Tous associés à la même promesse

Et toi, Bethléem, terre de Juda,
tu n’es certes pas le dernier
parmi les chefs-lieux de Juda,
car de toi sortira un chef,
qui sera le berger de mon peuple Israël. 

8 janvier 2017
L’Épiphanie du Seigneur 

1ère lecture : « La gloire du Seigneur s’est levée sur toi » (Is 60, 1-6)
Psaume : Ps 71 (72), 1-2, 7-8, 10-11, 12-13
2ème lecture : « Il est maintenant révélé que les nations sont associées au même héritage,

au partage de la même promesse » (Ep 3, 2-3a.5-6)
Evangile : Nous sommes venus d’Orient adorer le roi (Mt 2, 1-12)


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Bonjour à tous.
Aujourd’hui, nous allons évoquer les mages.

Bienvenue à tous ceux qui, étrangers à cette église y sont venus soit par hasard,
soit par volonté de partager avec nous cette célébration.
Vous arrivez ici comme les mages avec vos présents
qui ne sont pas l’or, l’encens et la myrrhe,
mais votre présence et votre participation.
Soyez donc les bienvenus parmi nous et n’hésitez pas à vous y exprimer.

Evoquer les mages, c’est célébrer le mouvement vers l’autre, vers l’ailleurs,
l’ouverture vers l’inconnu.
Soyons sûrs que 2017 et les années qui suivront seront marquées ,
dans notre Eglise, par le changement,
la mise en cause de vérités qui n’étaient peut-être qu’un habit occidental
dont nous avons couvert le message de l’évangile,
des restes de coutumes du moyen âge
que nous présentions comme universelles et permanentes
et qui n’étaient en réalité qu’une manière de voir.

Déjà, nous pressentons que la mondialisation de la culture et des échanges
sera accompagnée par des interprétations nouvelles de ce message.
Sommes nous prêts à renoncer à nos habitudes et à nos fragiles certitudes
pour accueillir positivement l’or, l’encens et la myrrhe
que seront pour nous les apports de toutes les cultures du monde
qui enrichiront encore le message de Jésus ?

Et pour commencer, désinstallons nous. Dès maintenant.
Il y a autour de nous, dans cette église, pour partager ensemble le pain,
plein de gens que nous ne connaissons pas, habitués ou pas de nos célébrations,
peut-être seuls, peut-être un peu embarrassés, peut-être craignant de se mêler
aux fidèles plus familiers des rites de de notre communauté.

Donc, nous vous proposons que chacun quitte symboliquement sa place
et aille partout dans l’église, jusque dans le fonds, en suivant son étoile,
vers ceux qu’il ne connait pas, pour faire un sourire, un geste d’accueil,
une parole de bienvenue ou un vœu pour la nouvelle année.
Il s’agit que personne ne vienne partager l’eucharistie avec nous
sans y être personnellement accueilli.
Puis nous reviendrons à notre place ou à une autre,
par un autre chemin comme les mages.

Jean de Savigny

Commentaire des textes du dimanche 8 janvier 2017 – Epiphanie

Ce texte très court de Paul sonne comme une synthèse de son message :
nous sommes tous héritiers, tous associés à la même promesse;
cette promesse c’est, pour moi, de vivre la fraternité humaine en plénitude
malgré les différences ; n’est-ce pas ce que Jésus a vécu?

Dans Isaïe et dans l’Evangile, la Parole tranche entre la lumière et les ténèbres,
entre le cœur plein d’allégresse des mages qui trouvent l’enfant
et celui, cadenassé par la peur, du roi inquiet pour son pouvoir.
Faut-il que ce soit l’étranger qui vienne reconnaitre en un enfant,
le sauveur qu’attendait  Jérusalem ?

Dans les Evangiles, Matthieu est le seul, à parler des mages.
Ce n’est pas bien sûr pas un récit historique,
mais un récit bâti sur des images de l’Ancien Testament
dont Matthieu était pétri (au Livre des Nombres).
C’est de cette façon que Matthieu exprime son expérience de vie avec Jésus.
Il nous dit que « l’étoile qui se lève de Jacob »,
le nouveau Moïse, le Messie annoncé, c’est bien Jésus!

