Six-Six

Aïe aïe, je le sens, ça va arriver : la fin d’homélie va annoncer un « 6×6». Qu’est-ce que je fais ? Je ne connais personne autour de moi, j’ai juste salué vaguement au début de la célébration. Au secours ! M’éclipser discrètement ?  Aller m’asseoir dans un coin ? Je suis affreusement gêné.
Ça y est, on bouge les chaises et ça commence par un silence. On tortille  entre ses mains le papier sur lequel il y a LA question. Qu’est-ce que je vais pouvoir dire d’intéressant ?
1ère piste: mes conviction, mon point de vue, mes croyances. Peu de risques : on ne va pas entamer une polémique en plein moment fraternel.  On écoutera donc respectueusement le point de vue de l’autre, sans polémiquer.
2ème piste : l’expérience de vie. Mais moi, je n’arrive pas à démarrer comme ça une confidence  ou un témoignage ! Non pas que je craigne d’être jugé, je redoute seulement de ne pas être compris. C’est si court !
Le vide m’envahit, au secours ! Lâchement, je me tais en attendant que quelqu’un parle. Oh ! Il suffit d’attendre ! Le silence est tellement difficile à supporter qu’il y aura bien quelqu’un qui se lancera. Voilà, ça y est, qu’est-ce que je vous disais ?  On écoute… Et moi ? Panique ! Je creuse ma tête, je prie l’Esprit-Saint. Rester sans rien dire pendant 6 minutes, ce ne serait pas fraternel…
Et puis tout d’un coup, un peu avant la fin, je me lance. On me regarde, on m’écoute…
Voilà, les 6 minutes sont finies. Mais qu’est-ce qui me prend ? Me voilà tout content.
Miracle !

François Delivré
Billet du dimanche 19 avril 2015

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.