Une lumière a resplendi

Toi aussi, petit enfant, tu seras appelé
prophète du Très-Haut ;

Noël 24 décembre 2018

PREMIÈRE LECTURE  (2 S 7, 1-5.8b-12.14a.16)
La royauté de David subsistera
pour toujours devant la face du Seigneur
PSAUME (88 (89), 2-3, 4-5, 27.29)
Ton amour, Seigneur, sans fin je le chante !
ÉVANGILE  (Lc 1, 67-79)
Le soleil levant nous visitera

Bienvenue à toutes, à tous,

Mais, que sommes nous venu faire, chercher, ici ce soir dans ces ténèbres ? Chercher une, ou LA lumière de Noël ? Passer des ténèbres à la lumière peut être un chemin que nous vous proposons ce soir car UN AVENIR EST POSSIBLE nous disent les textes de cette nuit de Noël, même dans notre monde…Si chacun d’entre nous ce soir pouvait repartir avec « quelque chose de nouveau » pour lui, ce serait comme un cadeau de cet enfant de la crèche.
Partir avec quelque chose, oh rien de compliqué. Le nouveau peut être fait d’une parole, d’un regard aperçu, d’une image qui se fixe dans nos yeux, d’un signe, d’un étonnement… Que chacun ce soir trouve SON cadeau, comme une lumière de cette célébration de Noël C’est donc ainsi que nous entrons dans cette célébration, au nom du Père, du Fils et de l’Esprit.

Florence Carillon

Commentaire de l’évangile

Nous l’avons entendu. Un Sauveur nous est né. Bien étrange sauveur. On attendait le Messie, le conseiller merveilleux, Dieu fort, Prince-de-la-Paix, annoncé par Isaïe. Et voici un enfant emmailloté et couché dans une mangeoire. Renversement total de perspective. Déception cinglante. Ce sauveur-là ressemble plutôt à celui qui suscite les interrogations d’un autre prophète, Jérémie : « Pourquoi es-tu comme un étranger en ce pays, comme un voyageur qui fait un détour pour la nuit… un homme ébranlé, un guerrier incapable de sauver ? » (Jr 14,8-9). Pourtant, les anges ont proclamé sa gloire. La gloire, dans la Bible c’est du lourd, cela pèse : la « pesanteur » est la signification même du mot en hébreu. Et cet enfant… combien pèse-t-il un enfant ? Face au Très-Bas et au Très-Léger, nous sommes obligés de revoir toutes nos catégories de Dieu, la grandeur, la force, le poids, la puissance. Car  Dieu désormais nous sauve non pas par sa puissance, mais par son impuissance, non pas par l’épée ou par la foudre, mais par sa faiblesse et sa vulnérabilité. Il ya un détail qui illustre bien ce paradoxe. C’est dans le panneau de la Nativité du retable d’Issenheim, œuvre de Mathis Grünewald, aujourd’hui à Colmar. Si l’on regarde de près, on s’aperçoit que le drap qui enveloppe l’enfant Jésus est le même drap déchiré et troué que Grünewald a peint dans un autre panneau, celui de la Crucifixion, pour cacher la nudité du Christ. De la Nativité à la Passion, ce même Dieu se montre à nous dans son abaissement. Et par son;abaissement, il nous sauve..

« Sauver », « sauveur », ce sont des mots qui ne disent plus grand-chose, paraît-il, à un très grand nombre de nos contemporains. Les naufragés de l’histoire, les migrants, ceux pour lesquels il n’y a pas de place dans les salles communes, ceux qui manifestent aux ronds-points de nos périphéries, les enfants qui meurent sous les bombes des guerres oubliées, au Yemen et ailleurs, les malades seuls dans un hôpital, ceux qui sont rongés par l’angoisse, emmurés dans la solitude, attendent-ils d’être sauvés ?
Cet enfant que nous proclamons comme sauveur et libérateur donne au« salut » des résonances concrètes, il vient pour établir la paix, le droit et la justice, dès maintenant, nous dit le prophète Isaïe. Il vient pour nous libérer de la peur. « Soyez sans crainte », disent les anges aux bergers. Ce Dieu improbable, ce sauveur impuissant, devient alors le Dieu du possible, de la lumière qui brille au cœur de nos nuits. Par l’irruption de l’inattendu, l’horizon est ouvert, l’avenir n’est plus bouché.
« Les dieux nous créent bien des surprises : l’attendu ne s’accomplit pas, et à l’inattendu un dieu ouvre la voie » : ainsi, au Ve siècle avant notre époque, Euripide aimait terminer ses tragédies, à peu de mots près de l’une à l’autre.

