Un café double, svp !

« Un café suspendu » : voici un nom bien énigmatique donné à une pratique bien sympathique. Il ne s’agit pas d’un café suspendu dans l’air, mais d’un café qui a été payé et qui attend à être consommé.

coffee-423198_1280« Un café suspendu » : voici un nom bien énigmatique donné à une pratique bien sympathique. Il ne s’agit pas d’un café suspendu dans l’air, mais d’un café qui a été payé et qui attend à être consommé. La pratique vient de l’Italie, où le café n’est pas seulement une boisson nationale mais il est également un mode de vie. Si vous avez eu la chance de visiter l’Italie, vous savez qu’autant au nord comme au sud, le café est une institution : lieu de rencontre par excellence. La pratique vient de Naples, au sud de l’Italie, et elle consiste à consommer un café et en payer deux. Exactement l’inverse de ce qui est proposé en général dans les supermarchés : « prenez deux pour le prix d’un » ! Pourquoi payer deux ? Parce que le deuxième est « suspendu », c’est-à-dire réservé, pour quelqu’un qui ne peut pas le payer. Les bistrots qui sont associés à cette initiative affichent alors à l’entrée, sur une ardoise, le nombre de « cafés suspendus » invitant ainsi à ceux qui n’ont pas les moyens de le payer, de rentrer pour le prendre.

Et la pratique a traversé les frontières de l’Italie et des bistrots. On la retrouve dans certaines villes françaises et associée à d’autres produits comme la baguette : 92 boulangeries en France participent déjà à l’opération.

La boulangerie « la conquête du pain » à Montreuil pratique cette baguette suspendue.

Velib en partenariat avec EKI vient de lancer aussi une initiative de café offert.
http://blog.velib.paris.fr/blog/2015/02/10/share-a-coffee-offrez-un-cafe-aux-plus-demunis/

Voici une nouvelle manière de pratiquer la solidarité au cœur même de notre quotidien. Nouvelle car cette forme de solidarité a un impact différent de celui du don classique qu’on fait à une personne ou à une association. C’est une solidarité qui égalise, qui socialise et qui valorise.

Elle égalise car elle rend un peu horizontale la relation toujours verticale entre celui qui donne et celui qui reçoit. Et cette égalisation se fait grâce à la médiation du commerçant ! Voici le marché qui fait place à la gratuité.
Elle socialise car on ne distribue pas le café gratuit dans des endroits réservés pour les pauvres. Le « café suspendu » permet au pauvre d’accéder aux mêmes endroits et de consommer au même titre que toute personne. Il le rend citoyen.
Elle valorise car elle révèle la véritable source de valeur des biens. La valeur du « café suspendu » ne réside pas uniquement dans la qualité du café mais surtout dans la relation que ce café rend possible.
Voici donc un signe d’économie nouvelle : celle où le prix des biens serait fixé en fonction du lien qu’ils créent ! Consommer devient ainsi une manière de faire société…

Et vous connaissez vous d’autres lieux où se pratiquent ces cafés, baguettes « suspendues »?

N. T.

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