Vitrail St Merry transept sud partie haute. ©fc

Une puissance aimante

L’expérience de messes ailleurs qu’à Saint-Merry pendant l’été m’a rappelé ce trouble qui semble saisir parfois notre communauté au moment de conclure le Notre Père. « Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles » est parfois dit avec une légère hésitation, peut-être une moindre conviction. Il faut dire que les mots de la doxologie ne sont pas banals et font écho à maints textes qui, comme le Ps. 28, louent même la « voix du Seigneur qui épouvante, affole les biches en travail, ravage les forêts. Et tous, dans son temple, s’écrient « Gloire ! » ».

Vitrail St Merry transept sud partie haute. ©fc
Vitrail St Merry transept sud partie haute. ©fc

Richesse, grandeur, puissance. Ces mots qui cherchent à qualifier le Très-Haut apparaissent parfois tellement entachés d’avidité humaine que le malaise est compréhensible. Que n’a-t-on imposé et convoité, célébré et justifié au nom de la gloire de Dieu…

Mais les représentations d’un Dieu majestueux et invincible ne peuvent-elles être entendues aujourd’hui, depuis l’enseignement de Jésus, comme concernant surtout un conflit intérieur, où l’ennemi est d’abord ce qui, en nous, peine à aimer ? Dieu puissant ET aimant, glorieux ET miséricordieux. Qui « scrute les cœurs et donne un avertissement » (Judith) et nous conduit en confiance et non dans la crainte en tremblant vers des terres inconnues pour « changer les ténèbres en lumière et la pierraille en droites allées » (Isaïe).

N’est-ce pas, justement, parce que c’est à lui qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles ?

Benoît

Billet du dimanche 22 septembre 2015

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