« Tous frères », un guide pour l’Avent

L’Équipe Pastorale a suggéré à la communauté d’éclairer le temps de l’Avent 2020 à la lumière de l’encyclique du pape François, « Tous Frères » !
Voici la proposition d’un schéma qui peut alimenter notre approche de l’encyclique et lui donner une place dans nos célébrations dominicales (suggestions de lien entre les lectures du dimanche et un thème de l’encyclique) ou dans notre prière et nos rencontres.

Le pape s’exprime à un tournant historique (élections présidentielles américaines, crise sanitaire, terrorisme et réactions post-attentats, etc.) La « fraternité ouverte » (94)[1] est un appel au sursaut des consciences ! « L’amitié sociale » doit être autant un objectif – la visée de toute politique – qu’un moyen – l’outil de médiation et de pacification privilégiées des institutions et des communautés. La visée anthropologique du Pape n’est ni naïve, ni sibylline : ou bien l’humanité progresse vers l’unité en assumant toutes ses différences (culturelles, sociales, religieuses – 191) ou bien elle disparaît. L’homme étant un être de relations, il ne trouve son plein épanouissement qu’avec ses semblables (9). Le Pape enfonce le clou : la construction de cette fraternité ne doit rien au hasard, elle est « le résultat d’une culture consciente et pédagogique » (104), elle dépend « d’une véritable volonté politique traduite en éducation […] au dialogue, à la découverte de la réciprocité et de l’enrichissement mutuel » (103). Donc, à nous de jouer.

Téléchargez le PDF


[1] Les numéros entre parenthèses sont ceux des paragraphes de l’encyclique Fratelli Tutti : lire la lettre encyclique

1er dimanche de l’Avent : 29 novembre 2020

La fraternité et nos attentes actuelles
Reviens Seigneur ! Veillez ! Tenez fermement, pratiquez la justice avec joie !


Veiller pour quoi faire et comment ?
L’encyclique n’envisage aucun attentisme devant les errements du monde, aucun retrait dans une bulle privée ou spirituelle. Sa conception de la fraternité ne consiste-t-elle pas à tenter d’être « hyper présent » : dans la réalité, les doutes et les combats, dans la dénonciation de toutes les misères, dans le dialogue respectueux et proactif avec l’autre, dans le refus de la violence, dans l’action politique ?
Veiller passe-t-il par l’indignation, la résistance et la recherche la plus vive de l’amitié sociale ?
Veiller en étant lucide devant les « signes de recul », le « nationalisme étriqué » (11), « le modèle économique qui exclut » (22), la « mentalité xénophobe » (39), la « culture du déchet » qui dévalorise (188), la « culture de murs » qui isole (27), notre « analphabétisme » en matière d’accompagnement des plus faibles (64) ?
Veiller en cultivant l’espérance ? (55) (276)
Veiller en étant appelé à « devenir un prochain pour les autres » (81) ?
Veiller par le don désintéressé, par l’accueil qui fait « sortir de soi-même » (87, 88) ?
Veiller en refusant l’individualisme (105, 222) ?
Veiller : prendre le temps de l’attention, de l’accueil, du qui-vive, le temps « d’être avec » ?

COMMENT, EN CET AVENT, … VEILLER ACTIVEMENT ?

2ème dimanche de l’Avent : 6 décembre 2020

Chapitre premier de l’encyclique : « Les ombres d’un monde fermé ».
Consolez mon peuple ! Préparer les chemins ! Appelés à la conversion.

L’appel à la lucidité n’est pas facultatif pour répondre à la double invitation : « Que tout ravin soit comblé […] Convertissez-vous ! » Cet examen critique ne s’inscrit pas dans le pessimisme ambiant, mais constitue la condition d’une conversion sincère.
Celle-ci suppose la conscience des difficultés rencontrées sur la route, la nôtre, celle de l’humanité. Qu’est-ce qui empêche les hommes de vivre en fraternité ? Que faut-il changer en moi, en nous, en notre société française et mondiale ?
« Nous avons perdu le goût de la fraternité » (33) / « Certaines tendances du monde actuel (qui) entravent la promotion de la fraternité » (9) / Il se produit « un schisme entre l’individu et la communauté » (31).
À quelles ombres pouvons-nous être sensibles ? Quels ravins faut-il combler ?

