Saint Dominique, de Fra' Bartolomeo, couvent de San Marco (Florence)

Silence

Là, il faut que j’écrive mon billet pour Saint-Merry mais je suis sec. Nada. Rien à dire. Comment ça tu n’as rien à dire ? Non je ne vois pas. Mais regarde autour de toi, l’actu est riche en ce moment, ne trouves-tu pas ? Oui c’est vrai, mais que dire de plus, de nouveau ?… Et le dernier livre que tu as lu ? Le dernier film ? La dernière expo ? Tu pourrais au moins partager ça avec tes lecteurs? Ah oui, tiens je pourrais parler de Merci patron, j’ai adoré. Mais tu sais, en-dehors de dire « allez vite voir ce petit bijou », je n’ai pas la prétention d’apporter une analyse plus pénétrante que celles qu’on a pu entendre ou lire sur la toile. Et Nuit debout ? Toi le bobo-parisien-catho-de-gauche, ça t’émoustille pas? Ah si, ouais, on dirait que ça commence à swinguer dans ce pays. À suivre…

Curieux état que celui du muet social. N’avoir rien de plus à dire. Trouver, un moment, vaine la parole. Est-ce tolérable, dans cette société, où chacun, à coup de clic, est sommé de « lâcher ses com » sur tout, de la crise des migrants à la gifle d’Hanouna? Faire l’expérience du silence. Ce qui ne veut pas dire être indifférent, étranger. Non. Seulement ne pas chercher coûte que coûte à en placer une.

Et si on instituait une semaine, une journée… une heure du  » Grand Rien-à-dire International » ? Silence-radio planétaire ! Au passage on fait taire aussi les armes. Et on voit. Ou plutôt on écoute. On écoute quoi ? Le murmure de ce Dieu qui attend gentiment, silencieux.

Et qui parfois en place une. Vous l’entendez ?

Laurent Seyral

Billet du dimanche 1er mai 2016

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.