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Source

Le mot de « source » est de ceux qui font rêver. D’une source si humble soit-elle, surgit une eau à chaque instant nouvelle. C’est ce beau mot qu’a choisi Yves Raguin (1912-1998) comme titre d’un livre de 1989 : La Source. Ce jésuite, ayant longtemps vécu à Taïwan, y présente son expérience de spécialiste du taoïsme et du bouddhisme zen qu’il confronte à son expérience de la spiritualité chrétienne.

Il montre comment ces voies d’orient nous aident à percevoir le « mystère manifesté dans la création entière ». La pratique méditative taoïste ou bouddhiste, qu’il faut distinguer, nous initie à ce mystère et nous invite à remonter le fleuve de notre propre vie pour atteindre à sa source et retourner « à la source de toutes choses » « au-delà de toute vie ». Il ne s’agit pas de suivre le Christ mais de le recevoir au plus profond de soi et de se laisser transformer par lui. Expérience qui comporte des passages difficiles et même dangereux, nous dit Yves Raguin, et il se propose de « jalonner » cet itinéraire aventureux « de manière qu’un chrétien y soit à l’aise ».

Les chrétiens d’aujourd’hui pourraient, en étant attentifs à ces voies d’Asie venues de traditions millénaires, apprendre à se désaltérer à l’eau de cette source cachée. « Le Christ, nous dit Yves Raguin, invite à l’expérience d’une autre connaissance, d’une autre vie à laquelle on n’accède qu’en traversant une nuit, un désert, une mort ». Démarche que le taoïsme et le bouddhisme peuvent singulièrement enrichir malgré une différence importante.

Pour les chrétiens, la source s’éclaire aux rayons de lumière de l’Amour.

Alain Merlet

Billet du dimanche 30 avril 2017

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