To be or not to be

Dans cette société où, globalement, le politique est en faillite, où la parole politique est en échec, l'engagement de l'ACAT pour aider les victimes, pour lutter contre la torture et la peine de mort, est une parole de vérité qui dit l’homme Par Daniel Duigou

Ce n’est pas un hasard si, le samedi 15 novembre, l’une des associations les plus engagées sur le front des valeurs humaines, l’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture), a choisi Saint-Merry pour y célébrer son quarantième anniversaire. C’est parce que c’est nous et parce que c’est eux.
Logo-acatParce que c’est nous qui, depuis le début de notre aventure (quarante ans aussi), mettons au cœur de notre foi « l’agir ». Les philosophes que nous avons l’habitude de citer comme Ricœur, Levinas, Foucault ou Certeau, donnent la priorité à l’acte.
Mais si cette association (l’ACAT) a choisi Saint-Merry, c’est surtout parce que c’est elle. Dans cette société où, globalement, le politique est en faillite, où la parole politique est en échec, son engagement pour aider les victimes, pour lutter contre la torture et la peine de mort, est une parole de vérité qui dit l’homme, et, par là même, ce Dieu de l’homme qu’annonce Jésus Christ.
Dans Hamlet de Shakespeare, dans le passage « To be or not to be », il y a cette phrase énigmatique : «C’est la conscience qui fait de nous des lâches». En regardant de plus près le texte en anglais, le mot conscience renvoie à la culpabilité. Autrement dit : «C’est la culpabilité qui fait de nous des lâches». On pourrait aussi traduire : «C’est la peur qui fait de nous des lâches». En prenant appui sur l’action remarquable de l’ACAT dans le monde, je me dis ceci : à Saint-Merry, dans nos échanges comme dans nos célébrations, il ne s’agit pas d’actionner le levier de la culpabilité pour réfléchir et même prier, mais de témoigner sur la façon qu’a chacun d’entre nous d’être, d’être engagé, pour éveiller encore plus en nous la conscience de l’être-homme, de l’humain. Nous sommes tous porteurs d’une vérité d’homme. Et c’est le « Verbe » qui nous le révèle.

Daniel Duigou.

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