Veillez

Celles qui étaient prêtes entrèrent
avec lui
dans la salle des noces

Dimanche, 12 novembre 2017

PREMIÈRE LECTURE (Sg 6, 12-16)
« La Sagesse se laisse trouver
par ceux qui la cherchent »
PSAUME (Ps 62 (63), 2, 3-4, 5-6, 7-8)
Mon âme a soif de toi,
Seigneur, mon Dieu !
DEUXIÈME LECTURE (1 Th 4, 13-18)
« Ceux qui sont endormis, Dieu,
par Jésus, les emmènera avec lui »
ÉVANGILE (Mt 25, 1-13)
« Voici l’époux, sortez à sa rencontre »

Mot d’accueil :

Bonjour à toutes et à tous dans la grisaille de novembre.
Ce sont des jours propices à la léthargie, à la somnolence.
Et pourtant…le mot du jour : veillez.

Pour quoi faire ?

Et qu’est-ce qui veut dire :
veiller, pour nous chrétiens, à la suite du Christ ?

Question toujours pertinente
qui prend aujourd’hui un relief particulier.

Nous sommes réunis au nom du Père, du Fils et du saint Esprit.

Jesús Asurmendi

Commentaire

Dans les trois textes de ce jour,
que nous avons choisi de lire dans l’ordre inverse de la liturgie,
du plus difficile à entendre au plus apaisant,
il est question de veille et d’attente.

Écartons tout de suite une lecture moralisante.
Il n’est pas question de bons ou de mauvais,
avec d’un côté, les jeunes filles prévoyantes, qu’il faudrait louer
(quoiqu’elles ne sont quand même pas très aidantes pour leurs sœurs),
et les jeunes filles imprévoyantes, ou les vierges folles, qu’il faudrait condamner.
En fait, en utilisant cette parabole,
Jésus nous dit que nous sommes les deux à la fois
et nous renvoie donc à notre attitude
face à ce que peut apparaître comme une situation difficile à vivre.

Nous croyons et nous proclamons
que nous attendons le retour du messie dans la gloire
et qu’alors, nous le rencontrerons en plénitude.

Nous pourrions être tentés,
comme les Thessaloniciens à qui Paul s’adresse,
de rester oisifs à attendre ce retour tout proche du Messie.
Mais Jésus nous dit au contraire que si nous devons être prêts,
nous ne savons pas comment cette rencontre va se produire
(au moment de notre mort ou à un autre moment ?),
et surtout, que nous ne savons ni le jour ni l’heure
et que même le Fils de le sait pas.

Bref, Jésus nous demande un peu tout et son contraire :
à la fois de continuer nos occupations
(c’est très clair dans le chapitre précédent de Matthieu,
puisqu’il parle d’hommes aux champs et de femmes au moulin)
mais en même temps, il nous demande d’être prêts,
et surtout d’être prêts à tout abandonner.
En plus, le Père nous fermera la porte si nous ne sommes pas prêts,
ce qui est une menace qui n’est pas de nature à nous rassurer.

Heureusement,
les deux autres textes du jour nous offrent une perspective
plus réjouissante et nous disent comment veiller et attendre.

Paul nous invite tout d’abord à ne pas être abattus,
puisque le Christ est ressuscité d’entre les morts.
Nous devons donc vivre de cette espérance profonde.

Et le livre de la Sagesse nous indique le chemin.

Notre attente ne doit pas être l’insouciance paresseuse des vierges folles,
qui n’ont rien prévu pour tenir dans la durée,
mais plutôt l’attente active de celui qui cherche Dieu.
Ce chercheur de Dieu, comme nous l’avons chanté dans le psaume,
sera rassasié et apaisé et la Sagesse lui apparaîtra
avec un visage souriant et le délivrera du souci.
Voilà qui est tout de suite plus rassurant.

Pour moi, la meilleure manière de vivre cette attente de la rencontre avec le Seigneur,
c’est de me nourrir de sa présence quotidienne.
Car Jésus qui nous dit qu’il reviendra dans la gloire nous dit aussi
« Je suis avec vous tous les jours »
ou bien
« Là ou deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux ».

