Sortons de notre sommeil

 
Veillez donc,
car vous ne savez pas quel jour
votre Seigneur vient.
Dimanche, 27 novembre 2014

1ère lecture : Le Seigneur rassemble toutes les nations
dans la paix éternelle du royaume de Dieu (Is 2, 1-5)
Psaume : Ps 121 (122), 1-2, 3-4ab, 4cd-5, 6-7, 8-9
2ème lecture : « Le salut est plus près de nous » (Rm 13, 11-14a)
Evangile : Veillez pour être prêts (Mt 24, 37-44)

Mot d’accueil célébration du 27 novembre 2016.

Bonjour, soyez tous(tes) bienvenu(e)s.
Merci à vous qui êtes peut-être juste de passage
de vous joindre à la prière de notre communauté.

Une bienvenue particulière à Sifan.
Après la célébration, avec la grande sœur Yididya,
elle nous présentera son bébé, Dhambali,
qui est né le 18 septembre.

Nous sommes le 1 er dimanche de l’avent, temps d’attente.
Mais pas de passivité dans cette attente !

Lors de la préparation, nous avons remarqué
que les textes d’aujourd’hui évoquent du mouvement,
du déplacement, extérieur et intérieur.

C’est bien ce chemin que nous voulons suivre
tout au long de cet Avent avec la thématique exprimée dimanche dernier :
« craindre-espérer ».

Que de raisons d’avoir peur !
« Craindre-espérer »,
comment le vivons nous au cœur de plusieurs défis
dans notre monde d’aujourd’hui :
– les migrants
– le soin à notre planète
– vivre ensemble ou replis identitaires
– la pauvreté et la mondialisation,
autant de situations que nous déclinerons
tout au long des dimanches à venir,
sans oublier que «tout est lié » comme nous le dit le pape François
dans son encyclique Laudato si.

Aujourd’hui, les migrants seront nos compagnons de route.
Ils savent concrètement ce qu’est le déplacement,
ils nous invitent à vivre l’accueil « en fils d’un Dieu nomade »
chanterons-nous tout à l’heure.

Oui, avec ce Dieu nomade, ne nous endormons pas,
osons sortir, certains qu’Il nous emmène sur des chemins d’espérance !
Oui, oui, « Partons » !

Myriam Glorieux
Introduction aux lectures

Lors de la préparation, nous avons choisi de lire les trois textes du jour,
mais dans l’ordre inverse de l’ordre habituel.

Cet ordre nous a en effet semblé plus logique,
car il traduit le cheminement
qui doit nous mener de nos craintes à l’espérance.

Dans l’Evangile, c’est le temps de l’insouciance
(chacun vaque à ses occupations),
mais c’est aussi le temps d’une certaine crainte :
la crainte de ne pas monter à temps dans l’arche de Noé,
la crainte d’être surpris par l’arrivée du Seigneur
comme nous pourrions être surpris par un voleur.

Dans son épitre aux Romains, Paul nous rassure :
le salut est plus près de nous maintenant.
Comportons-nous bien, sortons de notre sommeil
et revêtons-nous du Seigneur Jésus Christ.

Enfin, Isaïe est par excellence le prophète de l’espérance.
Il nous parle de Jérusalem,
cette cité qui rassemblera toutes les nations.
Il évoque un temps de paix, de lumière, de justice.

Alors ce matin, comme les migrants qui surmontent leur craintes
pour aller vers un avenir meilleur,
ouvrons nos cœurs à l’espérance.

Vincent Moreau
Homélie

Le thème proposé à notre méditation tout au long de l’Avent 2016 dans notre paroisse est
« craindre et espérer ». Nous réfléchissons aujourd’hui sur le défi du « migrant ».

La question du migrant fait couler beaucoup d’encre, et les images
que véhiculent la presse et les réseaux sociaux nous en donnent l’ampleur :
des hommes, des femmes et des enfants qui partent, traversent mers, rivières et déserts
-mais aussi de nombreux morts- fuyant la guerre et toutes les atteintes aux droits humains.

Au cœur de toute migration, il y a le mouvement, le saut dans l’inconnu.
Ce besoin de partir d’un lieu à un autre, d’un état à un autre, d’une situation à une autre,
le migrant le vit comme une urgence vitale. Rien n’entrave sa marche.
Son objectif, c’est le mieux-être, le plus-être :
sa dignité d’homme, dans le plein exercice de ses libertés.

