Va, je fais toutes choses nouvelles

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Bonjour à vous.
Vous avez trouvé des cailloux sur vos chaises.
Ils symbolisent ce qui nous pèse comme des pierres ou comme des condamnations.
Gardez-les pour l’instant.
Tout de nous est bienvenue ce matin.
Que vous vous sentiez plutôt genre femme adultère
encerclée de menaces, interdite de parole,  utilisée par les autres…
Ou plutôt genre scribes et pharisiens embarrassés
par le poids des ans et des idées toutes faites…
Ou plutôt encore genre Jésus venu du Mont des Oliviers,
pris dans le piège qui voudrait que quoi que vous disiez,
quoi que vous fassiez,
cela se retourne contre vous…
Ou enfin,
genre disciples tout simplement
venus au temple entendre une parole qui enseigne…

Bienvenue à chacun d’entre vous au nom de tous ceux qui sont venus préparer cette célébration.

Bienvenue au nom de Celui qui traverse la tentation des condamnations
et nous donne de recevoir la Parole qui
«fait toutes choses nouvelles ».

Partageons ce qui nous pèse et entendons l’Evangile nous entraîner hors de ces pièges.

Alexandra

Les enragés de la loi, Jésus les renvoie à leurs propres failles, à leur cœur de pierre, et la pierre tombe de leurs mains. Ils sont désarmés. Devant toute loi injuste, mortifère et meurtrière, surgit l’acte fondateur de l’objection de conscience. Jésus, l’objecteur de conscience, transgresse la loi, la doctrine, l’interdit et nous renvoie à la conscience. Devant la folie hystérique des violents, il entre en silence, il baisse les yeux pour ne pas humilier les tenants de la vérité afin de leur laisser une porte de sortie. Sommet de la non violence. Et ils sortent désarmés. A l’amour de la force, il répond par la force de l’amour.

Et dans le face à face de la femme, dans le seul à seul, dans l’épaisseur du silence où tout est grâce, il la sort de son passé qui l’empêche d’exister, il la sort du qu’en dira-t-on, de la pression sociale, de l’ordre moral, il la sort de la pensée unique et dogmatique pour la mettre en devenir. Nous sommes convoqués à ne pas ruminer notre passé pour entrer en liberté. Là où Dieu nous donne rendez-vous.

Pierre

 

 

Evangile :

«Moi non plus je ne te condamne pas. »
Ce moi non plus me bouleverse par sa délicatesse.
J’y entends toute l’humilité du monde.
Comme la tentation de tous nos jugements rejointe, assumée, traversée.
Tant de fois, j’y succombe.
Tristesse de tout ce qui juge faute d’arriver à exprimer son aspiration.

Mais la douceur de ce «moi non plus »,
la proximité qu’il manifeste m’éclairent sur ce :
«je ne te condamne pas »
lui aussi tellement plus humble qu’un pardon tenté de surplomber par sa condescendance.

Ce tact du Christ est tellement fort.

Je rêve qu’il nous donne à chacun d’entendre la force de la suite
«va, et désormais ne pêche plus »
non comme une menace,
mais comme une promesse d’être délivrés de toute tentation d’enfermement.

Alexandra
Ce qui m’a touché dans l’Evangile d’aujourd’hui,
c’est la poésie d’un petit bout de phrase où il est dit que Jésus
« écrivait sur la terre« .
J’aime l’idée et le concret de l’action qui me fait penser à l’incarnation.
La Parole incarnée écrit sur la Terre.

J’ai très envie de développer mais ce sera pour une prochaine fois.

Fabien

 

Et si un seul de ces hommes n’avait pas reconnu son péché,
n’avait pas lâché sa pierre,
l’avait jetée sur la femme et avait commencé la lapidation?

Qu’aurait fait Jésus ?
Qu’aurait-il pu faire ?

