©fc

Un documentaire sur le CPHB

"Il m’a aussi semblé évident que Saint-Merry tisse un lien invisible avec les communautés chrétiennes du siècle de Jésus et que c’est dans ce lien que se joue sans doute le futur de l’Église catholique."X. Barthélemy

Xavier Barthélemy, journaliste, vidéaste propose de faire un documentaire (52mn, est la norme pour la télévision) sur ce qui se vit à Saint-Merry. Il s’en explique ici :

« Je travaille depuis vingt ans pour la télévision et jusqu’au Pape François, la télévision montrait, de mon point de vue, une Église autoritaire qui choisissait avec soin ses fidèles et prêchait un prêt-à-penser qui soumet, interdit, exclut et fait une distinction de statut entre les hommes et les femmes. Je suis le père d’un garçon et d’une fille et je n’admets pas l’idée de distinction de statut entre eux, même si je ne suis pas dupe, je sais que le chemin est encore long avant une réelle égalité homme / femme dans notre société. Mais les choses avancent…

Au départ, justement, je voulais réaliser un film sur les femmes prêtres. En travaillant sur le sujet, je me suis rendu compte que jusqu’en 1976, l’église anglicane refusait l’ordination des femmes prêtres pour les mêmes raisons que l’église catholique romaine aujourd’hui. J’ai vu comment l’église anglicane a fini par ordonner les femmes et nommer une première évêque fin 2014. Alors j’ai pensé : l’Église catholique pourrait-elle suivre ce même chemin avec le Pape François ? J’ai cherché à comprendre quels étaient les différents courants qui existaient sur cette question dans l’Église catholique. J’ai vite compris (en discutant notamment avec Anne Soupa et Claude Dubois) que cette revendication ne semblait pas, aujourd’hui, la meilleure manière de faire évoluer l’Église catholique. D’une part, la fonction de prêtre telle que nous la connaissons, vit ses derniers moments, d’autre part, ce serait un point d’ancrage, de ralliement voire d’agressivité de la part des opposants aux femmes prêtres.

En cherchant encore, j’ai appris l’existence des communautés. D’abord enthousiaste sur la possibilité de développer cette thématique pour un documentaire (mes échanges avec François Becker m’ont beaucoup apporté), j’ai constaté qu’elles avaient connu leur heure de gloire après Vatican II dans les années 60 et 70, qu’elles ont parfois bien du mal à exister aujourd’hui, sauf…

logo vertSauf le CPHB de Saint-Merry.

Y aurait-il matière à tourner un documentaire sur cette Église ? Voilà une une église qui, contre vents et marées (jusqu’au Pape François), accueille tous ceux qui entrent parce qu’ils entrent, sans autre condition. J’ai été totalement émerveillé de la première messe à laquelle j’ai participé, dans la nef autour du carré puis dans le chœur pour l’eucharistie avec Daniel Duigou. Mais où suis-je ? ai-je d’abord pensé. Je me suis rendu compte qu’à Saint-Merry, chaque être humain de la communauté est le centre de l’Église. Le cœur de Saint-Merry est dans la diversité de ses paroissiens et puis l’on est d’abord un être humain chrétien avant d’être une femme ou un homme. Point de sermon à ingurgiter le dimanche, personne ne cherche à imposer sa pensée à l’autre. « Ici, il n’y a pas de vérité. C’est l’expression des uns et des autres qui fait l’Église » dit Daniel Duigou. Les paroissiens préparent la messe avec le prêtre, animent la messe, lisent les textes (y compris l’Évangile), développent une réflexion que chacun est invité à enrichir. Il m’a aussi semblé évident que Saint-Merry tisse un lien invisible avec les communautés chrétiennes du siècle de Jésus et que c’est dans ce lien que se joue sans doute le futur de l’Église catholique.

Oui, tourner un documentaire sur Saint-Merry, cela me semble un très beau sujet et très motivant. Je souhaiterais donc montrer comment les paroissiens bâtissent jour après jour la maison spirituelle qui les fait vivre, les animent, les ressource jour après jour. Loin de chercher un entre-soi douillet, je voudrais montrer aussi comment le CPHB va au-devant de ceux qui n’ont pas la chance d’être nés du bon côté. Je voudrais montrer que Saint-Merry n’est pas non plus figé dans un décor : l’art sous toutes ses formes reflète, matérialise la foi de ses membres, l’entrée et la sortie, l’arrivée et le départ de ses membres. Les musiciens, peintres, sculpteurs, comédiens entrent avec leurs œuvres d’art éphémères, donnent l’image d’une église sans cesse en mouvement, vivante, permettent de sentir l’état d’esprit qui règne à Saint-Merry.

Et bien entendu, dans ce film, j’aimerais développer l’éthique, la philosophie, l’orientation pastorale sous-jacente à ce que l’on peut voir et qui règne à Saint-Merry. J’aimerais donc interroger Daniel Duigou et les membres du CPHB sur des questions plus sensibles concernant les divorcés-remariés, les couples d’homosexuels, leurs enfants, la contraception, le droit à l’avortement, l’égalité de responsabilités entre hommes et hommes dans l’Église, le mariage des prêtres, les femmes prêtres, etc.

Ce qui se vit à Saint-Merry est encore rare dans l’Église française d’aujourd’hui, cela vaut la peine d’être connu, de le montrer dans un film. Ceux qui verront ce film verront qu’une autre Église peut se mettre en marche, et que c’est d’abord celle que souhaite le Pape François. Il faudra bien évidemment plus d’un documentaire pour que l’image de l’Église évolue dans les esprits, mais celui-ci voudrait à sa mesure participer de cette idée.

Dans un premier temps je souhaiterais apprendre à mieux vous connaître, vous parler du projet et j’aimerais filmer quelques images pour accompagner le projet écrit. S’il est retenu par une chaîne de télévision, ce n’est pas acquis d’avance, je reviendrais tourner le documentaire accompagné d’un opérateur image et d’un opérateur son. Et nous tournerons un film sur cette véritable ruche-laboratoire de la chrétienté avec vous, les membres du CPHB qui veulent bien être filmés dans le cadre de leurs activités, qui acceptent d’être interviewés et de partager de leur expérience au CPHB.

Je remercie déjà Daniel Duigou de l’accueil qu’il a fait à ce projet et qui accepte d’y participer. Je remercie aussi Michel Bouvard, la première personne que j’ai rencontrée lorsque je suis entré la première fois dans l’église, et qui me décrypte Saint-Merry (et c’est pas une mince affaire…). Je remercie Pietro Pissara qui me fait aussi rencontrer des membres du CPHB. Je connaissais Pietro de mon passage en tant que chef-monteur au bureau parisien de la RAI, la télévision italienne. Pour info, j’ai travaillé aussi pour des émissions comme Échappées Belles, Compléments d’enquête, Capital, La parenthèse inattendue, des jeux comme Le Maillon Faible. J’ai réalisé des courts-métrage de fiction, je monte aussi des documentaires, notamment sur l’Italie que je connais bien après avoir vécu trois ans à Rome.
À très bientôt, »

Xavier Barthélemy.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *