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Une possible réconciliation

120 battements par minutes, le dernier film de Robin Campillo, primé à Cannes et encensé par la critique, m’a personnellement propulsée en mars 2009. À l’époque, j’avais participé au « die in » organisé par Act Up devant Notre-Dame, en protestation aux propos de Benoît XVI (« on ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs. […] Au contraire, leur utilisation aggrave le problème »). J’avais déjà la foi mais je n’étais pas encore baptisée et je trouvais difficilement compréhensible et – d’un point de vue pragmatique – particulièrement dramatique la position de l’Eglise catholique sur ce sujet.

Ayant aujourd’hui fait le choix du baptême, j’aimerais profiter de l’occasion offerte par ce film – et par ce billet – pour chercher à me réconcilier ! Je me suis donc lancée dans une petite recherche et j’ai découvert une déclaration de Benoît XVI, extraite d’un livre d’entretiens paru en 2010 : « L’Église catholique ne considère pas l’utilisation du préservatif comme une solution véritable et morale. Mais dans l’intention de réduire le risque de contamination, l’utilisation d’un préservatif peut cependant constituer un premier pas sur le chemin d’une sexualité vécue autrement, une sexualité plus humaine ». À mes yeux, en clarifiant ainsi sa pensée, il entérinait finalement une pratique pastorale marquée par la prise en compte de la complexité du réel. Puis, j’ai découvert le positionnement de sœur Emmanuelle, personne de terrain, en faveur de la pilule et du préservatif.

Le temps de la réconciliation est finalement venu. Alleluia !

Sandra March

Billet du dimanche 27 septembre 2017

1 Commentaire

  • Merci à Sandra March pour ce billet qui a su joindre un sujet d’actualité toujours brulant, celui du combat contre le sida touchant un grand nombre d’humains et de communautés parfois condamnées à des paroles du pape Benoit XVI. Elle s’est donné la peine de rechercher ce qu’il en était d’une déclaration de celui-ci pour en restituer la totalité. Ce qui n’est pas courant dans le bavardage contemporain agissant à coups de condamnation hâtives et souvent partisanes.
    Suite à cette démarche, Sandra March dit la joie d’être réconciliée avec elle-même en premier, avec l’Eglise des baptisés. Elle témoigne ainsi d’un regard apaisé sur le monde d’une maladie en voie trop lente encore d’être canalisée.

    Marie-Thérèse Joudiou

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