Unis pour la paix dans la justice en Palestine

Deux manifestations récentes avec Saint-Merry  D’abord le 14 février, une rencontre avec une délégation palestinienne réclamant l’application du droit international. Ensuite le 26 février, la signature d’un appel d'urgence de Saint-Merry et de ses partenaires de l’inter-religieux pour la levée du blocus de Gaza.

Le 14 février à St-Merry, chrétiens et musulmans de Palestine ont réclamé d’une seule voix l’application du droit international et le soutien de la France

Une délégation palestinienne a été accueillie au Centre pastoral par Daniel Duigou, curé de St-Merry, accompagné de membres des groupes RSF (Réseau Spiritualités Fraternité) et Skype avec Gaza et par le Groupe d’amitié islamo-chrétienne (GAIC), à l’initiative de l’Œuvre d’Orient et du Secours catholique. La délégation comprenait des représentants des communautés musulmanes et chrétiennes, et des responsables politiques dont le gouverneur de Jérusalem, le maire de Ramallah, l’ancienne maire de Bethléem, la présidente du Comité présidentiel suprême pour les affaires de l’Église et le président du Fonds national palestinien. Il n’y avait pas de représentants de la bande de Gaza. Au cours de cette rencontre qui s’est déroulée en présence d’une vingtaine de participants, les membres de la Délégation sont intervenus puis ont débattu sur la situation de la Palestine et le conflit colonial qui l’oppose à Israël.

Sheikh Mohamed Hussein, mufti de la Terre sainte, a souligné quemusulmans et chrétiens parlent d’une seule voix – ce dont témoigne la composition de la délégation alors que les chrétiens ne représentent que 2 à 3% de la population. Il a évoqué la situation religieuse : les difficultés de l’exercice du culte et de l’accès aux Lieux saints, la confiscation de l’histoire de Jérusalem du point de vue des chrétiens et des musulmans au profit de la version israélienne, la décision de Donald Trump d’installer son ambassade à Jérusalem (un « cadeau aux Israéliens »), refusé par la Palestine et en désaccord avec les décisions du Conseil de sécurité des Nations unies. La paix passe par un dialogue entre civils et religieux, elle ne peut se « construire que dans le respect du droit international et de la fraternité ».
Monsieur Adnan Husseini, gouverneur de Jérusalem, a rappelé que Gaza est « partie intégrante de la Palestine », précisant que le besoin de l’unité est grand « pour conduire la résistance ». Il a ajouté que la réconciliation entre le Hamas et le Fatah avance malgré les obstacles. Quant au conflit entre Israël et la Palestine, il a dit que « ce n’est pas un conflit religieux, mais bien une guerre coloniale » dont « les populations civiles paient le prix ». Il a dit aussi que la décision de Donald Trump a été suivie d’une intensification des affrontements pour augmenter la construction des colonies, et une accentuation de l’offensive visant à faire obstacle à l’unité religieuse, à l’expression de la culture et à l’exercice des commerces locaux. Il a conclu en disant que, pour les autorités palestiniennes, « Jérusalem doit rester une ville ouverte à toutes les religions avec une souveraineté palestinienne à l’Est et une souveraineté israélienne à l’Ouest ». Et ce, en accord avec le droit international.
Lisez ici les interventions de la délégation palestinienne

Bruno de Benoist

 

Le 26 février, un appel de Saint-Merry et de ses partenaires de l’interreligieux pour la levée du blocus de Gaza

 Dans la continuité des liens amicaux entre partenaires de diverses confessions partageant les mêmes valeurs de justice et de paix, développés depuis l’an dernier (Rencontre sur les livres en juin, Semaine européenne de rencontres islamo-chrétiennes en novembre), le Centre pastoral St-Merry, l’Union juive française pour la paix (UJFP), le groupe d’amitié islamo-chrétienne (GAIC) et la mosquée de Massy ont publié un communiqué commun demandant la levée du blocus de Gaza.

En août dernier, nous avions déjà dénoncé cet acte de guerre illégal et
inhumain qui cause tant de souffrances à la population civile de ce minuscule territoire coupé du monde, à travers la pétition « De l’eau et la justice pour Gaza ! », signée par 350 membres de la communauté. Nous avons voulu renouveler ce cri d’alarme, même si jusqu’à présent la loi des puissants semble toujours l’emporter au détriment des peuples.

Nous, citoyens et acteurs de solidarité, de justice et de paix, chrétiens, musulmans, juifs croyants ou non-croyants, exigeons ensemble la levée rapide du blocus de Gaza !

 A Gaza, la crise humanitaire s’aggrave, conséquence de la brutalité d’un blocus total – terrestre, maritime, aérien – et inhumain imposé par Israël depuis onze ans, auquel l’Egypte apporte son concours, dans ce qui ressemble à l’indifférence de la communauté internationale.

 Aujourd’hui, c’est toute une société qui menace de s’effondrer !
Nous voulons que nos concitoyens en soient informés !

 De nombreux organismes et spécialistes – UNRWA (agence des Nations unies chargée des réfugiés palestiniens), OMS (Organisation mondiale de la santé), Fédération internationale des droits de l’homme, et même responsables militaires israéliens – tirent la sonnette d’alarme sur le scénario catastrophe qui se dessine : un DRAME HUMAIN sans précédent mettant en péril la vie de deux millions de personnes et l’aggravation du chaos au Proche-Orient qui menace la paix mondiale.
Pour empêcher ce désastre, il faut lever d’urgence le blocus de Gaza !

 Le 19 novembre 2016, la Cour pénale internationale a confirmé le statut de territoire occupé de la bande de Gaza, malgré le retrait israélien de 2005, « en raison de la portée et du degré de contrôle qu’Israël a conservé sur ce territoire ». En tant que puissance occupante, l’Etat d’Israël, en application des conventions de Genève dont il est signataire, A L’OBLIGATION DE GARANTIR LA SUBSISTANCE de la population de Gaza.

L’Accord d’association entre Israël et l’Union européenne, qui donne à Israël de grandes facilités commerciales, fiscales et technologiques, précise que « le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques constitue un élément essentiel de l’Accord » (art. 2). Israël VIOLE CES PRINCIPES en imposant à ce minuscule territoire un blocus qui empêche toute vie normale (95 % d’eau non potable, 4 h d’électricité par jour en moyenne, hôpitaux sans médicaments ni courant électrique entraînant notamment le décès de nouveau-nés et de personnes fragiles).

Nous demandons que les gouvernements des Etats membres de l’ONU et de l’Union européenne respectent enfin les principes qu’ils affichent et fassent preuve de responsabilité en organisant la LEVEE DU BLOCUS DE GAZA, dans des conditions qui garantissent la sécurité de toutes les populations de la région.
C’est une exigence au nom du respect du droit international, de la dignité humaine et de la sauvegarde de la paix mondiale.

 Daniel Duigou, curé du Centre pastoral Saint-Merry (Paris 4e)
Yazid Madi, président du Conseil des Musulmans à Massy (CMM)
Pierre Stambul, coprésident de l’Union juive française pour la paix (UJFP)
Jean-Pierre Bacqué et Myriam Bouregba, Atelier Israël-Palestine du Groupe d’amitié islamo-chrétienne (GAIC)

 Ces organisations participent, chacune à leur façon, à la solidarité avec Gaza, par le plaidoyer, la collecte, les contacts et les actions concrètes, notamment le Centre pastoral Saint-Merry avec la création d’un jardin d’enfants et l’UJFP avec l’installation d’un chateau d’eau et le projet d’en monter un autre.

 

 

 

 

 

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