Il part donc, comme partit naguère Abraham, notre père dans la foi, sur ordre de Dieu.
Car c’est le Seigneur qui guide l’histoire des hommes.

Le prophète Isaïe parle de nombreux peuples qui viennent de toutes les nations ;
des hommes et des femmes en mouvement, vers la montagne de la maison du Seigneur.
Méditer sur ce thème de migrants en ce début de l’Avent sonne à nous
comme une invitation à revisiter notre propre démarche de foi,
en vue de sortir, comme le dit St Paul, de notre sommeil.

Nous voilà nous aussi migrants, pris dans le tourment de nos peurs et de nos angoisses,
de nos précarités et de nos fragilités, dans notre monde divisé,
en proie à toutes les formes de violence.
Nous voilà migrants, victimes de nos propres choix, de nos propres décisions.
Nous sommes migrants, nous qui en nous-mêmes créons parfois le chaos,
surtout avec notre indifférence et notre méfiance face à la misère et au cri de l’autre.

Peut-être craignons-nous l’inconnu de l’ouverture à l’autre, de l’écoute, de l’accueil.
Peut-être craignons-nous le « qu’en dira-t-on » ?
Peut-être préférons-nous nous situer dans cette logique du
« nous avons vu venir, mais nous n’avons rien voulu faire ».

Possible que l’autre soit une charge. Possible qu’il soit une chance aussi.

Nous sommes de ces migrants, victimes, comme le souligne le pape François,
des logiques mortifères qui disent la banalisation du mal et du péché.
Nos propres familles -comme nos différents milieux de vie-
sont parfois le lieu où nous exprimons nos précarités et nos fragilités,
ces œuvres de ténèbres que fustige St Paul dans sa lettre.

Mon voisin, tout comme mon frère, peut être une source de conflits et de tensions,
ç’est à dire source de péché. Cette vieille tension entre frères
qui parfois remonte en surface à certaines occasions.
Dans ma propre famille, je suis ce père -ou cette mère- qui sait tout, qui dicte tout,
à qui personne ne discute rien, intransigeant sur tout, ne pardonnant rien.
En tout cas pas à ma fille que j’aime tant mais qui rentre grosse à la maison.
Pas à cet enfant sur qui j’ai tant misé, mais qui croule aujourd’hui
dans la drogue, l’alcoolisme et le sexe. Surtout pas à mon voisin,
dont le chat et/ou l’enfant bouleversent tant ma quiétude.
A côté de nous, des familles se déchirent dans l’indifférence générale ;
certaines sont en instance de divorce.
Tout cet étranger, à ma façon de voir et de dire le monde,
surtout s’il n’est pas de mon rang social ; surtout s’il n’est pas de ma culture,
de la couleur de ma peau -il est différent de moi :
pourtant ne se réalise-t-on pas mieux en s’ouvrant à l’autre ?
Le dialogue avec l’autre n’ouvre-t-il pas à plus de richesse ?
– il ne peut constituer un obstacle à ma vocation de témoin de l’Évangile.

Et justement, ma famille, mon milieu de vie devraient être
ce premier lieu théologique, ce premier lieu d’Évangile.

Et si nos cœurs disaient le bonheur d’être la demeure de Dieu ?
Et si nos cœurs chantaient le bonheur d’être chrétiens ?
Et si nos cœurs disaient simplement le bonheur d’être hommes ?

Voilà pourquoi justement le temps de l’Avent nous met en mouvement.
St Paul fustige en nous ces œuvres de ténèbres qu’il nous invite à quitter.
Il nous hâte de revêtir des armes de la lumière.

Mais faisons attention à tous les nôtres, afin que personne n’échappe au salut de Dieu.
C’est ensemble que nous sommes orientés.
Merci Noé pour ton bateau. Des hommes ont été sauvés. D’autres sont allés à leur perte,
comme coulent encore aujourd’hui dans les mers des hommes et des femmes ;
comme périssent encore des hommes et des femmes dans les déserts.

Désert de nos cœurs et de nos propres vies. Déserts et mers qui disent la mort de Dieu.
Non. Dieu n’est pas mort. Parce que Dieu n’est pas une invention des hommes.
Le voilà qui vient encore par son Fils à nous, pauvres migrants.

Faisons-lui large place.
Préparons-nous à L’accueillir.
Que notre espérance nous soutienne.

Amen.