Ce qui frappe aussi dans ce récit, c’est le mouvement, la marche, la curiosité,
le désir et l’audace des mages de quitter leurs pays
pour s’aventurer à la rencontre de « l’inattendu ».
Le voyage entrepris les mène aussi loin qu’on peut aller sur la route
et ils n’en ressortent pas indemnes, car la rencontre change tout
et fait emprunter de nouveaux chemins.
Demandons-nous un instant si cela nous arrive d’être bousculé par la rencontre
avec des personnes différentes au point de modifier nos choix, nos comportements ?
Sommes-nous prêts aussi à bouger, à nous laisser transformer par des opinions différentes?

Jésus, lui, a bousculé tous les codes de son milieu juif….
Il a dénoncé l’hypocrisie des prêtres et des pharisiens, il a invité les collecteurs d’impôts,
mangé avec des pêcheurs, il a parlé à la Samaritaine,
il s’est laissé approcher, toucher par des gens « impurs » selon les codes juifs,
il a fait route avec des hommes mais aussi des femmes qui ont été proches de lui.
A travers sa vie, ses disciples ont été touchés par son message d’ouverture à tous
et sa façon de vivre la fraternité avec les exclus de la société de l’époque.
Pour moi, c’est cela le message, il est inouï, il transgresse tous les codes,
les cloisonnements et les catégorisations.
Et il est ouvert aux femmes et aux hommes de tous pays, toutes cultures et langues !

La période qui s’ouvre en 2017, avec la situation actuelle de notre pays et du monde,
va être une occasion de choix, de changements
mais aussi source de multiples tentations de replis identitaires :
comment se préparer au changement, comment, sans trêve, combattre les préjugés ?
… les nôtres en premier, car nous en avons tous !
Comment laisser tomber nos limites défensives envers l’autre ?
Comment ne pas être pris en otage d’un groupe d’appartenance, mais exprimer une différence ?
Saurons-nous être pleins de désirs et audacieux comme les mages,
pour nous décider à partir sur un chemin qui semble incertain,
saurons-nous aussi écouter d’autres points de vue, prendre le temps de discerner ?
Lors de la préparation, nous avons évoqué nos conforts à rester dans l’entre soi,
les difficultés à franchir nos cercles habituels, à aller à la rencontre de personnes différentes,
parce qu’elles nous bousculent, nous remettent en cause…
Mais est-ce qu’elles ne nous font pas voir aussi plus large,
autrement, en enrichissant notre humanité ?

Et ce matin, lors de l’atelier « Foi et Politique »,
il a été question d’avoir le sens des « ensemble », de savoir écouter sans présupposés,
d’être dans un débat respectueux, et de refonder, avec appétit et espérance,
ce qui nous tient « ensemble »

La plénitude de l’humanité vécue par le Christ,
n’est-elle pas ce que nous avons de meilleur à partager avec nos frères ?
Comment chercher à inclure, à inviter, à comprendre, à tendre la main
plutôt qu’exclure, stigmatiser et se refermer sur ses certitudes ?
C’est un chemin qui se dévoile pour chacun de façon singulière, chemin pas facile !
Mais, plus de justice entre les hommes, plus de fraternité sont, je crois, à ce prix.

Bernadette

Prière universelle

Dieu notre Père, les mages sont venus de l’Orient avec leurs offrandes
pour rendre hommage à l’Emmanuel, ton Fils, notre Seigneur.
Nous aussi nous venons aujourd’hui avec nos demandes et nos prières.
**************

Alors que l’on voudrait nous faire croire que la terre est devenue un village global,
on voit se manifester un peu partout des crispations et des revendications identitaires
autour de formules parfois douteuses ou de notions instrumentalisées
et le catholicisme, en France par exemple, n’y échappe pas.

Seigneur, dans ces temps de repli, nous te prions afin que tu nous donnes nous la force
de faire preuve, comme les mages, d’une curiosité et donc d’une compréhension pour d’autres cultures.
Donne nous le courage de témoigner, après Paul, que le christianisme n’est ni un refus, ni un refuge
mais la bonne nouvelle universelle donc offerte à tous.