Oui, ce Dieu inattendu nous ouvre la voie, bouscule nos certitudes, détruit nos faux-semblants, nous met en route. Le merveilleux — les anges, la lumière en
pleine nuit — cède la place à l’émerveillement. Alors, le chant peut éclater. Et avec le chant, la joie. Car l’émerveillement est créateur, c’est la grâce des
commencements.
Au plus sombre de la nuit, avant de mourir dans un camp de concentration nazi, c’était la promesse qu’Etty Hillesum, jeune juive d’Amsterdam, faisait à Dieu :
« Les gens sont pour moi des maisons aux portes ouvertes. […] Et je te le promets, je te le promets, mon Dieu, je te chercherai un logement et un toit dans le plus grand nombre de maisons possible. […] Je me mets en route pour te chercher un toit. Il y a tant de maisons inhabitées, où je t’introduirai comme invité d’honneur ».

Cet enfant qui naît ne demande qu’une chose, d’être accueilli, logé. C’est cela le prix de la grâce et de la joie spacieuse annoncées par la lumière de Noël.

Pietro Pisarra

Envoi

Dans cette nuit de Noël, tout commence non par le tapage, mais par l’étonnement : l’étonnement des bergers répondant à l’appel des anges de Dieu qui découvrent, comme signe de la Nouvelle Alliance de Dieu avec les hommes, un enfant qui vient de naître, couché dans une mangeoire. Et leur étonnement est d’autant plus grand que ces bergers juifs attendaient un Messie triomphant. Dieu tient ses promesses et commence par le commencement : une vie naissante et donc un avenir possible. Il bouscule nos représentations de Dieu : il n’attend pas que nous soyons soumis, mais que nous sachions accueillir sa présence cachée, humble : devant cette présence, on se tait, on regarde et on s’étonne : qui donc est Dieu pour venir à nous ainsi ? On ne peut s’habituer à une telle surprise ! S’il est là dans la crèche, le Fils du Dieu vivant, à quelle confiance sommes-nous appelés ?
… une confiance plus forte que nos raisons d’avoir peur pour l’avenir du monde et de nos sociétés, si fragiles et si incertaines.
… un avenir qui ouvre à la bonté, à la tendresse, au don de soi encore possible dans nos sociétés…..
C’est l’heure de nous réjouir et de nous étonner comme s’étonnent les parents devant un enfant qui vient au monde et s’éveille à la vie.
C’est l’heure de partager cette bonne nouvelle que nous avons redécouverte ce soir.

Florence Carillon

Flashes dans la nuit de Noël 2018

Damien
« Malgré les monstruosités de la pédophilie, les abus du cléricalisme, les lourdeurs de l’église, des hommes et des femmes continuent d’annoncer la promesse de vie portée par ce petit bonhomme de la crèche qui manifeste qu’un avenir s’ouvre
Martine
« Malgré la solitude des angoissés, des handicapés, des personnes âgées ou malades, des proches, famille ou amis, s’efforcent de leur apporter soins et tendresse dont ils ont besoin. »
Damien
« Malgré les difficultés, des bateaux sillonnent la Méditerranée pour y sauver des vies, des particuliers, en accord avec le principe de fraternité reconnu en juillet dernier par le Conseil Constitutionnel, aident les migrants épuisés par l’errance, d’autres les logent, leur apprennent le français et les aident à s’intégrer »
Martine
« Malgré les réticences de leurs gouvernants, des militants d’ONG mobilisent l’opinion sur l’urgence climatique qui menace les pays les plus pauvres et chez nous les plus démunis… »

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