Une écoute des psaumes.

Depuis janvier 2016, un atelier intitulé « écoute des psaumes » est proposé. Il s’agit de les écouter dans leur version hébraïque afin que chacun(e) puisse commencer ou continuer son apprentissage de l’hébreu en cherchant à établir sa propre traduction du texte. Dans le même temps, une recherche sur les sources bibliques de la psychanalyse est avancée puisque Freud lui-même a écrit que son absorption précoce dans l’histoire biblique avait eu un effet durable sur la direction de son intérêt…

 

Pour vous donner d’écouter  un peu de ce que j’ai entendu, lors de nos deux premières rencontres, je vous propose de partager avec vous quelques réflexions sur ce que m’ont apporté ces deux séances où Jean-Jacques Bouquier, psychanalyste, apprenant l’hébreu, nous invite à écouter, avec lui, les psaumes, ce « résumé de toute la bible ».

En premier c’est la découverte de cet autre monde de pensée contenu dans l’Ecriture hébraïque, celle qui a nourri Jésus, ainsi que leurs connexions avec la psychanalyse et notre développement personnel.

Le pape François écrit : « La parole a en soi un potentiel que nous ne pouvons pas prévoir. L’Evangile parle d’une semence qui, une fois semée, croît d’elle-même… ». Il précise aussi qu’il s’agit d’écouter et pas seulement d’entendre. Ecouter la parole, c’est la mettre au travail…

Pour cela nous devons accepter que « La langue est plus intelligente que l’être qui la parle » ; soit, avec le poète : « Les mots qui vont surgir savent de nous des choses que nous ignorons d’eux. ». « Et aussi de nous », peut-on ajouter… Ce qui nous échappe, et qui attend de venir à la lumière, de naitre donc, n’est-il pas plus important que ce que nous croyons savoir ?

La parole n’est pas seulement un moyen de communication. L’hébreu le dit bien avec le mot qui la désigne, davar, qui signifie parole mais aussi chose. La Chose c’est pour Freud le domaine des pulsions. Le mot hébreu sait donc que la parole peut-être aussi instrument de jouissance. La parole de Jésus, logos, que l’on retrouve dans logique, et dont Jean nous dit qu’elle était Dieu, nous donne l’exemple de la façon dont nous devons viser à nous en servir, façon qui peut conduire à une nouvelle naissance, naissance d’un sujet se désaliénant de ses pulsions…

Nous sommes invités, chacune et chacun, à établir notre propre traduction de la Bible, sachant, avec M-A OUAKNIN que « Lire la Bible toujours de la même façon c’est de l’idolâtrie».

Un exemple servira à donner une idée des possibilités ainsi offertes.

Jésus sur la croix, a crié « Éli, éli lama âzavtani… », traduit la plupart du temps par : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné(…). Or l’hébreu a deux mots pour dire pourquoi, l’un, madouha, littéralement « Quoi est su », est le point de vue de la cause, donc tourné vers le passé. L’autre, lama, formé du préfixe לֽ, lé, signifiant à, vers, et ma, quoi, soit « vers quoi, dans quel but, en vue de quoi, est le point de vue de l’objectif, donc tourné vers le futur.

Nous parlons de la torah mais en fait il y en a deux, donc deux torot, pluriel de torah, terme qui est à traduire par enseignement, et non par loi. L’une, la torah écrite, au sens strict les cinq livres du Pentateuque, le texte donc, l’autre, la torah orale, torah « sur la bouche » en hébreu, soit ce que Moïse a transmis à Josué de l’enseignement qu’il avait reçu de Dieu, lequel Josué, en le transmettant aux anciens, amorce cette transmission orale. Ces deux torot sont complémentaires l’une de l’autre et nous en reparlerons dans un prochain compte-rendu donnant la suite de notre travail…

A partir des notes prises par Marguerite ROUSSELOT       13 février 2016

 

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