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Urbanité. La ville fille du commerce

Les villes, les bourgs furent, dès l’origine, le lieu des marchés, des foires, du troc, du commerce … de l’urbanité.

Un commerçant d’un pays du Sud, nous dit un jour, après que nous ayons longuement marchandé : « Au moins, avec vous, on peut faire des affaires, ce n’est pas comme les Américains qui achètent sans discuter ». L’échange, le débat, la convivialité étaient pour lui capitales.

Au cours des dernières vacances, nous avons parcouru bien des petites villes, où la majorité des boutiques sont à vendre, les rues désertées.

Des boites commerciales entourées de parking vous accueillent en périphérie. La ville est morte, la convivialité a disparue, plus de raisons de se mélanger aux autres. Restent les démunis dans des villes fantômes où l’église, elle aussi désertée, reste le seul témoin d’une vie communautaire.

Des amis auxquels nous avions prêté notre pied-à-terre parisien, dans un quartier commerçant, étaient émerveillés. La ville était vivante, les espaces publics étaient vivants, quelle chance nous avions !!

Bientôt on fera ses courses sans quitter son foyer, … et notre Europe des villes aura vécu. La rencontre sera morte ou confinée dans des zones touristiques, avec peut-être des animateurs payés pour entretenir le mythe.

Sommes-nous en train d’assister à l’agonie de la civilisation des villes ? Comme nos prédécesseurs ont assisté à celle de la ruralité ?

Peut-on encore parler du « vivre ensemble » alors que chacun aura comme interlocuteur son portable ?

 

François Desbruyères

Billet du dimanche 16 décembre 2018

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