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Travaux de printemps

Comment adapter notre organisation et notre « gouvernance » ? Il s’agit d’un des axes de réflexion décidés en octobre dernier lors de l'Assemblée du Centre Pastoral Halles-Beaubourg. Le sujet a été débattu au cours de trois réunions de l’équipe pastorale élargie. Voici quelques éléments qui en ressortent. Par Jacques Debouverie

Comment adapter notre organisation et notre « gouvernance » ? Il s’agit d’un des axes de réflexion décidés en octobre dernier lors de l’Assemblée du Centre Pastoral Halles-Beaubourg. Le sujet a été débattu au cours de trois réunions de l’équipe pastorale élargie. Voici quelques éléments qui en ressortent.

Le CPHB-Saint-Merry est une église particulièrement vivante comme en témoignent notre trentaine de groupes (accueils, solidarités, célébrations, catéchuménats, éveils à la foi et formations, etc.), nos propositions artistiques, de nombreux événements et débats, de locaux intensivement utilisés. La créativité et les ambitions ne manquent pas non plus, sans doute cela constitue-t-il l’ADN de la communauté. En revanche, nos moyens matériels et humains sont restreints, en tous cas ils ne paraissent pas à la hauteur de nos envies, ce qui pose la question permanente de l’adaptation de notre organisation, au service de la vie de la communauté et de ses missions.

Les orientations proposées à l’AG du 40ème (en septembre 2015) seraient les suivantes.

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1 – Un socle partagé et confirmé

Dans la charte de 2008, « inventer des modes nouveaux pour l’Eglise de demain » figure en tête des objectifs assignés pour le fonctionnement du centre pastoral. Cette charte prévoit différents moyens de la vie de la communauté, les uns étant établis depuis l’origine, les autres étant plus récents et ayant été retenus devant les difficultés et les besoins rencontrés :

  • l’Assemblée générale
  • lÉquipe pastorale élue
  • le Projet pastoral
  • les Coordinateurs de pôles
  • les Groupes
  • un Conseil des groupes, lieu d’échange, censé se réunir deux fois par an, et l’équipe pastorale élargie aux responsables de pôle
  • des Chargés de mission, éventuels.

Plus fondamentalement, depuis des années le CPHB s’appuie sur différents principes :

  • la coresponsabilité de tous les baptisés, chacun selon son implication,
  • la coresponsabilité entre prêtres et laïcs
  • le fonctionnement démocratique,
  • la collégialité,
  • le dialogue fraternel,
  • la subsidiarité, selon laquelle une décision doit être prise au plus petit niveau compétent de l’organisation.

L’ensemble de ces dispositions constitue un socle auquel la communauté adhère assez bien.

 

2 – Réinventer en permanence l’esprit de service, l’écoute et la bienveillance

Inventer l’Église de demain, favoriser sa conversion au monde nouveau, faire en sorte qu’elle soit toujours plus « au milieu du monde », passe certainement par la remise en cause de ses missions, et de sa conception du pouvoir et du service. Il y a du sens à trouver et à donner dans l’organisation des services au sein de la communauté, pour la communauté et pour le monde.

Le Centre Pastoral n’est ni une entreprise, ni une association, ni une institution quelconque. À sa source il y a l’annonce de la bonne nouvelle, c’est à dire une conversion à une nouveauté toujours en recherche d’elle-même, une parole nouvelle. L’évangile n’est-il pas la contestation absolue de tous les discours institués, des paroles toutes faites, des comportements standardisés et des hiérarchies classiques ? Le modèle proposé par Jésus est que tout pouvoir est un service. Il a institué douze apôtres pour signifier que les douze tribus d’Israël c’est à dire tout le peuple est appelé à être apôtre. Et il y a mille services à assurer par l’église, c’est à dire par nous : le service du pauvre, du frère, de la parole échangée, du pardon, de la libération, de l’intelligence, de l’invention, de la transmission, de la célébration, etc.

Néanmoins le manque de circulation de l’information entre les groupes, voire l’isolement de certains d’entre eux, réel ou supposé, sont assez souvent évoqués. Les conflits n’ont pas manqué, et l’expérience de la fraternité communautaire nous a amené à une réflexion collective sur ce sujet en 2013.

L’esprit de service, l’écoute et la bienveillance, le respect restent des champs essentiels où notre communauté à des progrès à faire. Des initiatives doivent être prises à nouveau dans ce sens.

 

3 – La place des prêtres et des laïcs, l’équipe pastorale et le coordinateur

Le centre pastoral s’est interrogé souvent sur la place des prêtres par rapport aux laïcs, alors que pour l’église la question était souvent l’inverse : la place des laïcs par rapport aux prêtres. Ce débat sur la place respective des prêtres et des laïcs nécessite d’être actualisé en permanence. Pour Saint-Merry, la charte de 2008 a réaffirmé le principe de la co-responsabilité rentre la communauté, l’équipe pastorale et les prêtres, et elle a résumé la spécificité du prêtre, ordonné, signe d’unité, lien avec l’église universelle, l’église communion, l’Église peuple de Dieu.

L’équipe pastorale élue vit assez profondément sa dimension ministérielle, c’est à dire de service reconnu de la communauté : un engagement donné gratuitement au service de la communauté et de l’évangile, et en échange le don reçu de la confiance de la communauté. La prochaine équipe pastorale recevra sa mission lors d’une eucharistie d’envoi, pour mieux marquer cette dimension.