Chacun a son huile pour nourrir cette recherche de Jésus dans nos vies :
pour certains, c’est la prière, pour d’autres, ce sont les engagements caritatifs,
la contemplation, le chant, l’Eucharistie,
la rencontre avec Dieu présent dans le cœur de l’autre.
Toutes ces rencontres fugaces et imparfaites avec Jésus présent dans nos vies,
tous ces signes, nous permettent de nourrir notre attente
de la vraie rencontre avec Jésus en plénitude,
au moment choisi par le Père.

Alors, ayons cette vraie insouciance et cette confiance
qui conduisent à nous remettre dans les mains du Seigneur
mais demandons lui de nous garder dans cette attente
pour nous ouvrir aux signes de demain,
pour une vraie présence au monde,
ce monde que par nous tu fais tien.

Vincent Moreau

Méditation à la manière d’une prière eucharistique

Fous ou sages, nous sommes tous invités
par toi Dieu notre Père
à nous rassembler
pour écouter ta Parole, ton Fils et pour partager son repas.
C’est pourquoi nous avons répondu dans la joie à ton invitation.
C’est un mouvement pétri de remerciement et de reconnaissance.
Oui, nous voulons te remercier, te rendre grâce.

Nous te remercions, Dieu notre Père pour ta sagesse
qui s’incarne de façon merveilleuse dans notre monde,
notre planète, notre terre, dans la création tout entière
dont la beauté nous éblouit toujours.
Maison commune, cette création
qui nous rappelle toujours notre responsabilité
de la respecter et de la soigner pour le bonheur de tous.

Nous te rendons grâce aujourd’hui
plus particulièrement pour Jésus, ton Fils,
notre Seigneur lanceur d’alerte incomparable,
dont les appels résonnent toujours avec une force renouvelée.
Ses cris nous invitent, sans être obsédés par le nouveau et le différent,
à saisir les questions de notre monde aujourd’hui,
à veiller à écouter les clameurs, fussent-elles silencieuses,
des hommes et des femmes
avec qui nous partageons la vie que tu nous as donnée.

Pour lui et par lui nous te louons et nous te chantons.

Mais Jésus, criant d’une voix forte rendit l’esprit.
Un cri d’alarme, un cri d’alerte qui résonne toujours.
Un cri de mort qui devient le prélude à la vie nouvelle,
la vie du ressuscité.
Tout cela est l’œuvre de l’Esprit, ton Esprit, Dieu notre Père.
Nous te demandons de nous l’envoyer encore
pour faire de ce pain et de vin
les signes visibles de la présence de ton fils,
notre Seigneur Jésus parmi nous.
Les signes de son corps et de son sang.

A côté du « veillez » ! il nous a laissé aussi
la recommandation pressante de faire son mémorial.
C’est cela que nous faisons maintenant :
le mémorial de sa vie, de sa mort et de sa résurrection,
veillant dans la foi et la joie, attendant son retour,
sans nous préoccuper du jour ni du l’heure
mais dans la certitude de le rencontrer.

Mais ce n’est pas dans la béatitude d’une sieste permanente
que nous attendons notre Seigneur.
C’est une attente active et vivante.
Attentifs aux cris du monde qui est le nôtre,
aux clameurs de nos frères et sœurs.
Une volonté sincère
et une force bien trempée
sont nécessaires pour ce faire.
D’où notre demande :
que ton Esprit vienne sur notre assemblée
et sur tous ceux qui partagent le repas du Seigneur
de telle sorte que nous formions un seul corps,
le corps du Christ.
Une Église fraîche et réveillée, attentive et à l’écoute de tout ce
qui peut faire entendre et voir la présence de notre Seigneur
de manière habituelle ou inattendue,
mais porteuse de vie pour nous tous et pour tous.

Pour les morts et les vivants nous te prions.

Jesús Asurmendi

Mot d’envoi.

Réveillés pour veiller et nourris pour mettre en œuvre cette veille,
l’heure est arrivée de sortir dans notre grisaille
pour la revigorer et la transformer.

Nous ne sommes pas seuls dans cette tâche.
Et si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ?

Jesús Asurmendi

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