Père José-Egilde

Prière universelle

Dieu de tendresse,

nous te prions pour Guisi Nicolini, la maire de Lampedusa,
qui, avec courage et ténacité, a réussi à changer le regard des habitants de l’île :
ils accueillent désormais avec bienveillance les naufragés de Méditerranée ;
puisse son exemple être suivi
par beaucoup d’autres responsables de nos communautés citoyennes !

Dieu de tendresse,

nous te prions pour les militants d’Acoge qui, sur les plages du sud de l’Espagne,
ramassent avec affection les corps des migrants rejetés par la mer
et leur assurent une sépulture digne dans des cimetières
–où parfois des chrétiens leur refusent un emplacement-

Dieu de tendresse,

nous te prions pour ces femmes philippines
passées par la Turquie et rencontrées à Limassol, sur l’île de Chypre,
hébergées moins bien que les chiens et les voitures de leurs maîtres;
elles ont eu le courage de monter une coopérative de travaux ménagers
retrouvant ainsi une part de leur dignité malmenée.

Bruno RB
Dieu de tendresse,

nous te confions ce jeune couple de Côte d’Ivoire,
rencontré récemment,
chassé par leur famille,
exclu de leur communauté.

Ils ont marché d’Abidjan à Benghazi en Libye,
obligés avec violence à embarquer dans une barcasse,
traversé la la Méditerranée.
Ils ont craint pour leur vie.
Ils ont débarqué à Lampéduza,

Puis, ils ont continué leur long chemin plein d’embûches,
du sud au nord de l’Italie et jusqu’à Paris.
Aujourd’hui à Paris, ils sont démunis de tout,
à la recherche d’un toit, de nourriture, totalement épuisés.

La jeune femme enceinte doit accoucher ces jours-ci.
Ils vont entamer leurs demandes d’asile.
Leurs projets de vie s’appuient sur leur amour,
dans la venue de leur petit
et sur les rencontres pour les aider dans leurs démarches.

Dieu de tendresse, que les portes s’ouvrent,
que les mains se tendent vers eux
afin que leurs craintes, leurs peurs,
se transforment en espérance
dans cette nouvelle vie à construire.

Geneviève P
Dieu de tendresse,

devant les difficultés et les souffrances de ces nombreux migrants,
demandeurs d’asile, réfugiés qui arrivent dans notre pays, dans notre ville,
nous sommes tentés de sombrer dans l’impuissance, dans l’indifférence, dans la peur!

Mais Toi, à travers les relations et les liens noués avec ces personnes,
Tu nous donnes un signe qui nous tourne vers la persévérance, la confiance, l’espérance!
Ainsi le jour où j’ai reçu Dilwar, un jeune homme du Bangladesh,
il était seul car sa femme est traumatisée depuis leur fuite et leur voyage jusqu’à Paris,
et leur petite fille d’un an, née en France, souffre de malnutrition.

Par où commencer ? La santé de l’enfant?
Celle de jeune mère blessée jusque dans son équilibre psychique ?
Le logement ? Une adresse stable qui permette de commencer un dossier?
Tentation de l’impuissance, mesure de notre faiblesse, de nos limites.

Quand le lendemain, j’ai accompagné à la Préfecture, Hamda, jeune somalienne,
arrivée en France mineure, il y a plus de 10 ans et qui avait eu un refus de séjour
avec Obligation de quitter le territoire, nous avons attendu.
Mais, son recours au Tribunal administratif ayant été accepté,
elle a obtenu un Récépissé pour une carte de séjour!
Bonheur d’une jeune femme pour qui la vie commence!
Signe d’une lumière qui se lève pour nous !

Dieu de tendresse, nous te rendons grâces!
Céline D.

Prière eucharistique

. Le Seigneur soit avec vous _ Et avec votre esprit
. Élevons notre cœur _ Nous le tournons vers le Seigneur
. Rendons grâce au Seigneur notre Dieu _ Cela est juste et bon

Vraiment, il est juste et bon de te rendre gloire, Pasteur Éternel,
nous tes enfants, migrants de par notre état.
Nous voulons partir des périphéries de nos existences : nos fragilités et nos précarités,
pour aller à la rencontre de ton Fils, Jésus-Christ notre Seigneur.

Il est déjà venu. Il vient encore aujourd’hui, pour susciter notre espoir
à recréer le monde que tu veux : monde de paix, de justice et de liberté.
Paix, justice et liberté pour chacun de tes enfants.
Oui Père, nous avançons d’un cœur unanime.
Nous voulons converger vers la création de cette « écologie intégrale » où,
dans une vision de fraternité universelle, nous voulons
« porter notre regard sur le pourquoi de nos différents mouvements ».