Mais à l’appel de Jésus,
l’un après l’autre,
ils ont tous fait demi-tour,
ils se sont convertis,
ont reconnu leur péché,
se sont réconciliés avec eux-mêmes.

Tout  se passe alors
comme si leur conversion
était la condition pour que Jésus,
à leur suite, puisse dire :
«Personne ne t’a condamnée ?

Moi non plus, je ne te condamne pas.»

Le pardon de Dieu dépendrait-il du pardon des hommes ?

Jean

L’attitude de Jésus est inhabituelle pour nous,
il respecte profondément chacun

– à la femme, il ne pose aucune question,
il lui évite ainsi un déballage dégradant,
il n’y a pas de jugement,
peu importe les faits,
c’est la personne qui compte
et qui sera renvoyée à elle-même.

–  quant aux hommes accusateurs,
forts de la loi pour mettre à mort une femme,
il les invite à relire leur propre attitude
qui serait en contradiction avec cette même loi sacrée,
et s’efface en griffonnant sur le sol,
geste qui lui permet de ne pas les regarder,
laissant ainsi chaque personne face à lui-même
avec la possibilité de partir en toute dignité :
toujours pas de jugement.

Respecter la liberté de conscience de chacun
au-delà des législations,
sans juger,
quel défi !

Marie-José

Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre !
Ils se retirèrent en commençant par les plus âgés…
Avoir fait des bourdes, des erreurs, des mochetés,
et en prendre conscience,
rend humain,
apprend l’indulgence,
le non-jugement,
peut-être même  la bonté !

Si je suis  seulement  plein de mes principes
je n’aurai pas d’humanité,
pas de tendresse,
pas de misericorde…

Puis-je être bon,
capable d’accueillir,
si je n’ai pas conscience de ma propre fragilité  ?

Jean-Luc

 

Envoi :

Nos mains
qui se crispaient sur la pierre
de tout ce qui pèse et condamne
se sont ouvertes.

La Parole juste
et le Pain
qui donne un avenir
sont venus les retourner.

Notre pierre elle-même en a été changée.

A nous maintenant de l’apporter comme signe
de ce qui compte et construit notre avenir,
des ponts,
notre monde…
et même notre communauté…

A l’issue de la célébration
nous entendrons les candidats
à l’équipe pastorale nous présenter
la pierre qu’ils souhaitent apporter à l’édifice.

Bonne route à chacun.

Alexandra

 

Seigneur,
en ce temps de carême, tu nous nous invites à être miséricordieux et à ouvrir notre regard.

Un peu partout dans le monde, des populations entières subissent la cupidité
de multinationales et autres pouvoirs économiques, politiques
qui pillent les ressources naturelles, stérilisant les terres, dévastant les forêts,
polluant les cours d’eau, provoquant des désastres écologiques et humanitaires.

Le CCFD – Terre Solidaire s’engage auprès de ces populations,
pour, avec elles, combattre les causes de la faim, faire reculer les injustices,
leur permettre, par des projets solidaires, de relever la tête,
nourrir leur famille, retrouver leur dignité d’être humain…

Plus modestement, notre communauté s’implique elle aussi, dans ces démarches,
via la Commission Partage, en soutenant de petits projets de développement
en Côte d’Ivoire, au Mali, au Vietnam, ou, plus près de nous, en Roumanie.

Le pape François, qui a récemment reçu une délégation de Français, l’a redit avec force :

« Nous avons besoin de grandir dans une solidarité qui doit permettre
  à tous les peuples de devenir eux-mêmes les artisans de leur destin,
  de même que chaque homme est appelé à se développer. »

Seigneur,
nous te disons merci pour tous ces femmes et hommes qui luttent pour leur dignité,
merci pour tous ceux qui s’engagent solidairement à leurs côtés,
et, en ce dimanche de collecte de carême organisé par le CCFD – Terre Solidaire,
nous te disons merci pour le geste fraternel et concret que chacun peut apporter, par son don.

Marie-Noëlle

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