Façade de Saint-Merry : La Paix ...ou Esprit Saint ©fc

Ton souffle devient vie

« Recevez l’Esprit Saint.
    À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Dimanche 4 juin 2017

PREMIÈRE LECTURE

« Tous furent remplis de l’Esprit Saint
et se mirent à parler en d’autres langues » (Ac 2, 1-11)

PSAUME (Ps 103 (104), 1ab.24ac, 29bc-30, 31.34)

DEUXIÈME LECTURE

« C’est dans un unique Esprit que nous tous avons été baptisés
pour former un seul corps » (1 Co 12, 3b-7.12-13)

ÉVANGILE

« De même que le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie :
recevez l’Esprit Saint » (Jn 20, 19-23)

ACCUEIL

Bienvenue à tous et je voudrais dire à chacun !

En effet, aujourd’hui, l’évangéliste Luc nous dit « Ils se trouvaient réunis tous ensemble »
mais les textes parlent aussi de grandes diversités : de nations, de langues, de dons.
Bienvenue à chacun dans la diversité.
Et peut-être, en signe d’accueil, pouvons-nous serrer la main de notre voisin,
surtout si nous ne le connaissons pas !

Lundi, quand nous avons préparé cette célébration nous avons pointé plusieurs diversités
que nous vivons ou avons vécu récemment ici à Saint-Merry :

D’abord, les rencontres de carême sur le thème Foi et citoyenneté.
En voici un court témoignage : « nous avons réussi je crois à franchir la barrière de la pudeur
ou de la peur de perdre une amitié en révélant nos choix politiques. » Oui, oser la différence !

Aujourd’hui, pour cette célébration dominicale, 2 communautés sont rassemblées,
la paroisse et le Centre pastoral, avec chacune leurs dons propres.

Enfin, ce week-end, nous vivons 2 moments forts
d’écoute et d’accueil de diverses spiritualités contemporaines :
hier la rencontre autour des livres et la réflexion sur la fraternité ;
ce soir, et toute la nuit, la rencontre autour de la musique, du chant et l’accueil du souffle.

Nous allons entrer dans notre célébration avec un chant nouveau
composé par le groupe chant de Saint-Merry expressément pour cette fête du souffle.
La phrase du lutrin vient de ce chant.
Oui, aujourd’hui, nous célébrons ce souffle qui devient vie, ce souffle des temps premiers,
ce souffle de l’Esprit, ce souffle qui devient cri, ce souffle qui nous conduit, ce souffle qui nous unit.

Prenons le temps d’apprendre ensemble ce chant et entrons dans la prière
au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Myriam Glorieux

Notre premier texte de ce jour est le début du chapitre 2 des Actes des Apôtres 

L’Esprit Saint descend sous la forme de langues de feu sur les 12 apôtres qui reçoivent
en premier lieu le don des langues qui va leur servir à annoncer la bonne nouvelle
dans toutes les langues de l’univers. Ce texte est très riche mais je voudrais souligner
trois moments importants :

  1. Ce moment : ce sont les apôtres qui sont baptisés par le feu et le souffle de Dieu
    qui leur apporte le don des langues selon la promesse de Dieu lui même,
    alors que le Christ a été baptisé par l’eau du Jourdain et qu’une colombe est descendue sur lui,

  2. Ce moment : c’est l’anti-Babel. Avec la tour de Babel, Dieu disperse les hommes
    qui ont voulu se rendre semblables à lui par orgueil et parlent désormais des langues
    non compréhensibles les uns par les autres. Le don de l’Esprit Saint, c’est l’inverse :
    le rassemblement autour de douze hommes parmi les plus humbles
    qui parlent la langue de chacun de leurs prochains,

  3. Ce moment : c’est celui de la création de l’Église catholique (en grec : universelle)

avec l’envoi en mission pour annoncer l’Évangile dans tout l’univers et dans toutes les langues.

Michel Kineider

INTRODUCTION A LA LETTRE AU CORINTHIENS

Le texte de Saint Paul que nous allons écouter, nous pose beaucoup de questions.

Oui nous sommes un seul corps par le baptême
et nous savons que l’Esprit souffle pour chacun, Juif, païen, esclave ou homme libre.
Quel grand acte de foi, que de le proclamer !
Car il est bien difficile de marcher ensemble, que ce soit dans nos communautés
ou que ce soit avec des frères qui ont une sensibilité très différente de la nôtre.

Sommes-nous plus attachés à notre unité avec nos frères,
ou plus attachés à notre singularité ?
Il y a sûrement là, pour chacun d’entre nous, un travail constant à faire
pour tresser ces deux fils en nous.

Michel Metzger

HOMÉLIE

Chers amis, vous le savez, la question religieuse en France est devenue aigüe.
Certains abritent derrière la religion des revendications et des prétentions politiques,
au risque de vouloir imposer leur loi et de légiférer pour tous.
Pour d’autres, la laïcité serait, sous une forme quasi intégriste,
devenue l’identité exclusive de la France, comme si notre pays n’avait pas à s’enorgueillir
d’un patchwork aussi imposant de religions, où chacun, quel que soit ses convictions
religieuses (ou non), peut vivre une liberté d’expression et de culte, dans des traditions
et des formes de vie diverse, tant que cela ne nuit pas à la vie commune.