Alain Cabantous

********************

Dieu, nous voici dans un monde où le profit est roi, le calcul s’impose partout,
où les objets connectés, les robots dominent l’horizon.
Les hommes ne sont que des numéros anonymes.
Donne-nous de pouvoir garder le recul indispensable,
de cultiver l’esprit critique et la poésie de la vie.
Nous t’en prions.

Jésus Asurmendi

Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Dieu notre Père, merci. Un grand merci. Nous fêtons aujourd’hui l’épiphanie.
La manifestation de ton amour pour les hommes
en nous donnant comme frère et compagnon ton Fils, notre Seigneur Jésus.

Une manifestation, un dévoilement, une révélation inattendue, bien qu’espérée.
Espérée, désirée parce que nous sommes, et les hommes ont été toujours conscients,
que nous ne pouvons pas mener une vie digne de ce nom par nos propres moyens.
Nous ne pouvons pas nous sauver nous-mêmes.

Inattendue, car bien qu’elle réponde à nos attentes elle nous déborde et nous dépasse.

Car cette épiphanie est une manifestation pour tous, bons et mauvais,
grands et petits, gros et maigres, intelligents et bornés, beaux et moches.
Cette universalité, cette ouverture à tous nous dépasse et souvent nous déroute.

Nous voulons bien, comme le prophète Jonas, que tu nous sauves,
que tu nous offres une vie nouvelle. Mais pas à tout le monde, pas à n’importe qui.
Quand même. Que tu sois notre lumière, passe, merci.
Mais que tu illumines la voie et la vie de ces gens-là, comme dit la chanson.
Que tu montres ton étoile, à des orientaux, à ces étrangers
qui d’ailleurs sont dans l’ignorance, la magie et la superstition. Tu nous déroutes.
Et c’est pour cela justement que nous te remercions particulièrement,
parce que tu nous déroutes et tu nous sortes de nos schémas, de nos convictions,
de nos certitudes, de nos savoirs, de nos compétences, de nos habitudes.
Tu nous pousses à vivre et à te chercher autrement et ailleurs.

Cette déroute s’est manifestée particulièrement dans ton Fils, notre Seigneur Jésus.
Qui l’attendait dans le corps d’un paysan ignorant,
d’un terreux malpropre et de surcroît mourant sur une croix ??

Pour ces perspectives nouvelles, pour cette vie nouvelle, pour cette folle épiphanie,
Dieu notre Père nous te remercions. Oui nous te rendons grâce surtout pour et par ton Fils.
Pour lui et par Lui nous te louons et nous te chantons.

Les gestes comptent autant que les paroles.
Et les bras étendus sur la croix montrent l’ampleur de la communion offerte,
la dimension de la fraternité, l’abolition des classements et des hiérarchies,
la rupture de tous les murs qui séparent,
la disparition de toutes les frontières qui divisent.
Il n’a pas étendu les bras pour les serrer ensuite, nous asservir et nous étouffer
mais pour nous accueillir tous dans une vie vrai et authentique.
Pour nous accueillir tous et chacun. Et cela a été possible par ton Esprit.
Que ce même Esprit fasse de ce pain et de ce vin
les signes de la présence de ton Fils parmi nous, avec nous.
Les signes de son corps et de son sang.

Ce faisant nous accomplissons ce qu’il nous a dit de faire :
le mémorial de sa vie, de sa mort et de sa résurrection.
Et nous l’attendons dans la joie d’une espérance active.

Incarner l’épiphanie, concrétiser le déplacement,
la déroute que suppose et exige l’accueil de ta manifestation, n’est pas forcément aisé.
C’est la raison pour laquelle nous te demandons d’abord que ton Esprit, toujours à l’œuvre,
fasse de tous ceux qui partagent le repas du Seigneur, le Corps du Christ,
une véritable Eglise, une communauté vraiment fraternelle,
consciente de ce qu’elle a reçu et de ce qu’elle doit donner et recevoir encore.
Prête à la déroute et au déplacement. Prête à accueillir l’inattendu de Dieu,
tes surprises et particulièrement celles qui prennent corps dans le frère,
le pauvre, l’abandonné, le différent.

Jésus Asurmendi

ENVOI

« Ne rentrons pas chez nous comme avant » !

Comme les mages, rentrons chez nous par un autre chemin !

 

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