfants de « rester calme », de « ne pas se mettre en colère car cela ne sert rien » ? N’est-ce pas plutôt pour notre confort et éviter le désordre que l’expression de la colère engendre ? Et moi, qu’est-ce que je refoule quand je décide de ne pas exprimer ma colère ? Et comment ce refoulement va-t-il un jour s’exprimer car, de toute évidence, il va s’exprimer…

Le Christ se met à plusieurs reprises en colère. Il nous invite à l’indignation plutôt qu’à un comportement lisse et plus socialement accepté. « Accueillir la colère de Jésus encourage à accueillir sa propre colère » dit Lytta Basset.

Comment accueillir sa propre colère sans tomber dans la violence et comment accueillir la colère de l’autre, comme source de relation ?

Sylvain Tessier

billet du dimanche 15 novembre 2015

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