Vietnam : un projet de micro-crédit à Rac Chien.

La Commission partage la solidarité à l’international. Les projets sont destinés à nous laisser interroger par d’autres là-bas, dans les pays du Sud, à établir des liens avec les communautés qui les conduisent, et à partager une partie des ressources de Saint Merry. Myriam Glorieux a rencontré cette année les femmes investies dans cette action et témoigne.

troisMa rencontre à la paroisse de Rach Kien à environ 60 kms au nord-ouest de Ho Chi Minh City en février dernier. Ça ne coulait pas de source … Thanh Tuyen, travailleuse sociale et qui est la correspondante avec qui la Commission Partage communique, m’avertit qu’elle ne sait pas du tout combien de femmes viendront. Pour beaucoup d’entre elles ce n’est pas évident de venir à des réunions et elles avaient aussi du mal à comprendre la raison de ma visite. Nous sommes juste des distributeurs d’argent ! Thanh Tuyen m’explique qu’il y a environ 60 femmes dans le projet. L’accompagnement consiste à les amener doucement à prendre au sérieux l’aide économique qui leur est apportée et à épargner. L’argent prêté leur sert beaucoup pour les enfants mais aussi quelquefois pour améliorer le travail, achat d’engrais par exemple. Elles remboursent toutes les semaines un peu. En fait le prêt est une incitation à travailler me dit Thanh Tuyen car il y a obligation de rembourser. Elles n’ont pas encore démarré de nouvelles activités avec les prêts. C’est un objectif mais ça prend du temps !
Finalement une douzaine d’entre elles étaient là pour notre rencontre, venant de 2 groupes différents (il y a 4 groupes.). Au début, la communication n’allait pas de soi : la langue bien sûr (quelqu’un traduisait du vietnamien au français) mais aussi certaines semblaient très réservées. Puis peu à peu les échanges se sont ouverts sur le quotidien de la vie, la leur mais aussi la nôtre (j’étais avec 4 amis). Elles ont des enfants, généralement 1 ou 2. Ils vont à l’école, tant qu’il y a de l’argent … L’une d’elle nous dit que son fils va à l’université et on nous dit que c’est grâce à la solidarité des voisins. Elles parlent de leur travail (et nous du nôtre !) : selon les moments de l’année, récolte de caoutchouc, ramassage de bois qu’elles vendent pour des fours à céramique ou pour des boulangers, récolte de noix de cajou. Et sont venus des sourires, des rires. L’atmosphère s’est détendue. Et cela s’est accentué dans l’après-midi quand 4 d’entre elles nous ont reçus dans leurs maisons. L’une d’elle m’a montré son travail de cueillette de noix de cajou et de récolte du caoutchouc. Moment de vrais échanges entre nous, langage sans paroles, fierté aussi je crois. Et si une image me reste particulièrement chère, c’est bien ce moment avec elle, Truong Kim Yen. Son visage était si différent de celui qu’elle avait le matin durant notre ‘ réunion ’ !
quatreMerci aussi à Huynh Thi Mai, Huynh Kim Hong et Nguyen Thi Chung de nous avoir reçus. J’ose penser que quelque chose s’est passé, de l’ordre d’une reconnaissance : elles ne sont seulement un ‘projet’ pour nous et peut-être que nous ne sommes plus que des donateurs pour elle … L’intensité avec laquelle elles ont regardé les photos que la Commission Partage m’avait confiées, montrant quelque chose de nous, nos visages, en est peut-être aussi un signe.
Reste à y retourner ! Qui veut venir …. ?

Myriam

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