Le pape François à Rome, place Saint-Pierre. Photo by Ashwin Vaswani on Unsplash

Une Église en sortie

Période de relèvement que celle de ce déconfinement, période de restauration de relations enfin plus humaines et de partages liturgiques dont nous étions … assoiffés ! L’été arrive, et, avec lui, les vacances qui, bien souvent, vont hélas nous séparer à nouveau… De Jean-Philippe Browaeys

Nos célébrations eucharistiques nous ont souvent manquées pendant cette période, car elles représentent « la source et le sommet » (Lumen Gentium 11) de notre vie et de notre mission chrétiennes. Notre assemblée communautaire de novembre 2019 avait bien mis en évidence ce rôle central. Dans son AG de 2013, le synode des évêques précisait : l’eucharistie est aussi « le cœur palpitant de la mission, elle en est la source authentique et la fin ultime ». Ce lien intrinsèque entre l’eucharistie et la mission se retrouve aussi dans l’étymologie même de « messe », qui vient du verbe « mittere » (envoyer). C’est alors un « double mouvement de rassemblement et de dispersion qui caractérise le rythme eucharistique » (C. Theobald – Urgences pastorales p.355). Le mouvement de rassemblement crée la communion (« Quand deux personnes sont réunies en mon Nom,…. »), le mouvement de dispersion empêche « l’autocentrement » et le repli sclérosant de « l’entre-soi ».

En nous rappelant combien « il est important que l’Eglise soit ce lieu où personne ne se sent dehors », Alexis Leproux, notre vicaire épiscopal, reconnaît dans notre téléréunion du 26 mai 2020 (24 participants réunis en EPE) que nous répondons « de manière très forte, très originale » à notre mission de chrétiens, souvent en dehors de « lieux institutionnels » religieux, à des carrefours (à l’instar du puits de Jacob). Il est en effet dans la mission qui fait l’ADN de notre communauté d’être tournée vers l’extérieur, dans le monde tel qu’il est autour de nous, dans nos vies, faisant de notre centre pastoral l’image d’une « Eglise en sortie » (Pape François), nourrie de la rencontre inconditionnelle de l’autre pourvu que nous acceptions le risque d’y être véritablement « exposés ». En témoignent nos implications, notamment, dans les quatre pôles d’activités de notre organisation actuelle, par exemple :

  • Les arts visuels exposés dans notre église, le « socle » à son seuil, l’accueil musical chaque week-end;
  • L’accueil des passants dans notre église, par des membres de notre communauté et de la paroisse ;
  • Les engagements solidaires de beaucoup d’entre nous dans des associations d’aide aux migrants, aux sans-abri, aux sans-logements, aux sans-travail, aux démunis, aux prisonniers, aux personnes victimes de tortures,…
  • Notre site Internet considérablement enrichi depuis quelques mois, plus fréquenté de jour en jour.

Au travers de telles implications (« accompagner l’humanité en tous ses processus, aussi durs et prolongés qu’ils puissent être » – Evangelii gaudium 24), les rencontres que nous vivons sont donc au cœur de notre mission et, pourvu que nous les osions vraiment, elles changent sans cesse notre regard, nous transforment, nous rendant toujours plus aptes à reconnaître l’Esprit qui nous précède dans le cœur de l’autre, quel qu’il soit ! Et c’est cette « moisson abondante » de « reconnaissances d’Esprit » que nous offrons au Seigneur dans nos eucharisties, banquet d’accueil par excellence au sein de notre communauté. Voilà donc bien une mission audacieuse qui, parce qu’elle nous transforme, nous fait vivre de la même vie que celle du Christ, la seule qui compte, la vraie vie !

Jean-Philippe Browaeys

Le dimanche 28 juin, Alexis Leproux présidera l’eucharistie que nous célébrerons : nul doute que nous serons nombreux à lui faire bon accueil !

1 commentaire

  • Compléments de citations de Evangelii Gaudium, que notre vicaire général nous recommande comme texte de référence pour notre pastorale :
    N°34 : L’Évangile invite avant tout à répondre au Dieu qui nous aime et qui nous sauve, le reconnaissant dans les autres et sortant de nous-mêmes pour chercher le bien de tous.
    N°88 : l’Évangile nous invite toujours à courir le risque de la rencontre avec le visage de l’autre, avec sa présence physique qui interpelle, avec sa souffrance et ses demandes, avec sa joie contagieuse dans un constant corps à corps. La foi authentique dans le Fils de Dieu fait chair est inséparable du don de soi, de l’appartenance à la communauté, du service, de la réconciliation avec la chair des autres. Dans son incarnation, le Fils de Dieu nous a invités à la révolution de la tendresse.
    N°91 : Un défi important est de montrer que la solution ne consistera jamais dans la fuite d’une relation personnelle et engagée avec Dieu, et qui nous engage en même temps avec les autres. … l’unique voie consiste dans le fait d’apprendre à rencontrer les autres en adoptant le comportement juste, en les appréciant et en les acceptant comme des compagnons de route, sans résistances intérieures. Mieux encore, il s’agit d’apprendre à découvrir Jésus dans le visage des autres, dans leur voix, dans leurs demandes.
    N°92 : … savoir regarder la grandeur sacrée du prochain, découvrir Dieu en chaque être humain, supporter les désagréments du vivre ensemble en s’accrochant à l’amour de Dieu, ouvrir le cœur à l’amour divin pour chercher le bonheur des autres comme le fait leur Père qui est bon…
    => Les rencontres que nous vivons sont donc bien au cœur de notre mission de chrétiens !

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