N’est ce pas justement ce que nous rappelle la Pentecôte, qui, comme on l’a dit est « l’anti Babel » ?
La pluralité des langues humaines n’empêche pas, mais bien au contraire,
permet aux humaines de chercher à se comprendre, sans croire trop vite qu’ils se comprennent…
car une société où les langues et les religions auraient fusionné et été ramenée à une seule
ne serait plus une société humaine.

Ne cherchons donc pas trop vite à réduire la pluralité des langues et des traditions
qui fait honneur à un pays comme le nôtre. Il y a plus de 20 ans, dans la fameuse
« Lettre aux catholiques de France », les évêques l’ont lucidement accepté.

Je voudrais souligner que cette conversion, initiée par les évêques, reste encore à vivre.
Certes il est parfois difficile de sortir d’une attitude consumériste,
de fonder des engagements durables,
ce qui a pour conséquence l’absence de renouvellement des équipes.

Mais l’interpellation de la Pentecôte nous bouscule aujourd’hui
en prônant un modèle d’incorporation à la communauté qui valorise
l’expérience personnelle et l’accompagnement dans l’écoute de la Parole de Dieu
et à fortiori dans la catéchèse ou le service du prochain, la vie fraternelle.

La communauté n’est pas un lieu de résorption des différences ou d’alignement
mais au contraire un lieu de formation intégrale, d’initiatives partagés,
de transmission des questions et des convictions de foi et le lieu où l’on peut aussi
se laisser bousculer, pacifiquement, dans ses manières de vivre et de croire,
un peu comme y invite ces derniers temps Laudato Si.

Arrive t-on un jour à avoir en Église des communautés qui permettent la rencontre proche,
le vis-à- vis authentique, qui ne trient pas les interlocuteurs
en fonction de leur état de vie ou leur engagement, en n’imposant pas d’avance
des rythmes contraints, des fidélités exclusives, des régularités strictes ?

C’est bien d’abord le vécu communautaire qui peut faire signe,
pour que les gens se rendent compte que le message transmis par l’Église est bon pour eux ?
C’est sous le mode de l’unité dans la diversité que l’ont vécu les apôtres.
Dans un contexte de pluralité de la société où une parole unique n’est plus audible,
n’a ton pas à regarder et vérifier régulièrement ensemble comment la diversité des propositions
mais aussi des charismes et des ministères est bien une chance dans une communauté
pour favoriser la confiance, la coopération et la coresponsabilité mais surtout
pour rejoindre chacun dans la singularité de sa quête.

L’atout de l’Eglise et de sa tradition, c’est bien de proposer une pluralité de modèles
à travers des vies vécues, comme autant de façons de répondre au même appel du Christ.

Jean-François Petit

PRIÈRE UNIVERSELLE

Seigneur, en ce dimanche de la Pentecôte 2017,
insuffle en nous l’audace de la rencontre des peuples.

Le président français vient de rencontrer le président des États-Unis d’Amérique
puis le président de la Russie. Seigneur nous te prions pour que ces rencontres au sommet,
à travers les jeux complexes de la diplomatie, préparent une paix véritable.
Et pour nous, que les choix politiques que nous sommes appelés à prendre ces jours-ci
soient guidés par le souci des plus pauvres.

Seigneur, nous te prions pour que dans ces rencontres internationales
les chefs d’État n’oublient pas les peuples que la pauvreté et la guerre font se rencontrer
dans les prisons de Libye puis sur les barques surchargées de la Méditerranée.
Ils viennent de toutes les nations de la Terre : de Syrie, d’Érythrée, du Soudan,
de Cappadoce, de Phrygie et de Pamphylie, l’actuelle Turquie.

Seigneur fais leur entendre ta voix. Ta voix, c’est celle des artisans de paix,
des sauveteurs de Médecins sans frontières de Reggio de Calabre ou de Lampedusa,
véritables pêcheurs d’hommes, de femmes et d‘enfants qu’il sauvent de la mort.
Paroles de prophètes épris de justice, leur souffle devient cri et fait renaître un monde.
Ces naufragés parlent toutes les langues de la Terre. Fais, Seigneur, que nous les entendions
dans notre propre langue, dans notre langue maternelle.

Jean Verrier

COMME AU MATIN DU MONDE

Comme au matin du monde
Ton souffle devient vie
Suscite en nous l’Esprit
Qui rend nos vies fécondes.

Souffle des temps premiers
Qui plane sur des eaux
De genèse en genèse
Pour un monde nouveau

Souffle de ta présence
Dans la brise légère
Loin des vents en violence,
Des tempêtes en colère

Paroles de prophètes
Épris de ta justice
Leur souffle devient  cri
Et fait renaître un monde

Au souffle de l’esprit
La braise hier cachée
Fait danser feu et flamme
Jusqu’à tout embraser

Prélude à tout départ
De la vie, de la mort
Et du grand large au port
Le souffle nous conduit

Échappé de nos lèvres
Porteur d’une parole
Musique de nos voix
Le souffle nous unit

 

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