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Se renouveler sans cesse

Dimanche 4 août

Première lecture   (Qo 1, 2 ; 2, 21-23)
« Que reste-t-il à l’homme de toute sa peine ? »
Psaume   (Ps 89 (90), 3-4, 5-6, 12-13, 14.17abc)
D’âge en âge, Seigneur,
tu as été notre refuge.
Deuxième lecture   (Col 3, 1-5.9-11)
« Recherchez les réalités d’en haut ; c’est là qu’est le Christ »
Évangile   (Lc 12, 13-21)
« Ce que tu auras accumulé, qui l’aura ? »

Commentaires des textes

Des 3 textes qui nous sont proposés dans la liturgie de ce dimanche, le groupe de préparation a retenu, pour fil rouge, le propos de Paul que je cite « pour se conformer à l’image de son créateur, l’homme nouveau se renouvelle sans cesse en vue de la pleine connaissance » ; nous avons résumé sur le lutrin par les mots « se renouveler sans cesse ». Complétons ce propos, par la parole de Jésus, lue dans l’évangile de ce jour : « gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède ».
Le noyau dur de l’enseignement de ces textes est maintenant posé ; il concerne la façon dont nous conduisons notre existence. Paul dit encore « Faites donc mourir en vous ce qui n’appartient qu’à la terre : débauche, impureté, passion, désir mauvais, et cette soif de posséder, qui est une idolâtrie » ; ces propos pourraient nous conduire à condamner notre monde et ses travers (la finance destructrice, le pouvoir dominateur et orgueilleux, l’égoïsme…), voire à nous culpabiliser de l’homme mauvais qui est en nous. Nous vous invitons plutôt à privilégier l’expérience de dépossession, face à l’avidité et au positionnement social qui découle de la possession de biens.

Jésus décrit un riche propriétaire, qui n’a souci que de s’enrichir, pour jouir de l’existence ; une avidité qui lui donne aussi d’être reconnu dans la société pour ses possessions. A qui profite le « crime » oserais-je dire ? A lui seul, même pas à sa famille, ou à sa tribu, qui ne sont pas nommées ici, et encore moins la mise à disposition de ces richesses à d’autres. ET Jésus poursuit : « tu es fou, cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé,
qui l’aura ? » ; et il ajoute « Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu ».
Cette même réflexion est aussi celle du rédacteur du livre de Qohèleth dans l’ancien testament, que nous n’avons pas lu ; il y est écrit « que reste-t-il à l’homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil ? » et il conclut « Vanité des vanités, tout est vanité ! ».

Prenons toutefois recul avec le terme vanité, que nous traduisons en premier lieu souvent par orgueil, prétention, et attachons-nous à son sens originel, traduit de l’hébreu par les termes « buée de buée, vent, ce qui est vain, sans solidité, sans durée ». Ainsi l’avidité, ou la possession maladive, conduit-elle à ce qui est vain, au regard de la vraie richesse, qui se trouve « dans les réalités d’en haut » comme dit Paul. Sans doute nos expériences de dépossessions successives nous conduisent-elles à cet homme nouveau, sans cesse en devenir au fil des dépossessions ; des dépossessions inscrites au quotidien : abandon de certitudes, prise de recul face à des combats menés et perdus alors que nous recherchions plus de justice, souffrances de ne pas être compris, aimés dans nos croyances et implications. Ajoutons des réflexions qui souvent sont nôtres et conduisent à d’autres dépossessions : l’interrogation sur l’utilisation et la mise à disposition de nos biens, voire même la perspective de notre mort et les dépossessions que cela suppose.
Alors pour que ce combat prenne tout son sens ici-bas, Paul nous propose de nous resituer en priorité dans notre relation avec le Christ, et de vivre la fraternité qui en découle : Paul dit : « il n’y a plus le païen et le Juif, le circoncis et l’incirconcis, il n’y a plus le barbare ou le primitif, l’esclave et l’homme libre ; mais il y a le Christ : il est tout, et en tous », le choix à faire au-delà du positionnement social qu’il évoque ici. Faisons alors nôtre la conclusion du psaume :
« apprends-nous la vraie mesure de nos jours : que nos cœurs pénètrent la sagesse. Rassasie-nous de ton amour. Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu ! Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains ».

Au moment du baiser de paix

Rappelons nous le propos de Paul « il n’y a plus le païen et le Juif, le circoncis et l’incirconcis, il n’y a plus le barbare ou le primitif, l’esclave et l’homme libre ; mais il y a le Christ : il est tout, et en tous »

Anfré Letowski

 

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