Un duo pour les droits humains

Dimanche 2 décembre, Un « Parler la bouche pleine » pas comme les autres, ou quand deux événements programmés aux mêmes heures se retrouvent ensemble et deviennent un grand moment. La présentation du livre de Guy Aurenche « Droits humains : n'oublions pas notre idéal commun » et le projet de Ziad Medoukh d'un jardin d'enfants à Gaza en sont l'illustration.

Ce dimanche 2 décembre fut un grand jour pour St-Merry. A l’occasion du 70anniversaire de la Déclaration universelle des droits de homme[1], Guy Aurenche devait présenter son nouveau livre Droits humains : n’oublions pas notre idéal commun (éd. Temps Présent). Mais comme la veille, notre ami Ziad Medoukh de Gaza nous avait fait l’heureuse surprise de sa présence à Paris, c’est un « tandem » efficace et authentique qui a plaidé la cause trop souvent malmenée des droits humains dans le monde.

Après la célébration, au cœur de l’église, devant 60 personnes particulièrement attentives, Pietro Pisarra a conduit avec passion et méthode une rencontre-débat avec Guy et Ziad.

Il a d’abord présenté le livre de Guy comme un vibrant plaidoyer pour les droits humains, un voyage où figurent des visages qui témoignent de son expérience de terrain, sans oublier les aspects juridiques de la question. L’auteur nous offre une réflexion pointue, ni pessimiste ni optimiste, sur l’état actuel de ces droits dans le monde, les chantiers qu’il reste à mener et les grands défis qui se posent à tous ceux qui travaillent à leur réalisation, dans un environnement de plus en plus hostile.

Puis l’intervention de Ziad Medoukha a ouvert une séance de « travaux pratiques » très complémentaire des propos de Guy Aurenche. Ziad, directeur du département de français et du Centre de la paix de l’université Al-Aqsa de Gaza, exerce avec courage, dans un univers dévasté, une activité d’éducation de la jeunesse : par l’enseignement du français (reconnu par les Palestiniens comme la langue de la liberté, des droits humains, de la culture et de la beauté), mais aussi par l’apprentissage à la résistance non violente dans une région où domine la violence : violence de l’occupation et de la colonisation par Israël (qui vient d’officialiser son statut d’Etat d’apartheid), violence d’un blocus de douze années qui enferme deux millions de personnes dans un territoire minuscule et sans ressources, violence de la désunion des partis palestiniens encouragée par les puissances extérieures, violence du silence de la communauté internationale face à l’injustice dont souffrent tous les Palestiniens depuis 70 ans.

L’action du département de français et du Centre de la paix vise à redonner à une jeunesse désorientée l’espoir dans un avenir meilleur. Elle s’inspire du principe de non violence active de Gandhi, caractérisé par la prise en charge de la société civile par elle-même, hors de toute influence partisane ou religieuse.

Parce qu’il adhère à cette démarche constructive, le Centre pastoral St-Merry soutient le projet de création d’un jardin d’enfants à Gaza, animé et géré par les diplômés du département de français. C’est pour concrétiser cet espoir que sera donné dans l’église un concert de solidarité le samedi 8 décembre à 14h.

Ziad a souligné l’importance de ces contacts humains avec la communauté de St-Merry, pour lui-même et pour le moral des enfants, des jeunes et des familles de Gaza enfermés dans leur « prison à ciel ouvert » au mépris du droit international.

Laurent Baudoin

[1] Le 10 décembre 1948 à Paris, l’Assemblée générale des Nations unies adopte la Déclaration universelle des droits de l’homme.

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