Travaillez à la réconciliation

1ère lecture : L’arrivée du peuple de Dieu en Terre Promise et la célébration de la Pâque (Jos 5, 9a.10-12)
Psaume : Ps 33 (34), 2-3, 4-5, 6-7
2ème lecture : « Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ » (2 Co 5, 17-21)
Evangile : « Ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie » (Lc 15, 1-3.11-32)

 Car c’est bien Dieu
qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui :
il n’a pas tenu compte des fautes,
et il a déposé en nous la parole de la réconciliation.

A propos des textes de l’eucharistie du 6 Mars

Procédons dans l’ordre et avec rigueur. D’abord l’évangile.
On pourrait passer des heures à discuter sur la parabole du jour.
Seulement, elle répond aux critiques des pharisiens et docteurs :
Ce type-là, ce Jésus de Nazareth fréquente,
partage le repas avec la racaille de la société,
au lieu de la balayer, au karcher.

Comment peut-il prétendre être du côté de Dieu ?

… Et Jésus de répondre par la parabole :
je ne suis pour rien, je fais comme Dieu…

Ce n’est pas la peine de passer des heures à discuter en quoi consiste la miséricorde.
La parabole parle d’elle-même.

Miséricorde au-delà de toute logique,
par-delà tout droit,
acquis ou conquis.

Après, Paul, qui déploie pour les baptisés,
pour nous, les conséquences de cette miséricorde,
qui explicite en quoi cela nous concerne.

Miséricorde reçue, réconciliation à faire.
Parce que bénéficiaires de cette confiance,
de cet amour que Dieu nous donne,
nous avons à les partager,
c’est-à-dire à faire œuvre de réconciliation.

Sans faire de l’hébreu, ni du grec,
à peine un peu de latin,
réconcilier veut dire recréer la communion entre les êtres.

Faire communauté.
Rétablir la communauté.
Etre au service de la communion de la communauté.

Ici et ailleurs.

Tout vient de Dieu qui nous a réconcilié par le Christ.

Il nous a confié le travail, la tâche de la réconciliation,
de faire communion, de faire et refaire la communauté
en mettant en nous la parole de réconciliation.
Le reste c’est du pipeau,
de la poudre aux yeux, de la triche.

Méditation à la manière d’une prière eucharistique.

Oui, Dieu notre Père aujourd’hui nous venons te remercier
et les raisons de le faire s’accumulent.
Sans oublier bien sûr, les ombres qui nous guettent, nombreuses.
Oui, nous voulons te rendre grâce.
Te rendre grâce aujourd’hui pour ces personnes qui travaillent
réellement, courageusement pour la réconciliation,
la réconciliation entre nous, les humains,
entre nous, les chrétiens, entre nous, les gens de St Merry.

Nous te remercions pour Berta Cáceres, cette jeune femme du Honduras
qui a été assassinée jeudi dernier le 3 Mars,
car elle était le symbole vivant et actif de la lutte
pour une écologie humaine,
qui luttait avec toutes ses forces contre l’argent qui tue,
contre le pouvoir qui assassine.

Oui, elle est un véritable martyr de la maison commune.
Merci de nous l’avoir donnée comme exemple et référence.

Merci aussi pour le banquet que tu nous prépares
et auquel tu invites tout le monde :
la racaille et les parfaits,
les repentis et les récalcitrants,
les renfermés et les épanouis.

Merci pour cette fête, la fête des retrouvailles,
merci pour cette joie dont nous avons tous tellement besoin.

Et nous te rendons grâce, bien sûr, pour Jésus,
notre Christ et Seigneur, Notre joie et notre vie.
Pour lui et par lui nous te louons et nous te chantons.

Afin que nous devenions justice de Dieu.
Voilà la réconciliation que tu nous as offert,
par lui,
racine de notre joie et motif de notre fête,
notre Seigneur.

Mais cette réconciliation s’est scellée dans la croix,
signe et expression de sa vie toute entière.
Une vie donnée créant communion,
réconciliant les uns avec les autres,
réconciliant les hommes avec Dieu.

Et tout logiquement l’Esprit,
ton Esprit a fait du crucifié,
le ressuscité, le Vivant.

C’est pourquoi nous te demandons de répandre ton Esprit
sur ce pain et ce vin, nos pauvres offrandes,
de manière qu’elles deviennent les signes visibles
du Corps du Christ, du Sang du Christ.

______________

En tout simplicité donc,
Dieu notre Père nous faisons le mémorial de ton Fils,
le mémorial de sa vie, de sa mort et de sa résurrection
et nous confirmons l’attendre dans la joie et l’espérance.

Mais tu nous as donné, Dieu notre Père,
une mission impossible : réconcilier les hommes entre eux,
réconcilier l’homme et la nature,
l’homme et la femme avec la maison commune.

Nous croyons que pour toi rien n’est impossible.
Nous savons qu’avec ton Esprit nous pouvons aller très loin,
là où nous n’imaginions pas.

 

Ainsi que ton Esprit vienne sur nous,

sur tous ceux qui partagent le repas du Seigneur

de telle sorte que nous devenions son vrai corps, l’Eglise.

Une Eglise que demande ta miséricorde et qui l’accepte et la reçoit.

Une Eglise réconciliée et réconciliante.

Une Eglise pas lugubre, joyeuse.

Une Eglise qui donne envie de vivre et non pas de fuir.

 

Jesus Asurmendi

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