Saint-Merry, carrefour des convictions

Plusieurs se déchirent au nom de leurs convictions religieuses. Pire, quelques-uns tuent au nom d'une conception dévoyée de l'Islam. D'autres cherchent à vivre la fraternité fondée sur les valeurs de leur foi.

L’événement exceptionnel de la « Nuit Sacrée », le 28 mai dernier, a ravivé au sein de notre communauté l’intérêt pour le dialogue interreligieux. Plusieurs membres du Centre pastoral sont depuis longtemps engagés dans ce dialogue à travers diverses associations. Des initiatives nouvelles voient le jour. Le Pôle « Solidarités – Fraternités » offre à tous un lieu de concertation.

À la suite de l’assassinat du père Jacques Hamel, des chrétiens et des musulmans se sont retrouvés à la messe célébrée en son hommage à Saint-Merry. Avec d’autres, ils ont rédigé une charte pour les petits groupes islamo-chrétiens qui se mettent en place. Ils souhaitent que musulmans et chrétiens apprennent à mieux se connaître, à comprendre la culture et la spiritualité de l’autre. Ces groupes ont commencé une lecture commune du livre de Henri de la Hougue et Saeid Jazari Mamoei : Dieu est-il l’auteur de la Bible et du Coran ? (éditions Salvator).

_DSC1004Le dimanche 13 novembre, jour de commémoration des attentats du Bataclan, un groupe de Saint-Merry s’est retrouvé à la Grande mosquée de Paris pour participer à la septième « Marche sur les pas de l’émir Abdelkader et de frère François » organisée par diverses associations impliquées dans le dialogue interreligieux, sous l’égide du Gaic (Groupe d’amitié islamo-chrétienne) dont plusieurs d’entre nous sont membres.

Une cinquantaine de participants, musulmans et chrétiens, se sont rencontrés pour prier et méditer ensemble : ce fut un moment émouvant et d’une grande profondeur spirituelle. Ce fut aussi une occasion de mettre en avant le rôle de ces deux grandes figures spirituelles, l’émir Abdelkader et saint François. Ils se sont illustrées dans le dialogue mutuel entre leur propre tradition religieuse. Ils ont marqué leur siècle d’abord par une vie « sainte », terme dans lequel l’Islam et le Christianisme peuvent se retrouver pour qualifier ces deux figures. Ensuite, par l’exigence qu’ils ont mis tout au long de leur existence à reconnaître dans autrui l’égal d’eux-mêmes, et à s’enrichir de la différence plutôt que de la refuser.

Avant cette rencontre, le dimanche 6 novembre, certains d’entre nous ont assisté, à Houilles, à une conférence de Fouzia Oukazi, historienne algérienne, sur l’émir Abdelkader. À cette occasion, nous avons découvert la « Maison de la Paix » qui se veut « un symbole de notre maison intérieure, le cœur, l’espace sacré qui détient l’Amour et la Connaissance infinis, la Paix et la Félicité absolues » et qui propose des activités de méditation, des conférences et des rencontres interspirituelles dans un espace de « spiritualité vivante et ouverte », enracinée dans la tradition soufie, et « destinée aux personnes de toutes appartenances cultuelles et culturelles. »

                                                                                                         Bruno de Benoist

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