Un 9 mai à Berlin

Une forêt de stèles qui, lorsque l’on s’y enfonce, donne physiquement le vertige et la nausée. C’est le mémorial de l’holocauste. Une topographie de la terreur sur les lieux de pouvoir de la Gestapo et des SS qui décortique longuement les mécanismes du nazisme. D’immenses posters noirs et blancs incrustés dans le paysage urbain, qui, avec le présent de 2015 en contraste, montrent le quotidien misérable de la ville en ruine juste après la libération, à l’occasion du 70ème anniversaire.
Où sont l’Est et l’Ouest ? En marchant dans la ville, on est comme déboussolé. La démarcation du Mur est effacée parmi les multiples projets architecturaux de reconstruction. Seuls subsistent quelques vestiges. Des noms et des visages y rendent présentes ces vies de fusillés de l’Est, rêveurs d’occident.
Berlin, une ville réunifiée, intégrée, mais qui assume son passé et fait mémoire de l’Europe.

Au hasard de ma déambulation, je pousse la porte de la « Dent creuse », l’église du Souvenir, et j’entends la lettre aux Colossiens, 3, 12 par le pasteur qui propose chaque jour 5 minutes de méditation, dans la lumière du bleu de Chartres. Je souris car ce passage prend tout son sens, en ce jour de la fête de l’Europe, où 60 ans plus tôt Robert Schuman proposa pour l’Europe une communauté pacifique et solidaire. Donnons-nous les moyens de poursuivre cette acceptation et compréhension mutuelles ! Et, dans notre système éducatif français, cela commence par le maintien d’un solide enseignement des langues dans le secondaire.

Axelle Verdier

Billet du dimanche 17 mai 2015

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