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Sortons du sommeil, le printemps est là !

Élisabeth Smadja nous propose ici, semaine par semaine, une lecture mystique (et non pas scientifique ou exégétique) du Cantique des Cantiques. Une lecture allégorique dans la ligne des grands maîtres spirituels du passé.

Durant un an, le soir, sous le regard du Bien Aimé, devant le Saint Suaire de Turin, j’ai lu et relu chaque verset du Cantique des Cantiques. J’ai laissé chacune de ses lettres saintes m’inspirer, me parler, s’imprimer en moi, se mêler goutte à goutte à mon sang, se conjuguer avec les lettres de mon histoire pour ne faire qu’un seul livre, qu’une « chair Une ».Ce sont les fruits de ce dialogue intérieur et silencieux, de ce cœur à cœur que j’ai partagé dans le livre qui est paru sur ce sujet aux Editions Salvator, et dont je partage ici, en cette période si difficile que nous traversons tous, avec vous. 
Mon approche n’a donc rien de scientifique ou d’exégétique. Elle est plutôt d’ordre mystique, c’est à dire fondée davantage sur le sentiment et l’intuition que sur la connaissance rationnelle ; elle a pour objet l’union intime et directe entre l’homme et le divin. 
Pour que ton amour s’éveille Seigneur, pour que le nôtre y réponde. Sortons de notre sommeil, le printemps est là : devenons tous, des veilleurs et des éveilleurs pour tous nos frères et sœurs en humanité, tous fils d’un même Père. 

Chapitre 1 
Verset 5

Je suis noire mais je suis belle

Ce sont mes fautes et mes égarements de toutes sortes qui ont mis tout ce noir en moi, Seigneur. Mes épreuves m’ont brûlé le teint et mes blessures m’ont défigurée. Mais malgré tout ce noir, je reste belle parce que mon âme, lampe de mon corps ne s’est pas éteinte, elle brille tout au dedans de moi d’une petite flamme tremblotante et celui que mon cœur aime, celui pour qui rien n’est caché, la voit et m’aime.
C’est toute cette ombre en moi qui aplatit mon être au sol, contre les murs, une ombre appelée à se laisser pénétrer par celui qui est la lumière du monde pour s’élever haut dans le ciel, légère, légère.

 Passer enfin de l’image (tselem en hébreu, contient le mot tsel ombre) à la ressemblance (demout en hébreu, contient le mot dam sang) par le sang de la croix, douleur de l’enfantement dans l’offrande d’une vie qui se donne.

C’est ton regard posé sur moi Seigneur qui me rend belle, un regard qui ne condamne pas mais qui pardonne, un regard qui éveille et relève. Bouleversant regard du Christ posé sur chacun d’entre nous, invitant à nous regarder et à regarder l’autre comme lui nous regarde.
Ne vous fiez pas à mon apparence, regardez-moi de l’intérieur comme celui qui m’aime. Regardez ce « je serai qui je serai », le Nom, en devenir en moi, appelé à naître, à croître et à pousser son chant unique.
Je me souviens de ce temps des délices, ce temps où la lumière traversait nos corps sans rencontrer de barrières, ce temps où il n’y avait pas d’ombre car nos corps n’étaient que lumière rayonnant de Ta lumière, ô mon Dieu, corps lumineux de transparence du premier homme et de la première femme.

Verset 13
Mon Bien aimé est un bouquet de myrrhe qui repose sur mon sein.

La myrrhe est une gomme résineuse qui suinte naturellement du tronc de l’arbre et son odeur favorise le travail de l’éveil intérieur, exaltant les vertus féminines d’ouverture et d’accueil. 

Ce sachet de myrrhe qui repose sur mon cœur, en mon centre, c’est le sang du Christ recueilli de l’arbre de la croix, arbre de vie, de la vie éternelle plantée au milieu du jardin d’Eden. Le sang et l’eau suinte de son côté jusqu’à la fin des temps pour abreuver l’humanité tout entière, en lui, renouvelée.

Verset 17
Mon bien aimé est pour moi une grappe de henné dans les vignes d’Ein Guedi 

Henné, Kofer en hébreu, s’apparente au mot kapara expiation et rachat. 

Tu m’as rachetée Seigneur, tu as couvert toutes mes fautes, tu as donné ta vie en rançon pour la mienne et depuis monte tout au dedans de moi ce lancinant désir de t’offrir ma vie en retour. Une vie qui bien que tiraillée par de multiples forces contraires ne veut cependant que t’appartenir et monter vers toi en odeur agréable tel l’encens sur l’autel des sacrifices. 

Élisabeth Smadja

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