Et comme nous le recommande ton Fils, nous veillons dans la foi.
Et unissant notre louange à celle des anges, des archanges
et de tous les esprits bienheureux, nous te disons :

Saint ! Saint ! Saint …

Toi qui es vraiment saint, toi qui es la source de toute sainteté,
nous voici rassemblés devant toi, et dans la communion de toute l’Église,
en ce premier jour de la semaine, nous célébrons le jour
où le Christ est ressuscité d’entre les morts.
Par lui que tu as élevé à ta droite, Dieu notre Père, nous te prions …

Sanctifie ces offrandes en répandant sur elles ton Esprit ;
qu’elles deviennent pour nous le corps et le sang de Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Alors qu’il avançait librement vers sa passion, il prit dans ses mains saintes le pain ;
après la prière à toi son Père, il le rompit et le donna à ses disciples
-et nous son assemblée aujourd’hui-
en disant : « Prenez, et mangez-en tous : ceci est mon corps livré pour vous ».

Il fit de même après le repas : il prit la coupe,
et après l’action de grâce, il la donna à ses disciples en disant :
« Prenez et buvez-en tous, car ceci est la coupe de mon sang,
le sang de l’alliance nouvelle et éternelle,
qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés.
Vous ferez cela, en mémoire de moi.

Anamnèse

Nous rappelant la mort et la résurrection de ton Fils, surtout maintenant Seigneur,
que se découvrent de plus en plus des appels à la mise en place
« de réels espaces de participation et de coresponsabilité »,
dans ce but que chaque homme soit pris en compte et s’exprime,
exprime ses joies et ses craintes ; exprime ses libertés dans la maison commune,
nous t’offrons Seigneur, avec notre action de grâce, ce pain et ce vin.

Souviens toi de ton Eglise répandue à travers le monde.
Donne-lui de croître sous la conduite de ceux que tu choisis et guides de ton Esprit :
le Pape François, les Evêques de partout dans le monde et tous ceux
qui ont charge de ton peuple, à tous les niveaux de la grande famille de tes enfants.

Nous portons à ta sollicitude Seigneur, tous nos frères qui, partis de leurs terres,
remplissent ces tombeaux anonymes que sont les mers et les déserts.
Nous n’oublions pas Seigneur, que sur chacune de ces morts,
« il n’y a pas seulement un numéro donné ». Ce sont des vies et des espoirs brisés.
Ce sont des histoires, parce que des personnes.
Des personnes que plus personne sur sa terre ne reverra.
Comme était parti de sa terre Abraham, notre Père dans la foi.
Soutiens les familles éplorées, qui peinent à faire leur deuil.

Souviens-toi aussi Seigneur de tous nos morts,
que l’espérance de la résurrection nous donnera de rencontrer dans ta lumière.

Sur nous tous enfin nous implorons ta bonté.
Nous pouvons te dire combien de partout dans le monde aujourd’hui,
des hommes, des femmes et des enfants, de toutes situations,
élèvent leurs mains vers le ciel et disent, par leurs larmes et leurs cris,
le poids de leur fragilité et leurs espérances.

Aide-nous Seigneur, de nous-mêmes, à briser le mur de la peur,
les bétons de l’indifférence et toutes les forces ténébreuses
enfouies dans nos cœurs et dans nos vies.

Que par l’intercession de la Vierge Marie et de Saint Joseph son époux,
eux-mêmes naguère migrants, et de tous les saints, connus et anonymes,
témoins de ton amour et de ta bonté, nous te disons merci
pour ton regard sur le drame de l’homme d’aujourd’hui,
par Jésus Christ, ton Fils bien aimé.

Par lui, avec lui et en lui, à toi, Dieu le Père tout-puissant,
dans l’unité du Saint-Esprit, tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles.

Amen.

Père José-Egilde

MOT D’ENVOI :

Dans notre attente,
nous sommes invités à nous tenir prêt,
à nous laisser surprendre.

Et comment nous tenir prêts si ce n’est pas être ouvert
à l’ici et le maintenant de nos rencontres,
de notre réalité de vie personnelle et collective.

Alors nous pourrons accueillir l’inattendu, l’inconnu,
« lui ouvrir notre table » comme nous venons de le chanter.
Alors nous marcherons à la lumière de Dieu. Allons-y !

Myriam Glorieux

 

 

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