Dans mon bistrot. 9h50. Je lève les yeux. Sur l’écran, hélicos en chute libre. Père accablé de tristesse. 11h20. Je lève les yeux. Hélicos en chute libre. Père accablé de tristesse. 15h25. Je lève les yeux. Hélicos en chute libre. Père accablé de tristesse… Images à répétition comme un clou qu’on enfonce. Effondrement d’un père, émotion intime offerte en pâture (après celle évoquée dans le précédent billet de Sylvie). Qui a tant besoin de s’abreuver de ce qu’un père peut éprouver à la perte de son enfant ? Evénement dramatique transformé en spectacle médiatique. Dans quelle dépression sociétale veut-on nous plonger ? Et dans ce climat d’amalgame, du « tout va mal » (de près ou de loin) au vote politique, il y a le grand risque d’un mauvais pas…

Dans mon passage parisien. Vendredi. Je lève les yeux. Le long de la grille, bois mort, cadavres organiques. Lundi. Je lève les yeux. Minuscules boursoufflures apparues à la croisée de branches. Mercredi. Je lève les yeux. Préfiguration d’un bourgeon. Vendredi. Je lève les yeux. Débourrement de vert : de la carapace de bois s’extrait la forme d’une feuille contenant une extraordinaire concentration de vie, celle du végétal qui va se déployer cette année.

Pour s’offrir d’autres images que celle du spectacle que l’on nous sert, faites comme moi, choisissez une petite branche, même banale mais que vous croisez tous les matins, et observez-là bien !

Axelle Verdier

 

Billet du dimanche 29 mars 2015

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