Saint-Merry, la Veillée Pascale

Ce temps d’obscurité, il y a 2000 ans, ce fut le temps de la longue nuit après la mise à mort du Christ sur la croix. Est-elle celle de notre immense espoir que la vie est plus forte que l’échec, que l’amour triomphera de la mort ?

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Au cours de cette Nuit Pascale Elisabeth-Cécile a reçu le baptème, Arthur et Daisy ont été confirmés.

Le silence :

Cette veillée commence par un temps de silence et de prière dans l’obscurité.
Ce temps d’obscurité, il y a 2000 ans, ce fut le temps de la longue nuit après la mise à mort du Christ sur la croix. Pour ses disciples ce fut le temps de la débandade. Pour Pierre, ce fut le temps du reniement. Pour la foule, sans doute l’indifférence. Seules quelques femmes restèrent dans l’espérance, que tout ce qu’elles avaient vécu avec le Christ ne pouvait pas se terminer sur un tel échec…
Et pour nous, que signifie cette nuit ? Est-elle celle du désarroi, de la peur, du doute, de l’indifférence, de nos aveuglements, de nos propres reniements ? Ou est-elle celle de notre immense espoir que la vie est plus forte que l’échec, que l’amour triomphera de la mort ?

nb 2007L’obscurité :

Seigneur des lieux obscurs, où es-tu ?
Est-ce qu’on a quelqu’un d’autre à qui vraiment parler dans la nuit ?
Nuit de l’enfant né sur les routes de l’exode.
Nuit  de la famille juive  fuyant les  coups du  tyran, du massacreur fou .
Nuit de l’homme qui marche sans  repos  ni lieu fixe.
Nuit d’adoration secrète et silencieuse.
Nuit de l’assoiffé, fatigué  sur la margelle du puits
Nuit en plein midi.

Seigneur des lieux obscurs, où es-tu ?
Nuit  de l’homme qui parle sans bruit ni puissance.
Nuit  face aux pharisiens, aux prêtres, aux vertueux féroces.
Nuit obscure devant la fillette morte et sa mère déchirée,
Nuit de larmes devant le cadavre de l’ami  qui sent déjà,
Noyau noir du malheur

Seigneur des lieux obscurs, où es-tu ?
Nuit obscure où un  baiser trahit,
Nuit des dormeurs affolés,
Nuit des ricaneurs, des comploteurs, des juges iniques,
Nuit des perdus d’avance sans procès.
Nuit gelée.

Seigneur des lieux obscurs, où es-tu ?
Nuit obscure où  descendre pour de bon, cassé, à bout.
Nuit du mourant sans main dans sa main,
Nuit passée  a écouter son coeur battre pour un absent
Nuit de la prière tarie,

Est-il un Dieu supportable ? celui qui est avec nous  dans la ténèbre.
Seigneur des lieux obscurs, dis-nous le passage au fond.
Nuit qui nous guide, Soleil de toute nuit,  feu qui  n’en finit pas .

Claude Plettner

La Résurrection :

Préface
Vraiment, en cette nuit de la résurrection, c’est « formidable » de pouvoir rendre gloire à ce Dieu qui se révèle Père, à ce Dieu invisible qui se donne à voir dans son Fils Jésus le Christ.

C’est lui qui donne la vue aux aveugles, la parole aux muets, et libère les esclaves de leurs chaînes.

O nuit de vrai bonheur, où l’homme rencontre Dieu dans la pauvreté de son être, dans son désir d’aimer, dans une réconciliation où la liberté du Fils trouve sa reconnaissance dans les mains du Père, où la confiance comme acte de foi devient le lien de la fraternité entre les hommes et les femmes de l’espérance.

Oui. Le Christ est vraiment ressuscité. Alleluia. Alleluia.

Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, de t’offrir Seigneur notre action de grâce  par ton Fils Jésus le ressuscité.
C’est lui qui transforme le vin d’hier en vin nouveau lors des noces de Cana, celles de l’amitié
C’est lui qui guérit l’enfant en aidant son père, officier royal, a devenir vraiment père dans un lâcher-prise
C’est lui qui libère le paralytique de la piscine de Bethzatha, près de la porte dite des Brebis, pour qu’il accède lui-même à sa propre vie
C’est lui qui multiplie les pains pour nourrir la foule qui a faim d’amour et de fraternité
C’est lui qui marche sur les eaux pour donner envie à ses disciples d’en faire de même, de marcher sur les routes de l’humanité malgré les incertitudes de la vie, les peurs de l’inconnu et la fragilité du désir
C’est lui qui rend la vue à l’aveugle-né en l’invitant à se débarrasser de la culpabilité dans laquelle l’enferme le village, en l’invitant par-là même à devenir lui-même.
C’est lui qui sauve Lazare du tombeau de la dépression, du découragement et de la perte de confiance.
C’est lui, enfin, qui lave les pieds de ses disciples, qui lave nos pieds à nous aussi, pour nous libérer de notre envie de toute-puissance afin que nous puissions entendre l’appel des autres et nous mettre à leur service, dans l’acceptation de l’imprévu de l’histoire et la reconnaissance de l’humain de l’homme.

 

 

 

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