On s’en est allés

« Combien de lunaisons Pour voir arriver l’aurore, Combien de gestes de tendresse de notre part Pour s’aimer comme il se doit ? » Nouveau volet de notre psautier. Jacqueline Casaubon réécrit en paroles et en images le psaume 126

Psaume 126

On s’en est allés

Je t’appelle, Seigneur,
Vois notre monde désemparé
Chacun est dans son sillon.

Les captifs pris en otage, torturés,
Et tous les enchaînés à la misère,
Leurs  sillons sont fermés.

Les émigrés contraints de quitter leur sillon à l’agonie,
En quête d’un pays hospitalier.
Les petits pas de leurs enfants
Trébuchent sur leur sol desséché.
Assoiffés, affamés, ils appellent au secours,
Leur cri fera-t-il écho dans nos déserts ?

Les désespérés, ceux qui ne crient plus,
Perdus dans une extrême pauvreté.

Et nous, enfermés dans nos sillons
Aurons-nous envie d’être bousculés, dérangés…

 

Tous, on s’en est allés
Bien tristes et désemparés

Combien de lunaisons
Pour voir arriver l’aurore,
Combien de gestes de tendresse de notre part
Pour s’aimer comme il se doit ?
On cherche dans nos horizons.

On s’en est allés
On a marché, on s’est rassemblés

Tous ensemble, en creusant les sillons de la terre entière
La semence a germé, la graine de sénevé
Est devenue  arbre immense
La mesure de notre foi, de notre espérance.

 

Le jour s’est levé,
Ensemble on est revenus en criant de joie
Les bras chargés d’amour, de tendresse et de justice…

Jacqueline Casaubon
4 avril 2014

 

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