Pour assister le prêtre et l’équipe pastorale, un ministère laïc supplémentaire a été institué en 2014 : le coordinateur. Sa mission est exécutive, bénévole et d’une durée d’un an renouvelable, elle comprend les fonctions suivantes :

  • coordonner l’organisation des activités de la communauté, et le planning d’occupations des locaux (église, presbytère),
  • mettre du lien entre vie de la communauté et vie des résidents,
  • assurer la coordination entre pôles et groupes,
  • représenter par délégation la communauté ou le curé, notamment vis-à-vis de La Ville de Paris et lors des événements ouverts au public dans l’église,
  • gérer les résidents et salariés (contrats), participer au CPAE.

Il est proposé de désigner en outre un coordinateur adjoint.

Une réflexion sur les ministères laïcs et ordonnés pourrait faire l’objet d’un atelier à constituer fin 2015.

 

4 – La confirmation du rôle de l’équipe pastorale élargie et des pôles

Chaque pôle a eu sa propre vision de sa place et de son rôle : il n’y a pas deux expériences identiques, allant de la seule représentation à l’EP élargie jusqu’à l’animation pastorale du pôle, en passant par l’échange d’information. Les groupes ont eux-mêmes une existence et une activité très diverses. Certains pôles n’ont pas changé de responsable, ni de configuration depuis plusieurs années, d’autres oui.

Selon les textes de 2008, les pôles sont une « instance de concertation et de proposition » ; leur mission est « d’assurer la cohésion, le partage d’information entre les différents groupes et avec l’EP ». Dans cet esprit, le bien-fondé des pôles est toujours d’actualité. En effet :

  • les pôles sont très utiles pour favoriser la concertation et l’animation des groupes dans chaque domaine, selon l’intuition initiale,
  • Plus encore, ils paraissent un lieu dont la communauté ne pourrait guère se passer pour le dialogue fraternel et bienveillant, l’information mutuelle, la collégialité et la coresponsabilité,
  • Les pôles ont un rôle pastoral potentiellement essentiel comme lieu de proposition dans leur domaine et comme lieu de partage spirituel sur l’expérience des groupes qui les composent,
  • les pôles peuvent sans doute avoir des configurations différentes, mais leur animation suppose une équipe responsable de préférence à une personne seule
  • Ces responsables de pôles et de groupes assurent une mission au service de la communauté, qui doit être davantage reconnue en tant que telle.

Il est donc proposé les inflexions suivantes:

  • Les responsables de pôles sont désignés par l’EP au nom de la communauté, après consultation des groupes,
  • De préférence, les responsables de pôles sont une équipe de deux ou trois personnes
  • Les responsables de pôles sont désignés pour une durée de trois maximum,
  • Cette mission est reconnue par une lettre, qui est symboliquement remise lors d’une célébration,
  • La mission peut être renouvelée, le cas échéant, avec des orientations actualisées et une nouvelle lettre de mission.

 

 5 – La configuration du pôle « célébration – formation »

Notre communauté témoigne d’évidence de son besoin profond d’aller plus loin dans la reformulation des mots de la foi. De plus si les célébrations actuelles lui conviennent bien, elle a soif aussi de spiritualité, de célébrations plus sensibles et moins cérébrales, peut-être plus joyeuses. Ce pôle « célébration-formation » est donc essentiel pour notre communauté.

Il comprend à ce jour les activités suivantes : préparation de l’eucharistie du dimanche, chants, fleurs, fêtez Dieu, célébration du mercredi soir, catéchuménat des adultes, préparation au mariage, ateliers bible et fondamentaux de la foi. La coordination de ce pôle est certainement à remettre en chantier, puisque Hélène souhaite passer la main progressivement.

D’un autre côté, le pôle « nouvelles générations » comportent : la préparation au baptême des petits enfants, l’éveil à la foi des 3 – 6 ans, la catéchèse des 7-10 ans et « l’observatoire des parents ». Mais il n’y a pas de prise en charge des adolescents malgré plusieurs tentatives ces dernières années, ce que nous déplorons tous. Bénédicte souhaite également être remplacée.

Il existe donc une diversité de groupes ayant en commun de proposer des « parcours de foi ». Un groupe transversal dénommé « collège » a été créé et se réunit depuis quelques mois avec les responsables de quelques-uns de ces groupes. Son but est de croiser les différentes expériences d’éveil à la foi et d’accompagnement vers le baptême. Ce collège va poursuivre ses travaux et pourra nourrir le pôle ou les pôles, et les différents groupes.

Des questions demeurent sur lesquelles nous devrons avancer prochainement :

  • Faut-il réunir ou non ces deux pôles ? Ou bien faut-il conserver deux pôles mais les reconfigurer, par exemple d’un côté « célébrations » (chants, fleurs, fêtez Dieu, mercredi), de l’autre côté « parcours de foi » (nouvelles générations, catéchuménat, baptêmes, mariage, formations) ?
  • Quel(le)s responsables pour ce ou ces pôles ?
  • Faut-il donner plus d’ampleur aux propositions de « formation » au CPHB, au-delà des 4 ou 5 propositions de 2014-2015 ?

 

Jacques Debouverie, pour l’équipe pastorale

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