Un géant, pionnier du dialogue interreligieux

CarnetCertains sentiront ce billet comme une piqûre de rappel… J’y parlerai de l’Emir Abd el-Kader.

Tout à la fois stratège militaire exemplaire, érudit, mystique et homme de dialogue, Abd el-Kader a étonné les généraux français lors de la conquête de l’Algérie pour sa magnanimité envers les soldats qu’il faisait prisonniers. Il a aussi enflammé l’opinion occidentale lorsqu’il sauva la vie de milliers de chrétiens à Damas en juillet 1860, ce qui lui valut une pluie de décorations… de Pie IX, de Louis-Napoléon, du Sultan, de la Russie, des Etats-Unis. En décembre 1848, lors de la première élection du Président de la République au suffrage universel masculin, Abd el-Kader est présenté par un journaliste comme le meilleur candidat ! (Houellebecq aurait-t-il copié ?)

Mais l’homme qui pratiquait la mystique soufie est aussi un pionnier du dialogue interreligieux.  » Si tu penses qu’Il est ce que croient les musulmans, les juifs, les chrétiens, les polythéistes et les autres, Il est cela et Il est autre que cela!  » écrit-il notamment. Et dans sa Lettre aux Français :  » Si les musulmans et les chrétiens me prêtaient l’oreille, je ferais cesser leurs divergences et ils deviendraient frères à l’intérieur comme à l’extérieur.  »

Je me prends à rêver d’un éditeur courageux qui, dans un manuel scolaire d’éducation civique, dans le chapitre  » Clés pour un vivre ensemble « , présenterait un écrit spirituel d’Abd el-Kader jouxtant le discours de Nelson Mandela lors de son élection comme président, et un extrait du testament de Christian de Chergé, dernier prieur du monastère de Tibhirine.

Jean-Marc Noirot

Billet du dimanche 30 mai 2015

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