Avec le Cantique des Cantiques, nous entrons non seulement dans une histoire où se cherchent dans un dialogue amoureux deux amants, mais aussi dans une terre particulière qui bien que jamais nommée est aisément reconnaissable, la terre sainte, ses villes, ses collines, ses arbres et aussi son Temple.
Nous poursuivons notre découverte méditative du livre du Cantique des cantiques avec le quatrième chapitre. 
Quelques exemples :

Jérusalem
Ville sainte entre toutes et le mont Sion, lieu saint entre tous, anciennement nommé mont Moriah (lieu de la ligature d’Isaac) et baptisé mont du Temple, résidence du Dieu vivant. Sion c’est Jérusalem.
Dans le Psaume 132, le roi David chante : « L’Éternel a choisi Sion ; Il l’a désiré pour être Son habitation, c’est ici Mon repos à perpétuité. »
C’est un haut lieu de pèlerinage. Chacun sent bien au dedans de lui-même qu’aller à Sion c’est aller au lieu de sa naissance, c’est se mettre au monde une seconde fois, dans l’Esprit, sens du verset du psaume 86 : « … et de Tsion on dira, tout homme est né là-bas. » Sion est la mère spirituelle de tous les hommes.
Sion s’écrit avec 4 lettres, Tsadé, Yod, Vav et Noun et peut être lu en séparant la première lettre des trois autres : Tsadé, le harpon qui saisit le yon, la colombe. C’est le nid premier, où toutes les colombes, les bien -aimées, retournent après leur long exil trouvant enfin la paix et le réconfort.

Les cèdres du Liban
Le mot Liban est cité plus de cinq fois. Rachi, célèbre commentateur français qui vécut à l’époque du Moyen âge à Troyes, précise dans le Sifri, livre qui commente le Cantique des cantiques, que le Liban c’est le Temple. Ce mot vient du mot lavan « blanc » en hébreu, parce que le Temple avait la faculté de blanchir les péchés d’Israël.

Les fruits
Les fruits cités sont les fruits dont cette terre a été bénie : la figue, la datte, la grenade, le raisin et l’olive.
La figue : on nous parle du figuier dès les premières pages de la Genèse : car ses feuilles ont servi à revêtir Adam et Ève. Il est le symbole de l’avenir radieux réservé à la fin des temps où « chacun demeurera à l’ombre de son figuier (Michée 4, 4).
L’olive : Le peuple d’Israël est comparé à une olive : celle-ci ne donne son fruit, l’huile qu’après avoir été écrasée. L’huile d’olive pure qui alimente en permanence les lampes du candélabre à sept branches dans le Sanctuaire ; l’huile d’onction des prêtres, prophètes et rois, du Messie. Symbole de la paix rétablie entre les hommes et Dieu après le déluge car c’est une branche d’olivier que la colombe a rapporté à Noé pour lui signifier que la terre était à nouveau habitable.
Le raisin fruit de la vigne : le peuple de Dieu est comparé à une vigne. Une branche de vigne replantée en n’importe quel endroit prend immédiatement racine et produit un cep nouveau. Son fruit, après avoir été foulé au pied dans le pressoir et macéré pendant des mois dans des tonneaux où il a pris de l’expansion, produit le vin qui réjouit les cœurs, éveille les esprits, enivre les âmes : breuvage de prix servi à la table des rois, présent à tous les festins, principalement les festins de noce ! Le vin de la bénédiction, du sacrifice, de la Sainte Messe, élevé en coupe du Salut.

Chapitre 4
Ce chapitre est tout entier un hymne d’amour adressé à la bien-aimée. Je l’ai donc médité d’une manière différente : comme toute amante, dans le ravissement de mon âme, je me suis contentée de fermer les yeux, pour mieux me délecter de chacune de ces paroles de flammes que je recevais. Je m’en suis fait un collier de pierres précieuses autour de mon cou. Ah comme tu sais me parler mon Bien-aimé, répondre à toutes mes attentes. Ah comme tu sais me rendre belle et lumineuse ! Que j’aime à me voir dans tes yeux !

Tes lèvres sont comme un fil d’écarlate et ta bouche est charmante ; ta tempe est comme une tranche de grenade à travers ton voile.
Tes lèvres, un fil d’écarlate
Image qui rappelle l’engagement des explorateurs envers Rahab qui les avait abrités à Jéricho. Ils lui firent le serment de la sauver elle et sa famille quand ils monteraient à l’assaut de la ville pour l’occuper. Elle devait attacher à sa fenêtre une corde écarlate pour signaler sa maison aux assaillants. (Josué 2)
Gage de salut.

Tu as capté mon cœur, ô ma sœur, ma fiancée, tu as capté mon cœur par un de tes regards, par un des colliers qui ornent ton cou.
Tu as capté mon cœur ô ma sœur, ma fiancée.
Tu me fais la grâce, mon divin amant, de m’appeler ta sœur fiancée. Sœur (ahot) mais aussi vocalisé ahat Une. Par toi je deviens le féminin de celui qui est Un (ehad). « Ecoute Israël le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un ».
Tu es le fiancé, je suis la fiancée qui vient du Liban (levanon), du « cœur »lev, du « poisson » noun, du Christ… C’est de ton cœur, ton cœur livré pour moi que je viens, tu m’as enfantée dans tes plaies. 
Je descends des cimes de l’Amana, : ce mot est écrit avec les même lettres que le mot émouna« fidélité », « confiance » et « foi » ainsi que la « manne ». Je viens des hauteurs de l’Amen, de l’Ainsi soit-il, du Pain vivant descendu du ciel. « Ainsi parle l’Amen, le Témoin fidèle et vrai, le Principe de la création de Dieu ». (Ap1 7 verset14)

16 Réveille-toi, rafale du Nord ! Accours, brise du Midi ! Balayez de votre souffle mon jardin, pour que ses parfums s’épandent. Que mon bien-aimé entre dans son jardin et en goûte les fruits exquis !
Que mon Bien-aimé entre dans son jardin et en goûte les fruits exquis. Je suis le jardin du Bien-aimé, l’humanité tout entière est sa terre, sa matière qu’il défriche, travaille et nourrit avec soin. Il sème les graines de sa parole, ainsi toutes sortes de plantes voient le jour en ce jardin, exhalent toutes leurs senteurs sous la caresse du Souffle de l’Esprit ainsi que leur myrrhe, sang précieux d’une humanité à jamais crucifiée à l’Arbre de Vie. 

Élisabeth Smadja

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