  • À propos de l’économie mondialisée, « la société toujours plus mondialisée ne nous rend pas plus frères » (12).
  • Déracinement qui empêche tout projet commun et vide de sens les mots importants de liberté, justice, unité (14).
  • Attention aux phénomènes de marginalisation (18). Etc.
Georges de La Tour, Saint Jean-Baptiste au désert, 1651, musée départemental, Vic-sur-Seille

COMMENT, EN CET AVENT, … MARCHER DANS L’ESPÉRANCE ?

3ème dimanche de l’Avent : 13 décembre 2020

Présence du Christ source de la fraternité.
Envoyé « au milieu de vous ». « Rendre témoignage à la lumière ». « Soyez dans la joie… Le Dieu de la paix… N’éteignez pas l’Esprit » « Annoncer la délivrance aux captifs, faire germer la justice ».

Comment rendre témoignage à la lumière ? Comment ne pas éteindre l’Esprit ? L’encyclique de François propose non seulement « d’accepter le défi de rêver et de penser à une autre humanité » (127), mais aussi de relever ce défi. Elle propose des voies concrètes, des « chemins » de fraternité face à la violence qui nous engagent autant collectivement qu’individuellement : un « processus » de bienveillance, un « art de la rencontre » jubilatoire (215), « des transformations artisanales de paix » (231), un « dialogue » sans faux semblant (199 à 202), « l’accueil gratuit » (139, 140, 141), l’assistance aux migrants (38-40).

Quels chemins de fraternité ?  La vie véritable c’est celle des liens (87) et le projet de François c’est la « rencontre généreuse » (205).

Comment sortir du cycle sans fin des représailles (227) ? « L’unité est toujours supérieure au conflit » (245), il s’agit de refuser la violence et l’injustice dans le conflit (237), ne pas nourrir la colère, ne pas encourager la course à la vengeance et à la destruction de l’autre (242).

Dans quelles perspectives ? « Une éthique globale de solidarité et de coopération » (127), « une saine politique » « aux vues larges » (177) qui « prend soin de la fragilité » (188), « faire vibrer la musique de l’évangile » (277) ?

COMMENT, EN CET AVENT, … POSER DES GESTES DE FRATERNITÉ ?

4ème dimanche de l’Avent : 20 décembre 2020

Apprendre à accueillir la présence de Jésus-Christ.
« Lui sera pour moi un fils/ La foi à celui qui est le seul sage/ Qu’il m’advienne selon ta parole »
.

Il est toujours difficile de « lâcher prise » pour savoir accueillir, une personne, un événement, un cadeau. À partir du dernier chapitre de l’encyclique : les religions au service de la fraternité dans le monde :

  • La fraternité, revendiquée par notre société suppose un « fondement ultime » pour les chrétiens. « Sans une ouverture au Père de tous il n’y aura pas de raisons solides et stables à l’appel de la fraternité » (272) et (274).
  • Comme Marie, accueillir la présence du Christ, « en nos entrailles ». « Si la musique de l’Évangile cesse de vibrer dans nos entrailles, nous aurons perdu la joie qui jaillit de la compassion, la tendresse qui nait de la confiance, la capacité de réconciliation » (277).
  • « En tant que croyants, nous nous trouvons face au défi de retourner à nos sources pour nous concentrer sur l’essentiel : l’adoration de Dieu et l’amour du prochain » (282).
  • Tout spécialement en ces temps de violence, le pape incite les croyants à œuvrer pour la paix, avec tout ce que cela exige pour nous et nos communautés. Relire également le document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune, signé par le grand Iman Ahmad Al-Tayyeb et le pape François.

COMMENT EN CETTE VEILLE DE NOËL, « ACCUEILLIR » LE DON DE LA PAIX ?

Guy Aurenche et Jacques Debouverie

Fra Angelico, L’Annonciation de Cortone, 1433-1434, Couvent San Marco, Florence

Téléchargez le PDF

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.