Un mariage et un anniversaire

Entre balade dans les Alpilles, flâneries dans les rues et les musées d’Arles, Jean Verrier nous convie à la fête dans ce nouveau volet de notre feuilleton

Entre balade dans les Alpilles, flâneries dans les rues et les musées d’Arles, Jean Verrier nous convie à la fête dans ce nouveau volet de notre feuilleton

 

Notre maison, rue Théophile Rives
Notre maison, rue Théophile Rives

dimanche 19 avril. C’est aujourd’hui son anniversaire. Elle a vingt ans. Elle est simple mais elle est belle. Mince et grande comme les filles d’aujourd’hui. Elle est encore pleine de secrets. Nous l’aimons beaucoup. Elle en a beaucoup vu, des petits et des grands, des proches et des amis de passage, plusieurs amis venus de Saint-Merry en ont gardé un bon souvenir. Elle est faite de toutes ces rencontres. Elle nous habite comme nous l’habitons. Elle a vingt ans et plusieurs siècles. À voir l’arrondi du haut de trois fenêtres, Jean-Marc Bernard, chargé du Secteur sauvegardé au service du Patrimoine, dit qu’elle date du 18ème siècle. Mais pour nous elle a vingt ans. Nous sommes entrés pour la première fois dans notre maison, rue Théophile Rives (homme politique arlésien du 19ème siècle), dans le quartier de la Roquette, le 19 avril 1995.

 

20 04 lundi 20 avril. Visite de la belle exposition consacrée à « la Cité épiscopale de Saint-Trophime » qui se tient dans la chapelle des Trinitaires. La cathédrale-primatiale, chef d’œuvre du roman provençal, domine la ville d’Arles. Elle laisse au visiteur au moins trois images fortes : le clocher, tour carrée que l’on repère de loin depuis la campagne et que l’on retrouve sur plusieurs toiles de Van Gogh, le portail richement sculpté au bas de l’austère façade, et le cloître actuellement en restauration.. Tout est rassemblé sur l’affiche de l’exposition qui nous apprend comment, depuis le XIIème siècle, les bâtiments annexes réservés à chacun des corps du personnel ecclésiastique (familia archiepiscopi, chanoines avec leurs dignitaires, prêtres, prévôts, etc., tous avec des domestiques) se sont au cours des siècles ajoutés à l’église proprement dite pour constituer une véritable cité. Puis la vague urbanistique cléricale s’est retirée, la rue du Cloître et la rue de la Calade marquent aujourd’hui l’ancien pourtour du claustrum. On n’a pas eu le temps de faire figurer dans l’exposition, sauf sur l’affiche, la toute dernière restauration du portail. On vient en effet de retirer les échafaudages et j’ai d’abord cru que l’on avait ajouté de beaux pilastres de marbre noir et une bande de marbre rouge. Mais non, me dit-on, on les a simplement nettoyés. C’est une résurrection.

« …j'ai cru que l'on avait ajouté... »
« …j’ai cru que l’on avait ajouté… »
« ...de beaux pilastres de marbre noir »
« …de beaux pilastres de marbre noir »

 

mardi 21 avril. Il fait très beau, le bleu du ciel est si dense qu’il tire sur le violet : nous repartons pour une balade dans les Alpilles, juste derrière la chapelle Saint-Gabriel, à 12 kilomètres d’Arles, sur le territoire de la commune de Tarascon. Parfois les sous-bois de pins ressemblent à des Cézanne, parfois le chemin s’élargit en une allée qui conduit en zigzaguant à un château médiéval dont il ne reste que le donjon carré et une muraille. Chaque tailleur de pierre a laissé sa signature sur la pierre qu’il a taillée. Pas de troupeau de moutons cette fois-ci.  Il nous est arrivé d’en rencontrer à cette période plus d’un millier sous la houlette d’un seul berger, avec trois chiens de garde qui font la police et deux autres qui sont chargés de la protection contre les loups, aussi effrayants que les loups que nous n’avons jamais vus.

« ...la chapelle Saint-Gabriel, à 12 kilomètres d’Arles »
« …la chapelle Saint-Gabriel, à 12 kilomètres d’Arles »

 

« Chaque tailleur de pierre a laissé sa signature sur la pierre qu’il a taillée »
« Chaque tailleur de pierre a laissé sa signature sur la pierre qu’il a taillée »
« Parfois les sous-bois de pins ressemblent à des Cézanne...»
« Parfois les sous-bois de pins ressemblent à des Cézanne…»
« ...parfois le chemin s’élargit en une allée qui conduit en zigzaguant à... »
« …parfois le chemin s’élargit en une allée qui conduit en zigzaguant à… »
« ...un château médiéval dont il ne reste que le donjon carré et une muraille »
« …un château médiéval dont il ne reste que le donjon carré et une muraille »

 

mercredi 22 avril. Guy et Françoise, amis montpelliérains de longue date, nous rendent visite. Nous flânons avec eux de la Fondation Van Gogh à la librairie Actes Sud pour aboutir, en longeant le Rhône, au Musée de l’Arles antique, le « musée bleu », où nous découvrons l’exposition « J’aimerais tant voir Syracuse » qui emprunte son titre à une chanson d’Henri Salvador des années 60. Sous-titre : La photo de famille et l’antique. L’entrée est gratuite. Depuis l’été dernier Les Arlésiens étaient invités à envoyer leurs photos de voyages autour de la Méditerranée. 350 photos ont été sélectionnées, certaines sont exposées telles quelles, 6×9 avec dentelures sur papier chamois, d’autres sont projetées sur un grand écran. On déambule le sourire aux lèvres, on s’amuse de revoir la tête d’une inconnue derrière une statue antique décapitée. « J’ai pris une photo comme celle-là, à Rome, au cours d’un voyage scolaire, il y a très longtemps », me dit mon ami Guy. Je lui réponds que moi aussi.

 

samedi 25 avril. En route pour Port la Nouvelle, au sud de Narbonne, où notre fils Pierre et sa compagne Christel se marient après 23 ans de vie commune et 3 beaux et grands enfants qui sont de la fête. Ce pourrait être un cas de plus à verser au dossier du synode sur la famille. Surtout quand le secrétaire de mairie oublie de reporter sur le nouveau livret de famille les enfants figurant sur les deux précédents livrets. Une invitation à repartir à zéro ? Non, on réglera tout cela lundi. En attendant on se retrouve sur la plage et les enfants seront bien présents sur la photo de mariage. À la nuit tombée on gonfle à la chaleur de petites montgolfières qui montent l’une après l’autre dans le ciel, chacune accompagnée d’un vœu.  Ce sont tous des vœux de bonheur.

 

Jean Verrier

 

 

 

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